Le blog de Jérome COLLIGNON

Le blog de Jérome COLLIGNON

Humeur de blogueur (archives 2012-2014)

27 décembre 2014

Les réseaux sociaux se sont déchaînés contre Zaz qui avait déclaré que Paris sous occupation allemande était restée légère et frivole. On ne peut pas reprocher à Zaz de ne pas être historienne. Même si l’information et l’Histoire sont partout, elles ne sont pas une tyrannie. Viendra t-il ce jour où  nos paroles devront passer par le filtre d’un moteur de recherche ? Les réseaux sociaux… parlons-en. Lesquels au fait ? Une petite cinquantaine d’internautes de la jet-set parisienne intramuros dont les sautes d’humeurs font la Une de MSN (l’organe de presse de Microsoft) ? Bizarrement, rien en province.

 

Deux pizzas aussi épaisses qu’une tartiflette et une bière pour 20 euros soit la belle somme de 131 francs. Qui se souvient de l’expression « pour cent balles t’as plus rien » ? Qu’on me pardonne si j’emploie l’expression « bouffe de luxe » pour cette nourriture populaire.

 

De plus en plus d’organismes nous proposent l’envoi dématérialisé de formulaires, attestations ou documents officiels… à imprimer nous-mêmes. Chacun serre les boulons de sa gestion et reporte ses frais sur sa clientèle ou ses membres mais les tarifs généraux, eux, vont encore augmenter sous prétexte d’arguments aussi sérieux les uns que les autres. Que dire des forfaits téléphones-internet à 80 euros par mois !

 

Animal crossing : qui emploie t-on pour promouvoir ce jeu infantilisant ? Des trentenaires.

 

Parfois je porte un Mossant. Très loin de la France d’aujourd’hui… 

Le déraisonnable a vaincu. Très loin de la fantaisie ou de l’élégance.

 

26 septembre 2014

Relier les hommes. Relier ceux qui sont prêts à se rencontrer. Mais il vaut mieux séparer ceux qui ne veulent pas faire un pas l’un vers l’autre. Lorsque l’hypocrisie est préférée à la vérité, lorsqu’on ne sait plus débattre, que la parole est clivante, "blesse" ou "insulte", faut-il adopter le silence ? Qu’est-ce qui est le plus difficile : pardonner les errements d’un proche ou reconnaître la clarté de vue d’un inconnu ? Epoque étrange, toute en contraste.

 

Le Medef fait sa publicité sur une chaîne publique, quel symbole. Je vais porter une montre en réparation. Les jeunes marchent tirés par leur portable dans la crainte de perdre leur réseau. L’horloger me dit : revenez dans une heure. Mais comment compter ce temps que je n’ai plus ? Je cherche les devantures de bijoutiers : aucune montre n‘est à l’heure. Les passants n’ont plus de montre. Auparavant les cadrans solaires fleurissaient sur les façades. Hier public, aujourd’hui privé. Nous naviguons de patiences en impatiences.

 

Les médias et Internet ont permis le développement d’une tendance irréversible d’effet loupe. La rapidité du traitement de l’information a conduit les diffuseurs à réduire leurs sujets à des étiquettes.  Quelques secondes ne peuvent suffire pour connaitre la vie de l’interviewé, le journaliste nous sert sa vision toute chaude. A jamais, vous serez « celui qui a fait » ou « celui qui a dit ». Et l’opinion friande de clichés emboîte le pas sur les réseaux sociaux. Désormais elle corrige même le manque d’éducation par une vengeresse loi du Talion.

 

Un jour, fatigué, j’irai m’asseoir sur un banc au soleil et je regarderai passer le monde.

 

05 août 2014

Je roule. Les paysages défilent. Sanef 107.7 FM. Cela fait 20 ans que les speakers ânonnent un anglais scolaire avec un accent à couper au couteau. Quand donc auront-il l’idée d’embaucher des bilingues ?

 

Après une semaine espagnole, c’est la semaine slave… Je viens de terminer l’Axe du Loup de Sylvain Tesson. Extraordinaire périple sur les traces des évadés des goulags, très éloigné des rallyes 4x4 qui emmènent l’argenterie. Je ne peux pas dire que j’ai approché le toumo mais je sais pour l’avoir pratiqué que la sensation de froid ou de douleur n’est perceptible que dans la tête. Visite d’une exposition consacrée à l’armée russe tsariste venue en 1914 prêter main forte à notre armée et rentrant en pleine révolution bolchévique combattre son peuple. Coïncidence, dans un bar, je fais la connaissance de Victoria, biélorusse, pianiste et chanteuse à ses heures perdues qui vient en France faire des études de dentiste. Bonne continuation Vika ! Me voici repensant à ce Noël que je devais passer à Saint-Pétersbourg qui comprenait la visite d’une rétrospective consacrée à Malevitch, ajourné pour cause de délais d’obtention de visa.

 

Comme l’écrit Tesson, la liberté se heurte souvent à la paperasserie.

 

08 juillet 2014

Je me dis que la vie est un éternel recommencement. Parfois la passion mène à l’obsession et pendant un instant on ne sait plus quoi décider : faut-il aller de l’avant, continuer de défricher ou polir un même sujet jusqu’à la perfection ?

 

Il est dommage que seul le foot ait le pouvoir de faire sortir les drapeaux. Un drapeau qui claque au vent est synonyme de liberté, de présence et de départs.

 

Quand je vois ces trafics, ces circuits de commercialisation (de l’animal importé frauduleusement jusqu’à la boîte de conserve, en passant par les stérilisations ou les euthanasies à la chaîne - 500.000 par an), la sélection de races dites « pures » (notion que je pensais inacceptable), les concours de beauté (sur nos critères humains), les abandons à l’approche des vacances d’été (60.000 par an), la contrainte de la garde, les mausolées ou les pulls et autres gadgets high-tech sans oublier Médor comme héritier, je me dis que la place de l’animal serait bien mieux dans la nature. J’ai connu de vrais chats qui griffaient, des chiens de chasse qui couchaient dehors dans une niche garnie de paille l'hiver. Une majorité de français se plaint de la baisse de son pouvoir d’achat. Mais 48,4% des ménages nourrissent 63 millions d’animaux familiers en France. Coût annuel moyen par animal : 800 euros pendant 12 à 15 ans soit… le prix d’une voiture. Peut-être a-t-on omis de comptabiliser ce budget qui n’est pas absolument essentiel ? Je ne parle pas de la SPA, épinglée en 2009 pour mauvaise gestion et fraude, financée par nos impôts locaux.

 

Evitons les raccourcis car voici venu le temps des vacances... alors bonne route !

 

 

11 mai 2014

On paie trop d’impôts, entend-on souvent. Mais que veut dire trop ? 5, 10, 20, 30% du revenu ? Cela ne signifie rien. Celui qui gagne 30.000 euros par mois et paie 60% d’impôts, lui restent tout de même 12.000 euros pour vivre. Je pense qu’il va s’en sortir. On est toujours le riche ou le pauvre de quelqu’un. Chacun a t-il déjà fait la liste de ses dépenses et revenus, de ses possessions ? De tous ces engins achetés à prix d'or : karcher, tondeuse, vélo d'appartement, roto-fil, taille haie, plus les passions coûteuses en matériel (chasse, parapente, table de ping-pong, billard, etc.), hifi, électroménager, tablette, écran plat et autres appareils à abonnement tels que les portable-GPS-appareil photo sans oublier pour le collectionneur, l’atelier de restauration avec perceuse, meuleuse, disqueuse, outillage Facom et… stock de pièces. Les sous-sols et les greniers sont remplis d’objets de valeur et qui dorment (qu’on retrouve parfois dans les brocantes). Et on se sent pauvre. Parfois il faut regarder chez soi ce qu'on a.

 

Eurovision : la guerre des poils a fait rage. La barbe a écrasé la moustache. Décadence ?

 

Fiona : un an déjà. J’y pense en tant que symbole d’une époque restée moyenâgeuse.

Encore un grand écart. Mais je ne dois m'étonner de rien.

