Le blog de Jérome COLLIGNON

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Essai de la C3 série III de 2019 finition Origin's

 

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Les fondamentaux :

Premier contact : à la prise en mains, la voiture a déjà parcouru 280km au compteur. Soit. L'aspect extérieur est engageant. La finition Origin's est ici en trois tons, carrosserie noire + toit blanc + liséré bronze (des autocollants) et rappel sur logo, assortis d'enjoliveurs façon jantes aluminium noir. C'est élégant, discret, sportif et cela attire l'oeil mais pas trop.

 

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Les sièges sont plus fermes surtout ce bombé dur au niveau des lombaires et le dos s'en ressent au bout de 100 km. Pourquoi les sièges de la gamme précédente, modèles de souplesse avec lesquels je n'ai pas eu le moindre mal en 157.000 kms n'ont-ils pas été conservés ? Mystère. Même ma passagère s'en plaint. La sellerie est globalement belle, réglable en tous sens, le tissu gris clair façon canapé des années 70 sera plus salissant mais le passionné est prêt à ce sacrifice pour disposer d'un intérieur lumineux. Le tableau de bord recouvert d'un revêtement à l'aspect peau de pêche (cuir ?) est doux au toucher.

 

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Pour fermer la portière, on cherche l'évidement moulé dans une excroissance plastique : il est remplacé par une lanière chic. Ma passagère a apprécié le design mais regrette que les constructeurs "Inspired by you" ne prévoient pas d'emplacement pour les bijoux, des seuils de porte qui ne se rayent pas au passage fréquent des talons aiguilles et des bacs de rangement blancs qui vont vite se salir. Espérons que les sièges s'ils reçoivent l'eau des portières incurvées seront en revanche insensibles à la crème solaire d'une passagère.

 

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Etiquettes avec logo Origin's

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Banquette rabattable 1/3-2/3

 

Du point de vue visibilité, cette Citroën est en régression. Le parebrise étant plus incliné, le conducteur voit d'abord le reflet du tableau de bord avant sa route et c'est extrêmement gênant. Plus grave : le rétroviseur intérieur est si large et si bas sur une colonne contenant une caméra extérieure que non seulement il réduit considérablement le champ de vision central mais il constitue un angle mort qui masque les feux de signalisation, les panneaux et les piétons surtout si vous êtes grands et que vous avez rehaussé votre siège. Le champ de vision mesure 40 x 40 cm, c'est minuscule. Les montants incurvés de parebrise et le montant de pied milieu participent au relatif enfermement du conducteur.

 

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Grands : s'abstenir

 

La tenue de route reste excellente. Le confort m'a semblé un meilleur compromis entre souplesse et maintien corrigeant l'aspect pataud et dandinant qui agaçait sur la C3 II. On ne fera jamais mieux que l'hydraulique… Les freins ne freinent plus seulement sur l'avant. Le trois cylindres m'a semblé bruyant au début surtout dans son bourdonnement grave en dessous des 2000 tours min mais une fois accoutumé, sa sonorité un peu sportive est très plaisante et lorsque le rodage sera terminé, il sera agréable de le pousser d'autant que si sa cylindrée est inférieure (1.2L au lieu de 1.4), il délivre 82 ch au lieu de 75 et les accélérations sont plus vives. La consommation s'en ressent à peine  : 5.6L aux 100 en moyenne. L'autonomie d'un plein dépasse les 700 km sauf sur autoroute et avec la clim' à fond : 6,24l à 130km/h stabilisés. La commande de boîte est parfaite de précision, de douceur et de silence : un gros progrès par rapport à la bruyante commande précédente et son point dur à l'enclenchement de la 3ème.

 

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Tableau de bord attrayant avec sa décoration bronze

 

Du point de vue ergonomie, cette C3 est équipée d'une tablette tactile regroupant les fonctions d'autoradio, navigation, climatisation. Enfin elle dispose d'une vraie climatisation (et non d'un refroidisseur) sauf que celle-ci émet un sifflement strident qui me procure des acouphènes une fois rentré, à moins que ce ne soit l'alternateur ? Elle est également équipée d'un GPS Tom-Tom, plutôt bien conçu à condition de choisir ses options sinon ce dernier vous emmène faire le tour du quartier pour pas un rond.

 

Cela étant, la tablette tactile est un équipement dangereux. Pour régler la température à bord qui change au cours de la journée et qui est réglable de 14°C à 28°C de demi degré en demi degré (un peu trop précis à mon goût), pour lancer la recherche de stations radiophoniques, pour définir ou interrompre la navigation, les doigts tâtonnent, tapotent frénétiquement, l'œil quitte la route, la voiture slalome et l'alarme de dépassement de voie retentit. Panique à bord, risque d'accident, on nous interdit d'envoyer des sms au volant mais on nous colle des tablettes tactiles : c'est beau le progrès... Heureusement l'auto est munie d'un bouton d'urgence SOS. Je pense qu'il faut revenir à des molettes de réglage que l'on peut actionner à l'aveugle.

