Le blog de Jérome COLLIGNON

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Histoire, rumeurs et correctifs

En cette année 2019 du Centenaire, peut-être est-il temps de corriger certaines erreurs historiques que l'on peut lire dans des articles ou voir dans des films consacrés à la marque ou à la Traction Avant, ce depuis au moins les années 70. Il est à souhaiter que les journalistes ou éditorialistes fassent le travail de recherches qui convient pour consolider leur crédibilité.

 

Voici une liste non exhaustive dans l'ordre chronologique :

 

 

 

  • Non, le brevet de la machine taillant les engrenages à chevrons n'est pas une légende. Après 6 mois de recherches fin 2018, j'ai la chance d'être le premier à avoir trouvé ce brevet russe (polonais) et c'est bien étonnant vu qu'il existe depuis 1898. Lire ici.
  • Non la fabrication d'obus entre 1915 et 1918 n'a pas fait la fortune du patron (film "Citroën la marque Chevronnée"), il a été obligé d'emprunter à nouveau pour convertir son usine en usine d'automobiles.
  • Non, la 1ère Citroën 10HP n'a pas été lancée ou fabriquée en juillet 1919. La 1ère Citroën grise et noire a été livrée le 04 juin 1919. Cet événement et cette date sont parus dans "Le Citroën" du 1er juin 1929.
  • Non cette voiture n'a pas été construite pour les français pauvres sinistrés de guerre. Le front de guerre de 1914 à 1918 ne concerne que l'extrême Nord de la France. André Citroën a pris sa décision suite à une conversation avec son médecin, sorte de premier sondé de l'Histoire de l'automobile.
  • Non, la Traversée du Sahara n'est pas le premier raid réalisé en automobile dans le désert. Je reviendrai plus précisément sur ce sujet.
  • Non, le désert n'était pas si dangereux pour André Citroën (film diffusé le 13 juin 2019 sur RMC Découverte) puisqu'il a rejoint le raid à Tadjmout à 438 km au sud d'Alger en plein désert.
  • Malgré mes recherches (se poursuivant) je n'ai pas retrouvé trace du slogan "Papa, maman, Citroën" (livre de Jacques Séguéla) mais celui de "Papa, maman, auto" prononcé par André Citroën en octobre 1931, lequel intervenait de façon plus universaliste qu'on ne croit.
  • Non Citroën n'a pas "tout" inventé. Au contraire, en bon père de famille prudent, il a souvent suivi ou adopté certaines innovations déjà très connues. Les exemples ne manquent pas : premier refus de l'éclairage de la Tour Eiffel, des records Yacco, de la suspension indépendante (en 1931). Les services sociaux existaient avant chez Schneider, les panneaux Michelin ou Mors existaient avant ceux de Citroën, de même que le moteur flottant ou la Traction Avant. C'est l'ampleur et l'organisation données aux choses qui font sa différence : sa méthode est en avance.
  • Non, André Citroën n'était pas un joueur invétéré de casino ou "flambeur". Certes la presse des années 20 mentionne quelques bancos. Citroën descendait au casino qui, avec le champ de courses et les bains de mer constituaient les seules distractions mondaines de Deauville. On y retrouvait le Tout Paris. Il existait aussi des casinos à Paris, je n'ai retrouvé aucun témoignage d'un André Citroën jouant, perdant ou mettant en péril ses biens ou son honneur dans la capitale.
  • Non, la Tour Eiffel ne s'est pas éteinte le 21 décembre 1934, jour de la liquidation. Les contrats signés pour juillet 1925 (et non 1924) ont été renouvelés au moins jusqu'à décembre 1935 (j'en ai la preuve), vraisemblablement jusqu'en juillet 1936 soit 11 ans. Il est possible que les lettres Citroën se soient éteintes, ce sera à vérifier. Mais l'horloge et le thermomètre ont continué à briller dans la nuit, les parisiens sachant pertinement qui était à l'origine de ces illuminations. La tour a brillé jusqu'à ce que soient étudiées les nouvelles illuminations de l'Exposition Universelle de 1937.
  • Non, la conception de la Traction Avant en 13 mois n'a pas causé seule la liquidation judiciaire de décembre 1934 (intervention de Claude Satinet). Celle-ci est la conséquence et conjonction de facteurs multiples, notamment  la situation tendue des banques françaises en cette fin d'année.
  • Non, les deux goulottes d'essence visibles sur les Traction 1934-1935 ne sont ni là pour "faire joli" ou parce qu'il y a deux réservoirs. A cette époque les stations services se développent avec pompes à gauche ou à droite. D'autres marques adoptent cette disposition pratique.
  • Non, l'absence de marchepieds sur la Traction Avant (intervention du regretté Jean-Paul Cardinal) n'était pas une révolution pour l’époque. Les ingénieurs n’avaient pas conscience de révolutionner le monde. La voiture était si basse qu’il n’y avait plus besoin d’une marche pour « monter à bord » puisqu’on descendait à bord. Cet accessoire a été supprimé d’où un gain de poids, d’argent (suppression du montage) et une moindre résistance à l’avancement donc des économies de carburant pour l’usager.
  • Non, la Citroën 22CV n'a pas été arrêtée pour des raisons financières mais techniques : un rapport poids puissance défavorable et l'impossibilité de respecter le cahier des charges à moins de trouver d'autres technologies non maitrisées à l'époque. Lire ici.
  • Non, Citroën n'a pas développé de "stratégie de sortie de crise" (ouvrage de Jean-Louis Loubet). Les recherches en matière d'allègement de poids, d'économies d'emboutissage et d'assemblage ont continué dès 1935. Citroën étant une marque généraliste a poursuivi le développement de son haut de gamme de la 22 à la 15/6 puis de la VGD à la DS 11CV, parallèlement à la 2CV.

 

 

A suivre...

 



29/07/2019
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