 

22 février 2014

Extraordinaire émission Futuremag d’Arte sur les surfaces intelligentes. Elle présente des circuits imprimés comprenant des diodes, puces et capteurs désormais apposés comme des tatouages sur la peau, épousant ses irrégularités (fils en cuivre microscopiques en forme de ressorts) et reliés par wifi à un ordinateur. Capables de détecter un taux d’humidité, un rythme cardiaque, une contraction musculaire volontaire ou non pour par exemple commander un robot, permettre l’émission d’un son (handicap) ou plus prosaïquement régler un achat dans un magasin. Plus besoin de téléphone ni de carte bleue… et le corps comme télécommande. Demain les seuls virus que nous craindrons seront informatiques. C’est aux USA.

 

Autre partie d’émission : le béton réfléchissant la lumière ou produisant de l’électricité. Etonnant car pour de multiples usages, décoratif bien sûr mais également de sécurité comme illuminer un quai de gare, refléter les phares dans un tunnel, éclairer la façade d'un immeuble ou capter l’énergie solaire… Garni de bactéries endormies qui produisent du calcaire au contact de l'eau et se réveillent lors de la constitution de fissures, il peut aussi s’auto-réparer. C’est en Allemagne et en France.

 

Des bouteilles ou des jerricans filtrants capables de retenir des particules plus petites que des métaux lourds ou des virus : verser de l’eau insalubre, pompez et vous récupérez de l’eau potable. Avec les typhons et autres tsunamis, l’inventeur parcourt le monde et, croyez-moi, n’est pas au chômage.

 

Ces démarches créatives sont à l’opposé de celles visant à restaurer un patrimoine en retrouvant les techniques d’antan et suivaient d’ailleurs une autre excellente émission sur l’histoire de la construction des éléments de cuivre de la Statue de la Liberté martelés sur des gabarits de bois ou de plâtre gigantesques sous la houlette de Bartholdi et j’aime ces grands écarts.

 

http://www.futuremag.fr

 

05 février 2014

L’ennemi de demain sera le calcaire. Trois publicités coup sur coup : Calgon pour les machines à laver, Culligan pour les robinets et Sun lavage pour le lave vaisselle. Si vous n’avez pas compris, on ne peut plus rien pour vous. Monde incroyable.

 

Le groupe PSA n’a plus d’argent à mettre dans l’automobile, on ferme le site d'Aulnay mais par contre il lui en reste pour faire de la publicité pour la PSA banque… monde incroyable.

 

Les spécificités alimentaires créent des combats larvés qu’ils soient nationaux ou locaux. On parle beaucoup de la viande hallal mais on oublie les revendications des végétariens et défenseurs des animaux. Actuellement dans la loi française, les animaux sont des biens meubles cessibles. En apprenant qu’un homme s’était acharné sur des chats, 42.000 personnes ont signé une pétition sous le coup de l’émotion et réclament que les animaux soient désormais considérés comme des êtres vivants à part entière. Dernièrement un barbare s’est distingué dans le lancer de chaton, info relayée à sa façon par Canal+. Il faut condamner la barbarie. Mais il faut aussi imaginer les conséquences d’une telle modification de la loi : finis les steacks, escalopes, cuisses, andouillettes et autres œufs brouillés pour cause de destruction d’embryons ! Monde incroyable.   

 

André, revient !

 

25 janvier 2014

Parler de notre société, est-ce faire de la politique ? Je ne le crois pas. Voici pourquoi j’aime réfléchir et rebondir sur de nombreux sujets. Je ne vends rien, ne fais pas de prosélytisme et m’accorde une liberté de ton, tout en mesurant mes propos. Le droit de déplaire va avec le droit de se tromper et surtout avec le droit à la diversité des valeurs.

 

Beaucoup de choses ne m’intéressent guère :

- les coucheries d’Etat : parce qu’il y a des sujets prioritaires

- les humoristes engagés : faudrait choisir entre les deux sinon cela limite l’audience (sauf coup de pouce médiatique).

- les fluctuations boursières : elles me donnent le tournis et me lassent

- les victoires sportives : le jour où nous serons au taquet de nos capacités, qui ferons-nous courir pour gagner deux centièmes ? Des robots ?

- les guerres de religions (sensées apporter la paix) : nous armons-nous pour tirer sur notre voisin ? Tiens, non.

- l’expression "mourir dignement" : c’est seulement pour la famille. Qu’en pense le malade gisant sous assistance médicale ?

 

Avec toutes ces émissions culinaires, j’ai remarqué une différence entre la cuisine européenne et asiatique. Tandis que nous découpons en petits carrés ou lamelles avec des outils tranchants et piquants, les asiatiques enrobent, enroulent leurs mets et les saisissent délicatement entre deux baguettes.

 

1er janvier 2014

En cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux. 2014 s’annonce riche en événements, en découvertes, en kilomètres parcourus et c’est bien le moins pour notre passion mobile. Quant à tous ceux qui restaurent leurs belles, prenez patience, la route est au bout du chemin et avec elle l’ouverture vers de nouveaux horizons. 2014 sera l’occasion d’aller à la rencontre de passionnés et d’échanger trucs et bonnes adresses. N’oubliez pas que vos choix déterminent la qualité du résultat final. Vous admirez certains modèles restaurés à la perfection. Ne faiblissez pas, vous aussi vous pouvez y arriver. Par certains côtés, vous sauvez un patrimoine pour les prochaines années.

 

Le slogan Citroën de l’année 1988 était « Année Service Année Plaisir ». 2014 sera de la même veine. Plaisir lorsque tous les mécanismes sont en place, que l’huile circule, que les cliquetis sont normaux et que puissance ou modération sont à leur maximum sous le pédalier. Plaisir lorsque le paysage défile dans les globes des phares et que cheminer est aussi important qu’arriver.  

 

En 1934, André Citroën croyait en l’avenir, en ses équipes, dans la capacité de rayonnement de la France sinon il n’aurait pas lancé toutes ses forces dans la création de sa Traction Avant. Elle est un signal au monde, meilleur et pacifié.

 

A bientôt ici ou ailleurs !

 

19 décembre 2013

Ils sont susceptibles là où ils devraient être en accord avec leur parcours et leurs réussites, en toute simplicité.

Pour eux, parler d’argent est tabou, risqué et blessant envers autrui mais ils rêvent secrètement d’être millionnaires au loto.

Dotés d’un solide complexe d’infériorité, ils abhorrent l’autosatisfaction… et sont les premiers à descendre dans la rue pour fêter une victoire sportive.

Ils désirent un père au sommet mais dès qu’il est au pouvoir, ils ne le respectent plus, le brocardent, rêvent de lui couper la tête et d’en mettre un d’un autre bord à sa place, oubliant tout à fait leur responsabilité dans son élection.

Pour eux, la nation existe lorsque tout va bien. Lorsque tout va mal, c’est chacun pour soi.

Ils sont égocentriques là où ils devraient faire preuve d’empathie (notamment sur la route).

En résumé, ils fonctionnent en mode binaire : pourquoi moi ? pourquoi pas moi ?

 

Ils ont peur de la mort, font n’importe quoi avec leurs vies (sports extrêmes, comportements inconscients, etc.) et s’étonnent voire s’affligent des conséquences.

Ils s’indignent de la misère mais assez peu prendraient un sans-abri chez eux, de peur qu’il ne leur vole l’argenterie.

Ils ont du mal à faire la différence entre un fait et un ressenti : le ressenti est un fait.

Et pour eux, contester la manière de mener un combat, c’est contester sa légitimité.

Ils perdent un temps fou en rumeurs, discussions qui virent aux cas personnels, en combats de coqs. Très peu savent synthétiser. Le « alors que décidons-nous ? » effraie. La situation reste en l’état, parfois empire, le problème est reporté et chacun repart, déculpabilisé, convaincu d'avoir contribué à son avancement.

Mais qui donc ?