 

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Radio

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GPS

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Climatisation

 

De même en cas de régulation de vitesse, l'affichage de la vitesse programmée est si petit qu'on le cherche affolé lorsqu'on veut réduire son allure et la confirmer à l'approche d'une zone sanctionnée par un radar… Avec cet informatique embarqué, je n'ai jamais autant quitté la route des yeux !

 

A propos de l'équipement :

La fonction allumage et extinction automatique des pleins phares est pratique sur autoroute et nationales dégagées mais sur certains tracés sinueux, elle peut se révéler tardive voire chaotique (s'éteint puis se rallume sans raison) et les conducteurs d'en face ne vont pas manquer – comportement typiquement français – de se venger en vous éblouissant à leur tour. Le mieux : ne plus y penser. Efficace à 90%, captant même des véhicules surgissant d'intersections, ce type de programmation m'a toutefois épaté par sa technologie. Je songe à la Tucker 1947 à chaque fois.

 

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Une face avant chinoise

 

Régulateur et limiteur de vitesses ne se coupent plus au changement des vitesses : très confortable puisque conduite sans à-coups. Le stop-and-start, option désirée, se révèle finalement superflue. L'arrêt à un feu n'excède pas 15 secondes, on estime mal l'économie de carburant et le bénéfice pour la planète mais on anticipe le remplacement rapide du démarreur. Il est désactivable.

 

Ce modèle est doté d'une caméra de recul fort pratique dès lors que l'on a testé ses repères. Les rétroviseurs extérieurs se rabattent automatiquement à la fermeture centralisée des portes. Cela permet aussi de voir de loin si la voiture est verrouillée donc un bon point.

 

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Un arrière et volume général réussis

 

Au rayon des détails :

La trappe de carburant nous semble en plastique trop léger et l'accrochage du bouchon par fichage n'est pas du tout pratique par rapport à un crochet : il faut savoir patiemment viser. Merci messieurs de revenir au système précédent. Je ne comprends pas certains choix et vous n'arriverez pas à me convaincre que ces dispositifs ont été testés par des salariés impliqués, sinon ils en auraient immédiatement noté l'agaçant désavantage.

 

Les vitres arrières sont à commande électrique. Le pavé de 4 boutons placé en avant de l'accoudoir mériterait une disposition reculée : une fois sur deux mon doigt s'arrête sur la vitre arrière lorsque je veux actionner la vitre avant. Encore un motif pour quitter la route des yeux.

 

Le balai d'essuie-glace côté conducteur laisse des traces alors qu'il est propre et neuf. N'étant pas habitué à son automatisme, je l'actionne manuellement sauf qu'il faut le faire en deux fois : d'abord désengager l'automatisme, ensuite actionner le balai. Pas pratique.

 

Les repères de ceintures sont trop bas : on plonge la main pour chercher la boucle. Au rayon des regrets : pas de lecteur CD en série. Que vont-ils devenir ces chers CD importés à grands frais ?

 

Seul à bord, autoradio enclenché, les plastiques du pied-milieu droit vibrent.

 

Au démarrage un grincement se fait entendre à la roue avant gauche (frottement métallique ou châssis ou suspension). Cela me rappelle ma Traction 1934... L'alternateur comme sur la C3 II est sous-dimensionné. Si vous allumez la climatisation et la radio, la voiture manque soudain de pêche et le régulateur de vitesse donne des à-coups correctifs.

 

Je ne parlerai pas du prix. Je dirais que les remises s'empilent pour parvenir à un prix correct et que l'acheteur doit s'engager par écrit à faire réviser sa voiture à l'une des deux échéances : tous les ans ou tous les 20.000km. Le contrat Citroën prenant en charge l'intégralité de l'entretien sauf pneumatiques coûte 51.50€ par mois sur 5 ans soit 600 euros annuels à comparer avec mes précédentes révisions à échéance 30.000 km soit 400 euros tous les deux ans. Citroën n'aurait-elle pas confiance dans son matériel ? En tout cas, elle fait payer plus cher. C'est ce que j'en ai conclu… 

 

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Un logo désormais noir

 

 

La mise à jour du logiciel :

Citroën me convoque pour mettre à jour certains paramètres moteur. Je pourrai m'en scandaliser, mais non. Après avoir un peu tardé je prends rendez-vous. Accueilli avec un petit geste pour indiquer où je dois me stationner, un sourire féminin, un "nous vous attendions", mon nom sur un écran, une prise en mains rapide et efficace du véhicule, des questions sur son comportement, on me propose un café, on me guide vers un salon cosy où je patiente en lisant (coïncidence et humour) "L'ivresse de la marche" d'Emeric Fisset pendant que défile un film institutionnel sur des collectionneurs de Citroën anciennes du monde entier (dont la famille Dallois de Moulins). Reprise au bout de 40 min alors qu'on m'annonçait une heure. Et au final, le moteur est plus silencieux.

 

Je ne vous assommerai pas avec la vie mécanique de cette voiture. L'entretien des 15.000 km s'est passé de la même façon avec prêt d'un véhicule de courtoisie. Citroën cumule les bons points et m'a épaté. J'ai enfin retrouvé le Service Citroën 1933...

 



29/08/2019
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