 

14 novembre 2013

De tous temps la sphère privée a été jetée en pâture au public. La rubrique des faits divers est née avec la presse. Plus tard le droit à la contraception, à l’IVG, le féminisme, la reconnaissance de l’homosexualité ont progressivement remplacé les combats idéologiques et de classes (la fin des "ismes"), voire peut-être même le débat politique tout court. Je pense qu’être malade du cancer ou du Sida ne confère aucune dignité particulière : la télévision a pris le relais du soutien à ces maladies que l’on taisait autrefois et qui désormais sont starifiées pour la bonne cause. Pourquoi pas si cela fait bouger les mentalités et augmenter les dons. Là où l’exagération s’impose, c’est dans le remplacement de la création par l’exposition de vies personnelles sur internet, sur les forums, dans les rediffusions ou morceaux choisis, à l’écran dans des émissions dédiées, c’est-à-dire le voyeurisme. Une autre malédiction difficile à conjurer…

 

Quel intérêt d’exposer sa famille, sa maison, son absence de culotte, son vomi, son furoncle, une chute (le degré zéro de la rigolade), une altercation ? Réponse : cela fait revenir et cela fait acheter. Nous vivons l’époque "directement du cœur au portefeuille" et bientôt si l’on en croit le neuromarketing, directement du cerveau au portefeuille. Nous sommes étudiés pour être anticipés. Ne réfléchissons plus, ne nous modérons plus : rions, pleurons, scandalisons-nous (profitons-en pour dégrader quelque mobilier urbain et équipement routier), "émotionnons-nous", voici vers quoi nous sommes poussés, attirés, sollicités. Sans oublier de gratter le ticket pour le paradis de la FDJ donnant droit au tirage illimité ! Je peux comprendre que tout ce qui sort de ce programme soit vécu comme une agression et rende agressif. Agression des mots compliqués, des idées fouillées, du raisonnement, des valeurs, de la mesure et du bon sens*, oserais-je ajouter, du travail désormais assimilés à tout ce qui peut influencer, contraindre ou contrôler. Demain sera pavé de plaintes, d’hésitations qui rassurent, de gestes fous qui font s’esclaffer ou effraient.

 

J’ai apprécié la publicité pour le jambon d’Aoste que j’ai trouvée subversive, décalée, mariant bourgeoisie et résistance, jambon et raffinement, opposant Japon à Jaguar dans un spot kitsch. Le décollement de la moustache est une trouvaille digne d’une séance de psy. J'accepterai toujours d’être un dinosaure pour mon époque.

 

*auquel on m’opposât une fois « dans quel sens, le vôtre ? » sans en donner d’autre.

 

10 octobre 2013

Il y en aurait des choses à dire :

 

Encore une petite fille massacrée qui ne demandait qu’à jouer à la poupée ou aux petites voitures, tendre le doigt vers une fleur ou un canard et rire aux éclats, découvrir le monde et s’émerveiller, et qu’il fallait protéger, pas battre. De quoi se mettre le cœur en miettes. Que faut-il faire avec les cas sociaux ? Leur envoyer un courrier pour leur rappeler qu’un enfant n’est pas un défouloir ou un punching-ball et qu'il ne faut pas l'enterrer dans la forêt ?

 

Le projet de limitation à 80km/h : restons chez nous devant notre TV, plus personne ne mourra. Depuis La Jamais Contente (1899), on régresse. De là-haut, Camille doit en rigoler. Quant à la directive Euro6, elle sera féroce avec le diesel.

 

Très peu savent prendre un rond-point : pour aller à droite ou tout droit, on serre à droite. Pour aller à gauche, on change d’abord de file, on serre à gauche contre le terre-plein central. Si on a serré à gauche pour aller tout droit, on coupe fatalement la route de celui qui vient de droite : en changeant de file, on n’est donc pas prioritaire. Et le clignotant n’est pas une option…

 

Un dessin vaut mieux, etc. Ce n'est pourtant pas compliqué.

dossiers-thematiques-image36.png

 

18 septembre 2013

Imaginons qu’il n’existe plus qu’un seul constructeur automobile français vendant le même type de voitures pour tous (cf. la Trabant en RDA). Quel serait notre premier réflexe ? La personnaliser. Tout le monde veut copier le voisin tout en se distinguant. Nous naissons avec des talents ou des dons différents, dans des environnements familiaux différents avec des comportements différents. Voilà pourquoi j’ai du mal à croire au seul principe d’égalité des chances lorsque certains choisissent une voie apparemment plus facile, celle des bandes, des trafics, des vols, des reventes "au cul du camion" et des salaires hors système. Une habitante de Marseille témoignait de son impuissance : la rue m’a pris mon adolescent, disait-elle. En faute ? L’éducation parentale et scolaire démissionnaires.

 

Abandonner n’est pas la solution. Si nous savions nous auto-discipliner, il n’y aurait plus ni discipline ni police ni procès ni prison. On en ferait de belles économies à investir ailleurs : la santé ou le travail ! 

 

Sur quels ressorts repose le succès des films ou des séries américains ? La création de liens humains, ne pas laisser l’autre s’égarer (alcool, abus, etc.) ou gâcher sa chance, relever des défis ensemble et en ressentir de la fierté, mettre les gens en scène, en valeur pour qu’ils se sentent reconnus, l’amour du pays et le sens de l’honneur, l’éducation des jeunes enfants, l’écoute, le respect et la mise en pratique. Les maçons du cœur, par exemple, donnent une leçon d’énergie.

 

En face, je vois notre pays comme une personne âgée, fatiguée, dépressive, qui attend avec impatience l’heure de la soupe et qui râle lorsqu’elle est trop chaude

 

31 août 2013

80 ans après le service Citroën, l’efficacité Citroën 2013… mais jugez plutôt.

 

La succursale me donne rdv à 7h30 pour la révision de ma voiture alors que les ouvriers débutent à 9h00. Pourquoi pas.

Je suis reçu par une personne qui avant de me servir est affairée à distribuer des tracts FO. Pourquoi pas.

Elle me propose une promotion à -35% sur les pneumatiques Michelin. Pourquoi pas, j’accepte.

 

Comme mes pneus avant d’origine ont 48000 km, que leur usure est modérée et que je peux encore parcourir 20.000km avec eux, il est convenu que les pneus neufs seront déposés dans le coffre afin de prévoir une monte ultérieure. Sachant cela je commande également deux jantes neuves, en expliquant que la jante AVD ayant reçu un choc (redressé) crée du shimmy à 130m/h. On m’appellera dès que la voiture sera prête.

 

Résultat, c’est moi qui appelle. Je récupère mon véhicule avec les deux pneus neufs montés.

Les anciens pneus usés à 40% sont partis à la poubelle. Les anciennes jantes ont été jetées à la benne à métaux dont la jante en bon état. Comment appeler cela ? Malgré les pneus neufs, le shimmy perdure. Personne n’a pensé à essayer la voiture. Ah, par contre la voiture a été lavée. La révision m’a coûté 241 euros HT pour 45 minutes (vidange, filtre à huile, filtre de clim’ et balais d’essuie glaces) sans compter le prix des pneus. Il faut d’abord payer et ensuite on peut avoir accès à sa voiture.

 

Citroën me rappelle pour savoir si j’ai été satisfait de la prestation et notamment si le prix des pneumatiques figure sur la commande de travaux. Question étonnante puisque ce document est édité par l’ordinateur de mon enquêtrice ! Bien sûr il n’y figure pas, c’était -35% de « mystère ». Le travail est parfaitement fait mais problème : il ne correspond pas à ce qui a été convenu.

 

La prochaine révision m'est fixée à 60.000 km (alors que je suis venu pour celle des 60.000, même si avec 12.000 km d’avance car pas facile de fixer ses congés). La prochaine révision se fera à 90.000 point final. En dédommagement de mon courroux suite à la perte de deux pneus et une jante, l’on me propose une remise de 50 euros à valoir sur ma prochaine visite (le prix de la jante perdue seule). Aucun engagement écrit, c’est à moi de noter la remise sur ma facture. Si je change de garage, comment vais-je procéder pour me justifier ?

 

Citroën est fatiguée. Citroën a un besoin urgent de revoir ses procédures d’écoute du client.

Vivement que l’Esprit Citroën revienne chez Citroën… La prochaine fois, j’irai dans une enseigne indépendante et je laverai ma voiture.

 

23 août 2013

Un projet de loi propose d’abaisser la vitesse de 10 km/h en passant par exemple les 130km/h sur autoroute à 120 comme en Belgique. Et les commentateurs de nous préciser pour justifier cette décision que cela permettra des économies de carburant, d’entretien, moins de pollution, etc. Certes, lorsque nous roulerons à 70km/h sur autoroute, nous polluerons moins...

 

La victimisation dont se drapent notre société et certains de ses sous-groupes, la starisation du futile ou du ridicule, la prééminence de la promotion du désir, tout cela pour échapper à l’indistinction, ne sont-ce pas des infantilismes ? Presse et politiques citent tentations et victimes invoquant la fatalité et l’obligation d’assistance. Mais aurait-on oublié qu’on peut résister à une tentation ou qu’on peut agir pour ne pas être victime ? En face : des groupes revendiquent et éprouvent leurs forces dans diverses exactions que la république peine à contenir. Certains sociologues affirment que la société s’est féminisée. Je demanderais plutôt : où est passé le panache français, celui des mousquetaires ?

 

Un sportif me racontait : « vous savez, au-delà d’un certain niveau, vous êtes forcé de vous doper. Si vous voulez devenir professionnel, il faut travailler bien sûr mais il faut aussi faire comme les autres. Chacun a sa méthode, son coach médical : injections de micro doses de sang frais, oxygénation, stéroïdes, nouvelles molécules, cocktails et dosages divers. Il en suffit d’un pour entraîner les autres. Celui qui refuse ça ne monte pas très haut et ne peut rien espérer. Notre métier est basé sur la performance du corps. C’est notre outil, alors on l’affûte. C’est pour cela qu’on ne fait pas de vieux os. Lorsqu’enfin vous réalisez la bonne perf’ alors pour vous guérir de vos sacrifices, vous devenez le chouchou, on vous renvoie une illusion de légitimité qui vous déculpabilise, une pluie de dollars tombe sur vous et vous devenez "bankable". Si vous vous êtes bien débrouillés, vous passez entre les mailles des contrôles, vous gardez le titre. Sinon… c’est la chute. Et c’est pareil dans tous les sports ! L’esprit sportif, maintenant c’est plus le côté spectacle.

 

Chacun aura noté que dans le cyclisme d'autres affaires de dopage ont été révélées mais pour ménager les sponsors, on a attendu que s'achève l'anniversaire du Tour de France !

 

18 juillet 2013 :

Héritier des années soixante-dix, bariolées et kitsch, j’aime la couleur. A la télévision, j’ai vu les plus grands aujourd’hui disparus. Ils savaient faire la fête. J’ai été épaté par les premiers mangas et j’ai rêvé d’espace. J’ai joué dans la rue, suis resté assis des heures au soleil en écoutant les hirondelles, humé l’odeur du foin ou de la paille, mâché un chewing-gum de blé, sais ce qu’est un lapin, une poule, un chat non apprivoisé, un chien de chasse, une chrysalide de papillon. J’ai ramassé du maïs, des patates, des groseilles, chapardé des mûres et des framboises sauvages, grignoté des noix avec le fromage, coupé des quartiers de pomme pour la tarte, allumé ou entretenu des feux de bois. Même si j’ai connu la naissance de l’informatique (fait de la programmation en 1987), utilisé des disquettes 5 pouces ¼, tapoté 3617 Argus sur le minitel, opté pour un baladeur walkman ou joué sur les premiers jeux électroniques, j’ai grandi sans et me félicite de ne pas être accro.

 

L’été, la nature resplendit. N’est-ce pas l’occasion de renouer avec les éléments ?

Bonnes vacances à tous !

 

 

25 juin 2013 :

Publicité de la DS3 Cabrio qui invite une archive Yves Saint Laurent pour parler de sa détestation des bourgeoises. Pour une voiture à quasi 19.000€ ? Sans blague. J’espère qu’ils ont amélioré les moteurs électriques du toit souple car sur la C3 Pluriel, quelle galère.

 

Affaire Méric : la provocation des extrêmes, issue prévisible, car qui cherche trouve.

 

Facebook : à mi-chemin entre le blog et le forum. Moins de trolls vaniteux mais échange t-on vraiment ? On nourrit leurs archives, leurs bases de données statistiques et leurs fichiers prospects pour tout un tas de sociétés commerciales au nom de deux ressorts humains (pièces qui seront toujours au catalogue celles-là) : l’orgueil (d’y être) et le paraître (désir d’exister).

 

Le Tour de France : toujours rouler bourré… mais ce n’est pas d’alcool. Sans moi.

 

Le problème de la beauté ou de l’excellence (par exemple en restauration automobile), c’est qu’une fois qu’on les a connues, il est difficile de revenir en arrière…

 

22 mai 2013 :

A ceux qui découvrent notre beau pays ou s’y installent, serait-il bon d’expliciter les trois mots au fronton de nos mairies. Liberté : elle est toute relative et s’arrête où commence celle de votre voisin. Fraternité : un vœu pieux. Chaque jour la presse, la TV relatent un fait divers d’inhumanité sordide, à se demander si les hommes apprennent des erreurs des autres.

 

Là où le bât blesse, c’est l’Egalité. En effet, réserver un droit à une catégorie spécifique de citoyens, n’est-ce pas un privilège ? Voilà pourquoi je suis opposé aux places de parking pour handicapés qui procèdent pour moi de l’injustice flagrante.

 

Qu’on me laisse m’expliquer avant de crier au scandale. Il ne s’agit pas d’être contre le handicap ce qui n’a aucun sens. D’abord ceux qui pourraient en bénéficier n’obtiennent pas la précieuse carte. Ensuite ce système stigmatise le handicap là où peut exister un désir de normalité. Ces places moins squattées par les valides restent inoccupées la plupart du temps dans un contexte de voirie qui exclue d’année en année l’automobile. J’aurais préféré un système moins "privatif VIP" qui libère l'espace ou prévient qu’une personne à mobilité réduite en a besoin. Alors, inventer une loi inégalitaire pour conférer un droit à un groupe minoritaire : République vertueuse ou amnésique ?

 

A contrario tout ce qui est accessible à presque tous est un manquement au devoir d’égalité. Il serait bon que tous les établissements publics soient dotés de rampes, aussi utiles pour les personnes âgées et les poussettes ; ou que les claviers de distributeurs de billets soient ajustables en hauteur. Chacun peut accéder à la caisse de supermarché réservée aux handicapés et femmes enceintes et c’est très bien... à condition d’accepter que celui qui est prioritaire passe devant soi. Il y a encore du travail.

 

04 mai 2013 :

Dans certains restaurants espagnols, si vous ne terminez pas votre assiette, vous réglez un supplément de 10 euros. Si le principe de non gaspillage est souhaitable, la substitution d’une coercition par l’argent plutôt qu’un choix dicté par le bon sens - à défaut de morale - pose problème et traduit bien (quoi d’autre ?) les faiblesses d’éducation ou de motivation de notre civilisation.

 

Je ne suis pas écolo au sens où notre époque l’entend. L’écologie comme parti politique est un non-sens qui devrait être plus vigoureusement combattu. Elle n’est ni de gauche, ni de droite. L’écologie devrait être dans chacun de nos gestes et de nos circuits économiques : ne pas jeter de détritus dans la nature sous peine de les retrouver digérés dans nos assiettes, ne pas gaspiller les ressources sous peine de les voir se tarir, concevoir des produits renouvelables qui font appel à l’intelligence, à la science, à la technologie… à la production ! L’écologie économique créera de nouveaux emplois : des inventeurs, des chercheurs, des constructeurs, des vendeurs, à condition que la chaîne entière de fabrication-recyclage soit orientée vers une meilleure optimisation de la matière ou des transports.

 

L’écologie fait peur aux passionnés de voitures anciennes (thème de ce blog). Pourtant la Traction Avant est la première Citroën qui inaugure une prépondérance du produit sur l’outillage de production. Prétendre que, puisque nous ne faisons que peu de kilomètres nous ne polluons pas, est un égoïsme irresponsable. Les voitures anciennes avec leurs pots d’échappement basiques rejettent toutes les particules et composés chimiques complexes (benzène du SP98) que les autres véhicules sont censés filtrer. Selon moi, s’il y a esprit progressiste, c’est dans ce seul domaine qu’il doit s’exercer : une voiture ancienne propre.

 

Je suis convaincu qu’un passionné de mécanique plus clairvoyant que les autres lancera prochainement un pot de type catalytique pour Traction : ce serait une avancée considérable pour notre passion. Ensuite viendra le temps du recyclage des pièces refabriquées. Quant aux pièces d’époque, je les préfère restaurées qui fonctionnent dans une voiture plutôt que rouillant sur une épave dans un champ.    

 

22 avril 2013

Enormément de monde succombe aux produits miracles, artéfacts et autres poudres de perlimpinpin. Si les marges sur les adoucisseurs d’eau ou les collections d’encyclopédies étaient connues, personne n’en achèterait : fabriqués pour trois francs six sous et vendus à prix d’or technologique. La règle était de multiplier par 7, peut-être 10 aujourd’hui. La pizza à 12 euros, alors qu’elle doit coûter entre 50 cts et 1 euro de pâte et garniture, laisse rêveur. Mais voilà : il faut ajouter les charges, de salaires, de retraite, de solidarité, locatives, d’essence pour livrer, l’impôt sur les sociétés, les taxes et contributions diverses, les assurances obligatoires, les provisions pour procès parce qu’un client a glissé sur une frite gelée. Nous sommes des nantis surprotégés. Rien d’étonnant à ce que nous payions cette surprotection au prix fort. Etonnant que nous nous plaignions de la vie chère. Nous payons et allons payer longtemps ce luxe de précautions sur lequel personne ne songe à revenir, considéré comme "acquis". Rien d’étonnant à la crise ; pour certains tandis que d’autres n’ont rien changé à leur train de vie. Car les petits ruisseaux ne convergent pas vers la mer…

 

Un maire lassé des déjections canines matinales, dans l’impossibilité de financer le nettoyage journalier de sa commune, a eu l’idée de lancer un concours de photos de ces traces. Plus moyen de lâcher son chien sans qu’il soit mitraillé par des concurrents en herbe. Est-ce cela l’avenir ? Le téléphone portable ou l’APN comme doubles moyens de vedettariat-délation ? Nous nous contraindrions les uns les autres pour exister, le moindre de nos actes devenant un produit virtuel à éditer et méditer pour la foule ?

 

Découvrir… un beau mot de la langue française qui regroupe plusieurs acceptions : enlever ce qui recouvre, révéler, dévêtir la peau d’une femme, lever le voile sur l’obscurité, apprendre du nouveau, en connaître mieux sur soi, l’autre, le monde, faire émerger un talent avec parfois l’effet de surprise. Ce mot contient une énergie brute, de celles inépuisables.

 

15 avril 2013

Que nous annonce t-on ? Suite à son interdiction, le remplacement du bisphénol A va engendrer une hausse du prix des produits. Pourquoi ne trouve t-on pas un remplaçant moins cher ? Encore du marketing pour augmenter les marges.

Avant je ne faisais guère attention aux étiquettes de composition. Aujourd’hui lorsque je lis la liste des ingrédients, j’ai l’impression d’être le cobaye d’un test chimique : E224 (disulfite de potassium présent aussi dans le vin), E415 gomme xanthane, huile végétale (= huile de palme), etc. Essayez de trouver une mayonnaise sans sucre. Ils en mettent même dans la moutarde… Mon grand-père confectionnait de savoureuses mayonnaises à la force du poignet dans un bol avec de l’huile et des œufs. Peut-être faudrait-il revenir à des produits plus naturels qui se conservent moins longtemps, des étalages de supermarchés moins garnis ? Au point que je n’évalue plus l’étendue du choix mais l’étendue des invendus jetés à la poubelle.

 

J’ai créé il y a environ 3 ans le "Bureau de l’Organisation Française" ou "BOF", organisme associatif mi-humoristique, mi-réactionnaire qui recensait les incohérences notables sur des produits ou des discours publicitaires. Entre autres :

Une publicité Renault sur un 2ème amortisseur à moitié prix avec l’accroche suivante : « avec ça vous allez rebondir » (alors qu’un amortisseur est là pour empêcher le rebond, bravo la technique Renault)

Un dévidoir essuie-main Elys si bien conçu que les 5% finaux sont inutilisables, coincés dans le réservoir.

La douteuse publicité des opticiens Krys, « avant j’étais ronde » (et après aussi malgré les lunettes).

Il aura fallu 35 ans pour qu’apparaisse un embouti en creux fort pratique sous l’anneau d’ouverture des boîtes de conserve.

 

Parfois je me demande si nos industriels essaient leurs produits. Comme personne n’anticipe et ne réagit, nous avons certains objets mal finis, d’usage difficile voire dangereux. Je pense notamment aux renforts insuffisants de la passerelle du Queen Mary II, tragédie qui m’avait marqué comme le témoignage universel de l’inconséquence humaine : 16 morts. C’était pas "étudié pour" aurait dit Fernand Raynaud. Après le Médiator, la prothèse PIP, le Diane 35, quoi d'autre ? Heureusement le soleil est revenu.

 

03 avril 2013

Laisser une trace : je crois cette pulsion irrépressible chez l’homme. Qu’elle soit un déchet dans la nature, un tag sur un mur repeint à neuf, une "amélioration" sur son véhicule ancien, une plaque à son nom sur un mur ou une sépulture, un tatouage narcissique. Contre cette tendance, le temps et l’oubli précisément dudit homme qui bientôt aura effacé le mensonge avoué sur une évasion fiscale ou une opération immobilière douteuse et revotera pour le même camp, applaudira des matchs truqués, des procès perdus dans le déshonneur, l’argent gaspillé dans des projets pharaoniques. « L'histoire et l'expérience enseignent que peuples et gouvernants n'ont absolument rien appris de l'histoire » (Hegel). Sauf pour quelques inconscients, résiste en général : un amour, un monument, une violence physique, un enfant, un livre. Désormais j’éteins écran ou radio lorsque j’entends incohérences, ellipses, ânonnements, interviews qui grésillent et futilités vendues comme sujets capitaux.

.

.

22 mars 2013

Argent, nerf de la guerre. Le Diesel, future vache à lait de l’Etat ? Je n’ai jamais goûté ce type de motorisation pour moi malodorante et aussi bruyante qu’anti-mécanique (claquements de soupapes à bas régime). La vidéo verbalisation assurément : toute erreur de conduite étant sanctionnée automatiquement. La perfection au volant semble être la meilleure solution pour qu’autrui ne dispose pas de notre temps et de nos finances. Les critères de validation d’un Stop : marquage franc d’un arrêt, station pendant 3 secondes accompagné d’un changement de vitesse (passage en première). En respectant ces 3 critères, j’ai maintes fois sauvé points et porte-monnaie, encore tout récemment.

 

Tandis que Bosch abandonne le photovoltaïque, l’écologie reste la future caution morale aux ponctions fiscales. Les cartes grises de collection devraient heureusement échapper à ce diktat. Le contrôle technique semble en passe d’être supprimé pour cette catégorie. La FFVE se bat pour qu’il n’y ait aucune restriction défavorable en échange. Les véhicules avec carte grise normales continueront à se soumettre à tous les contrôles tandis que les véhicules de collection y échapperont comme témoins d’un patrimoine industriel révolu. A nous de nous montrer dignes de la place réservée à notre passion !

 

11 mars 2013

Salon de Reims. Je déambule parmi les stands. Je retrouve de nombreuses connaissances depuis… 1988. Vingt cinq ans, bigre ! Les prix sont extravagants. Il doit y avoir confusion entre le franc et l’euro. En même temps, certaines pièces exposées auront bientôt 80 ans, une durée qui m’évoquait la guerre 14-18, pas les années Trente. Il faut s’y résoudre. Quelques achats raisonnés plus loin, je décide de porter ma casquette de chauffeur Citroën. On m’interpelle, les regards sont ou surpris ou désapprobateurs : gestapo, polizeï, armée russe, grosses confusions dès qu’il y a insigne et gabardine. Le Double Chevron n’évoque rien. Je songe aux uniformes, symboles de divers métiers, ceux de l’ordre mais également de la livraison à domicile, des pompistes, des chauffeurs, de la marine marchande, etc., de la fierté à représenter une maison réputée. Où est passée la fierté d’être français ?? Ne pas oublier qu’un uniforme est un costume de théâtre, comme le complet cravate, rien de plus. Il parle de la fonction, du rôle à jouer, mais ne dévoile pas tout de l’homme-acteur qui le porte. Donc évitons l’amalgame et voyons si le talent vaut le décorum.

 

Je peux en parler librement n’étant plus adhérent nulle part : les associations sont généreuses. A midi, 10 membres présents sur un stand Traction mais 60 blidas servis, c’est-à-dire un carton de 6 bouteilles parties dans le gosier de (… j’ai du mal à les qualifier) que l’on ne reverra plus de la journée. Confusion encore : croit-on que le champagne est gratuit pour les champenois ? C’est toute la différence entre le membre adhérent qui apporte quelque chose et le consommateur qui profite et râle, croyant exister. Visite d’un passionné qui me questionne faussement ingénu « j’ai retrouvé telle pièce dans mon grenier, combien vaut-elle à votre avis » ? J’évente le bluff en répondant « quel serait le prix en dessous duquel vous ne descendriez pas et vous aurez votre prix de vente ». Les salons suscitent un curieux paradoxe : de la découverte dans la nostalgie et de la nostalgie dans les découvertes.

 

05 février 1878

Coût de la citoyenneté suite à la perte de vos papiers ? 75 euros (baromètre à suivre de près). 41,5 euros pour le duplicata de carte grise (coût d’un cheval plus taxes dont frais postaux), 25 euros en timbre fiscaux pour la carte d’identité et 8 euros pour 2x2 photos. Duplicatas de permis de conduire, de carte vitale, d’assurance, de carte de mutuelle sont gratuits. Juste un autre billet de 500 balles brûlé.

 

Comme dit le proverbe arabe : le bédouin qui dort sur le sable ne craint pas de tomber de son lit.

 

Un tractionniste s’interrogeait : dans vingt ans, aurons-nous toujours des pièces détachées pour nos Traction ? La réponse est : bien sûr… si vous continuez à en acheter. Pour tout ce qui est nouveau, c’est l’offre qui crée la demande. Mais pour de pareils consommables dont la définition est connue depuis 1934, c’est la demande qui crée l’offre. Si un jour les passionnés se regroupaient en association de consommateurs, peut-être auraient-ils des pièces de qualité sans retouche ? C’est parce que certains tractionnistes achètent quand même du médiocre que le médiocre existe. Ne l’achetez plus et, croyez-moi, le marchand bradera son stock et ne fera plus la même erreur. Une seule chose à faire pour que ça continue à fonctionner : s’organiser. On trouvera toujours des moqueurs à propos de la Charte de Turin mais je crois que c’est un texte bénéfique.

 

http://www.amafl.fr/FR/blog/2013/01/la-%C2%AB-charte-de-turin-%C2%BB-adoptee-par-la-fiva/

 

27 janvier 2013

Dans un rond-point, que faites-vous lorsque la voiture qui arrive n’a pas mis son clignotant ? Vous regardez où se porte le visage du conducteur. Comme au théâtre : où se porte le regard se porte l’action.

 

J’ai assisté aux préparatifs du Rallye Monte Carlo Historique dont le départ a lieu dans ma ville avec Alpine en vedette. J’ai relevé plusieurs choses amusantes dans ce genre d’événement. Le speaker qui s’égosille dans son micro « retrouvez-nous sur notre stand Renault » : c’est le seul et il est noir de monde. Les aficionados que l’on rencontre dans tous ces salons, se faufilant pour être absolument vu du pilote de course et récolter sa précieuse signature (avec chez certains, revente sur internet), l’homme qui parade faussement nonchalant dans un blouson garni de tous les écussons du Rallye laissant croire qu’il les a tous faits, la ruée des badauds comme des mouches sur du miel pour récupérer stylo, sac, autocollant et autres babioles. Qu’est-ce que la passion nous fait faire…

 

Heureusement un peu de rouge chevronné dans tout ce bleu. Sur le parking, des concurrents s’activent pour faire briller la peinture neuve et les nombreux accessoires fièrement montés de la veille, à se demander si l’auto va vraiment affronter neige, verglas et projections de gravillons. D’autres arrivent au volant de caisses à savon des années 70 dont le bouclage du budget se lit au nombre de logos de sponsors collés. Connaissant la tenue de route aléatoire de ces modèles, au premier virage glissant, ils iront dans le décor… à moins d’être d’excellents pilotes et alors on les admire pour leur engagement. On s’apostrophe, on prend des nouvelles. Entre les mordus de sport et les amateurs de mécaniques anciennes qui ont connu leurs heures de gloire, on se connait tous plus ou moins. La vie est un théâtre.

 

20 janvier 2013

Journalistes français dans des pays en guerre : au prix où nous coûtent les prises d’otages, les rançons et autres rapatriements par l’Etat et en songeant à la souffrance des familles et à leurs interventions dans les médias, je préfèrerais de beaucoup qu’ils n’aillent pas risquer leurs vies et que nous n’ayons pas l’information : je m’en passerai volontiers. Et vous ?

 

Starisation du sport avec un Armstrong dopé grâce à l’aval des instances du cyclisme. Pour quoi ? Mais d’abord pour les caméras, les sponsors et les annonceurs, c'est-à-dire l'image bankable. Ensuite pour tous les spectateurs amateurs du Tour, pour leur offrir du rêve préfabriqué et les faire consommer. Nous serions seuls à nous indigner ? Oui, car sur le repentir, on peut aussi réaliser du chiffre d’affaire. 

 

Essence moins chère… sauf que ma consommation augmente de 0,3 litres aux 100 pour une utilisation identique. Quel cocktail ont-ils mixé ? Moins d’additifs coûteux, pétrole moins raffiné ou plus d’éthanol ? Difficile de s'y retrouver.

 

Ventes aux enchères : parfois je me demande si les prix faramineux ne cachent pas des opérations fiscales, en tout cas le placement patrimonial de bas de laine "encombrants" ce qui expliquerait le niveau décomplexé et extravagant des évaluations et des enchères. Dans certains cas, la pilule des 15 à 17% de frais d’adjudication devrait mieux passer que les 75% du super-impôt. Mais ce doit être mon imagination débordante qui me joue des tours, bien sûr. Heureusement à ces prix, les voitures sont neuves de chez neuf. Nous ne jouons pas dans la même cour, relégués au rang de spectateurs blasés. En Février, je vais hiberner avec bonheur.

 

13 janvier 2013

Je découvre ce matin le capot de ma voiture rayé. Un mois après l’achat, ledit capot se pliait sous les fesses d’un importun puis survenait un accrochage avec une conductrice éblouie par le soleil (ou ma carrosserie trop rutilante ?), ensuite une pièce métallique perdue sur la chaussée m’occasionnait 250 euros de changement de pneumatiques. Je ne suis donc plus étonné par ce nouveau "petit" désagrément de la vie quotidienne : la voiture est bel et bien baptisée. Et encore 250 euros partis en fumée pour rien.

 

Je m’interroge. Que faire de toutes ces fâcheux assez stupides pour donner un coup de clé sur une voiture dont l’état fait injure à leur indigence ? Comment endiguer ce type de comportement qui finirait par rendre réactionnaire (je n’ose dire extrémiste) le plus bienveillant des citoyens ? Faut-il pour protéger une auto des rayures et des coups s’expatrier dans un quartier huppé cadenassé par des digicodes comme l’on peut en voir à Neuilly ? O imprudents tractionnistes qui exhibent sur la toile leur patrimoine dans des garages ouverts à toutes les tentations ! Connaissent-ils celle que j’appelle La Bête ? Celle qui rend les gens incapables de maîtriser leurs pulsions, avides, prompts à se servir sans vergogne, à dégrader, à marquer leur territoire et à laisser leurs traces ? Laissez un objet de valeur à la vue de tous dans une voiture ouverte et dites-moi combien de temps cet état reste stable… Propos bourgeois, me direz-vous ? En fait, je me place sur un autre plan. Car un honnête homme ne me dirait pas : désolé, pas de chance, ma clé a inopportunément rayé votre carrosserie.

 

Je commence à comprendre certaines réactions de dégoût. Prenons l’actualité et le thème de l’impôt. La France, pays de l’égalité, où l’on réclame à corps et à cris la justice sociale pour tous, possède l’impôt qui est pour moi le plus injuste. La vraie justice voudrait que nous payions le même taux sur nos revenus, par exemple 10%. Et bien non. Comme vous le savez, le plus nanti paie (théoriquement) plus de 50% d’impôt tandis que le plus démuni n’en paie (concrètement) pas du tout… pour un usage identique des services. Aussi aberrant que de renoncer à sa nationalité ou sa culture.

 

Actualité toujours… Après l’adoption du mariage pour tous, pourquoi n’aurions-nous pas les mineurs de plus de 15 ans qui descendent dans la rue pour revendiquer un droit similaire (au nom de l’amour) ? Puis ensuite les polygames ? On aurait : parent n°1,2,3,4,5 et 6. Pourquoi ne pas se marier avec son animal de compagnie ou son bonzaï ? On trouve bien des personnes âgées qui lèguent leur fortune à leur chien.

 

Oui, la société doit évoluer… mais dans quel sens ?

 

31 décembre 2012

J’aimerais un jour lire dans la presse ou entendre à la télévision les phrases suivantes de la part de l’interviewé :

Scandalisé moi, choqué ? Pas du tout. Il n’y a que vous pour être choqué. D’ailleurs c’est votre métier. Remettez-vous en, mon ami / Bon, où voulez-vous en venir avec votre question ? / Qu’est-ce que vous me racontez là ? / Oui et alors ? Je ne vois pas le rapport entre / Qu’est-ce que vous voulez me faire dire ? Ah, oui je vois : vous voulez me faire dire que (…) malheureusement ce n’est ni mon opinion ni la vérité.

 

Mais qui la vérité intéresse t-elle ?? J’entends de telles inepties jamais démenties, jamais corrigées...

La dernière en date de la part d’un ministre (je cite) : « en temps de crise, il est scandaleux que certains s’enrichissent tandis que d’autres s’appauvrissent ». Les bras m’en sont tombés. Niveau au-delà duquel on est « riche » ? On ne sait toujours pas. Peut-être est-ce juste au-dessus du revenu mensuel du ministre ? Pour rappel, le salaire moyen mensuel net français est de 2080€. Dans ce cas, je suis pauvre. Y a-t-il des façons plus scandaleuses que d’autres de s’enrichir ? En absence de nuance, on ne sait pas. Reconnaissance pour la réussite, l’investissement, la juste récompense pour l’effort ? Néant. Propos faciles et démagogiques, c’est-à-dire becquée pour oisillons ? Dans le mille.

 

Tous les jours, à force de matraquage, les médias modèlent nos esprits, cherchent à faire vibrer la corde de l’émotif et de l’affectif, à nous scandaliser et nous empêcher de réfléchir en nous fournissant des idées prêtes-à-penser. Ce sont eux les véritables publicitaires. Il faut être constamment à l’affût pour dénicher leurs manipulations. Cela va de l’emploi de mots forts, à leur juxtaposition, à l’association d’idées, à la proximité « naturelle » de deux reportages, jusqu’à l’amalgame voire même la contre-vérité ou la diffamation. Je me souviens dans la presse écrite d’un papier sur la pédophilie, suivie par une page de pub… sur le préservatif ! En général, c’est souvent habilement pensé, scénarisé, tous bords confondus. L’homme politique, le journaliste, parce qu’ils sont engagés dans l’action (réduisant le peuple à ses défilés) veulent tellement se persuader qu’ils ont raison, qu’ils en viennent à tenir des discours ubuesques. Même en agitant sous leur nez les preuves tangibles contraires, on a un mal fou à les convaincre. Lorsqu’ils ont tort, trois méthodes aussi puériles les unes que les autres : l’extension de conflit (oui mais ailleurs il y a telle et telle chose ce qui justifie qu’ici nous…), la suspicion de rejet (de toute façon vous me détestez / peut aller jusqu’à protester contre un racisme larvé) ou le témoin providentiel (nous ne savons rien et n’avons rien à dire mais grâce à nous le voisin du meurtrier va parler, alors ça c’est quelque chose, pas vrai ?). Leur meilleure locution ? Le « quant à » qui permet de joindre dans une continuité de scandale, deux faits disjoints (fonctionne très bien lors de procès) : M. Truc a été convoqué pour une audience... quant à M. Untel, lui… (sous-entendu, c’est pire et si ça ne l’est pas encore, ça va le devenir).   

 

La crise transforme certains en souris de laboratoire qui tournent en rond dans leur bocal dans l’attente de l’expérimentation. J’ai noté qu’en réaction se développait une tendance à universaliser tout ce qui touche chacun personnellement. Internet n’y est pas étranger. S’il arrive quelque chose à quelqu’un, c’est nous tous qui sommes visés dans une grande convergence de malheurs. Pour moi, celui qui a perdu un être cher sur la route n’est pas le mieux placé pour diriger la sécurité routière.

 

Non messieurs, pour ma part, je ne vais pas trop mal, merci (et tous les propriétaires de Traction aussi, je suppose). Il est vrai qu’ailleurs… En 2012, nous avons encore vécu sous le joug de la barbarie. Liban, Syrie, ont sorti les armes. Frères Joseph et Youssef se sont échangés énième roquette et autres salades pour une parcelle de 360km². Chez nous, depuis Colomba (1840), la Corse cultive toujours la vendetta, ailleurs à Marseille on écharpe proprement son voisin : réseaux, trafics, zones d’influences, guetteurs, jalousie de pouvoir, règlements de compte à l’arme lourde. On ligote des femmes dans des coffres de voitures, on caillasse le bourgeois en banlieue et on réclame le retour de Charles Martel à Poitiers. Sous le costume cravate, l’air sérieux avec Ipad/iphone/tablette et tutti quanti, le Moyen-Age est encore à nos portes. On peut dire que l’humanité a bien progressé…

 

Espérons pour 2013 : moins de démagogie, plus d’organisation, moins d’orgueil, plus d’intelligence de cœur. Travaillons-y. Car je crois plus à l’addition qu’à la somme.

 

Bon réveillon à tous ! Ma petite contribution (mettre le son à fond) :

http://www.youtube.com/watch?v=huFS8VrTgVE

 

15 décembre 2012

Surveillez les jeux vidéos. Ils vont se substituer au réel. Sur écran géant, grâce à la wii, votre corps actionnera un personnage dans divers mondes imaginaires (époque victorienne, guerre des étoiles, etc.), passant d’un monde à l’autre… tout en restant chez vous. Plus besoin de voyager. Les scénarios seront si intelligemment conçus que vous vous croirez le héros du film, devant des choix cornéliens : secourir, trahir, abandonner, gagner. Contre abonnement, le jeu se poursuivra sur votre téléphone portable avec appels du coéquipier ou ordres de missions. Ce sera une double vie qui remplacera celle atone et répétitive que vous mènerez sur la « chaîne de montage » d’une des dernières entreprises françaises, les autres étant toutes en Asie. Vous serez un privilégié, rare à posséder un travail qui vous permettra de vous payer outre ce jeu vidéo, la dernière chinoise futuriste Peugeoën unique modèle "pour tous" (selon l’expression à la mode) ornée d’un lion tenant un chevron entre ses pattes, une voiture 100% électrique, 100% jetable-recyclable, ne laissant ni trace ni bruit ni odeur qui, tel un fantôme, circulera parmi d'autres, bipèdes aux ventres vides.

 

Le progrès n’a jamais été d’arriver à une absence totale de maîtrise ou de confier nos âmes à des machines. C’est pourtant la voie que nous prenons. Saurons-nous y résister ?

 

Je viens de visionner plusieurs émissions consacrées à Serge Gainsbourg un an avant sa mort. Que la presse était moqueuse sur cet artiste, arrogante à la limite de l’inquisition. Nous ne traiterions plus aujourd’hui avec autant de condescendance cet écorché vif qui masquait sa timidité et ses faiblesses (sa violence peut-être) sous une attitude de star délabrée libertaire et provocatrice. J’ai reconnu dans ces interviews les débuts de la recherche du buzz à tout prix à une époque d’ailleurs où les interviewés avaient encore des choses à dire. Cela me parait affligeant et j’espère que l’on en sortira. On en sortira en se détournant : plus de mauvais public = pas d'audimat = plus de mauvais spectacle. Telle est mon humeur.

 

23 novembre 2012

Vous avez tous vu ou entendu les slogans sur la prévention des maladies. Ce sont le fait de deux organismes que j’appelle les "instituts du bon sens" (dont les compétences sont larges notamment en matière de sécurité du travail). D’un côté l’INRS, association loi 1901 paritaire (syndicats – privé) et de l’autre l’INPES qui est une administration publique. Le premier né en 1947 regroupe 635 personnes (ingénieurs, chercheurs, médecins, etc.) et reçoit 85 millions d’euros par an (cotisations maladie des entreprises). L’autre créée en 2002 avec 140 personnes reçoit par an 110 millions de l’Assurance maladie et de l’Etat. Compétences ? Identiques. Discours ? Lénifiant : ne toussez pas dans le nez de votre voisin, faites-vous vacciner, lavez-vous les mains, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé… je poursuis : trop épicé, trop chaud, trop vite, trop quoi. Dans mon décompte du 25 août, j’avais oublié les 19.000 morts annuels victimes d’accidents domestiques. Ce sera la grande cause 2013. Les millions vont pleuvoir. J’anticipe les prochaines campagnes de pub : le verre coupe, le feu brûle, le marteau écrase, les piscines noient, le 220 volts électrise. Alors surtout... ne traversez pas dans les clous !

 

28 octobre 2012

Bien sûr ce n’est qu’une automobile, c’est-à-dire un objet de consommation fait d’acier et de caoutchouc, un moyen de transport. Elle suscite peut-être moins d’émotion qu’une toile sur laquelle un peintre a projeté son désir d’une femme, la frustration de l’oubli, la tristesse de la perte, sa joie de voir éclore la lumière.

 

Pourtant à bien la regarder, je perçois dans ses courbes cintrées ou déliées, l’action prête à bondir, l’attente du mouvement et de la route, l’intelligence cachée sous la sagesse.

 

Elle évoque pour moi – parce que je connais sa genèse – la remise en question d’un ordre établi ("nous avons toujours fait comme ça") et le réassemblage d'éléments connus. Elle n’est pas avant-gardiste dans les choix faits pour elle, elle l’est dans la nouveauté de leur synthèse.

 

Tout homme de cœur qui possède une âme élevée devrait avoir vu le film Le Concert de Radu Mihaileanu. Après l’avoir visionné et versé des larmes pour la ènième fois, je songe aussi à la Traction. L’orchestre de Javel a composé là sa plus belle symphonie. L'écouter vivre sur scène ou dans un fauteuil reste un moment inoubliable.

 

18 octobre 2012

Je parlais de mutualisation et de partage. Avez-vous noté cette tendance : vous payez une fois (souvent par prélèvement) et vous avez droit à tous les services. Disneyland fonctionne de cette façon. C’est ce qu’on appelle un package. Internet fonctionne aussi sur ce mode : un accès unique et l’on se sert à pleines mains dans l’illusion de l’abondance. Avant nous pouvions par divers achats multiplier les choix et les affiliations. Désormais la banque fait de l’assurance et de la protection contre le vol. Le fournisseur d’accès internet fait de la téléphonie, de la télévision, vend des accessoires informatiques. A quand un magasin d’Etat qui, pour une mensualité, s’occuperait de l’école des enfants, de la cantine, de la garderie, des livres, des cours de soutien, des inscriptions en université et que sais-je d’autre ?

 

Mutualisation toujours : si tel que je l'ai entendu (une fois) Peugeot fusionne avec Opel, que va devenir Citroën ?? J’ai essayé les dernières Peugeot. Elles se dandinent latéralement sur leurs suspensions ce qui leur donne, à mes yeux, un comportement routier incertain. Les allemandes tiennent la route mais sont d’un confort sec. Je ne connais que Citroën qui soit capable d’associer adhérence et souplesse, comme si la roue avait sa vie propre sans rien transmettre à la caisse mais qu’une main d’acier la collait au bitume. Le réseau routier n’est pas fait que de lignes droites. C’est une des rares marques qui offre la possibilité d’accélérer dans les virages.

 

Un dernier rappel (pour ceux qui l’aurait oublié) : lorsque sur la route, vous voyez un cadran « pédagogique » à affichage digital qui vous indique votre vitesse, c’est qu’il y a un radar automatique caché pas loin derrière. Il paraît que personne ne le sait et que depuis janvier l’augmentation des amendes est de 14% avec leur mise en service !

 

11 octobre 2012

Vers une consommation de 2 litres aux cent semble être l’objectif à moyen terme des constructeurs en incorporant s’il le faut de l’électrique qui se recharge en roulant ; tel est le message du Mondial. La consommation de pétrole devrait diminuer, ce qui permettra de le vendre plus cher sans déclencher l’irritation des usagers. Par ailleurs, c’est magique : un grand pétrolier français propose des lavages à 10 euros. Hé, bé, ils ne se mouchent pas avec le pied. Je réalise cette prestation en station pour 2 euros : 1 pour la mousse, 1 pour le rinçage et quelques kilowattheures pour l’aspirateur. On atteint là les limites de justification d’un service de luxe, plutôt mal adapté en temps de crise. Qui paierait aussi cher pour ce qu’il peut faire avec un peu d’huile de coude ? Autre message publicitaire, celui de l’assureur AXA, simpliste comme il se doit : le bon conducteur sifflote tandis que le mauvais apostrophe "avance bon sang" avant de déclencher un horrible bruit de tôles froissées. On oublie un peu vite qu’en matière de conduite sécurisée, lambiner ne constitue pas la réponse idéale à toutes les situations. Parfois il faut accélérer énergiquement pour dégager la chaussée de l’obstacle que l’on forme pour les autres. Je vais prochainement publier un article sur le thème de la vitesse. J’espère faire tomber quelques a priori et autres bourrages de crânes, en tout cas… faire réfléchir.

 

02 octobre 2012

La voiture est une prolongation de nous-mêmes. Nous y entassons nos affaires, nous protégeons sa carrosserie comme notre peau et son identité est notre identité (au point que nous acceptions mal les critiques sur son état). Comment imaginer une civilisation sans voiture ? La « Journée sans voiture » est vraiment un gadget. Nous en aurons toujours besoin pour le travail, les courses ou les loisirs. Efficacité de la vignette verte de Dominique Voynet ? Combien a-t-elle coûté déjà ?

 

L’étiquette est vraiment française. Lorsque vous êtes catalogué, difficile d’en réchapper. Les français aiment-ils vraiment la liberté ? Ne leur fait-elle pas peur ? Le dirigisme d’Etat continue sa progression. Après le contrôle du comportement routier par de l’argent et un compteur à 12 points, l’Etat va imposer une consommation d’électricité et de gaz en fonction de votre foyer. Si vous dépassez ce qui vous a été imposé : malus, vous payez plus. Si vous économisez : bonus, votre facture baisse. Après nous avoir incité à manger cinq fruits et légumes, à arrêter de fumer et de boire, c’est-à-dire à essayer de modifier nos comportements en touchant à notre porte-monnaie, l’Etat nous demande désormais de boycotter Hyundai. Je suis curieux de voir jusqu’à quelles normes (de normalité) la crise nous conduira. Pour autant un certain patriotisme aurait du bon. Il va vraiment falloir s’organiser mieux.

 

Avalanche du Manaslu et les 6 français disparus… je préfère ne pas commenter ce fait divers car me vient un sarcasme qui pourrait choquer. Je confie le moins possible ma vie à la nature mais à ma voiture oui, d’où l’importance de son entretien. Connaissez-vous la dimension de la surface de contact des pneumatiques sur l’asphalte ? 4 cartes postales. Ca vaut peut-être le coup de ne pas faire n’importe quoi. Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter cette photo qui depuis 1975 m’a toujours impressionné :

 

  

Pneu Michelin sur Peugeot 404... à 80km/h. Seulement.

 

21 septembre 2012

N’oublions pas qu’à un feu, on s’arrête à l’orange et non pas au rouge, contrairement à ce que tout le monde croit (j'ai sondé). Le Code de la Route (article R412-30 / décret nº 2003-283 du 27 mars 2003) est précis sur ce point : le feu Orange est le feu d’arrêt afin qu’au feu rouge le carrefour soit vidé de ses voitures. Ca fait une sacrée différence ! D’où la confusion habituelle avec la maréchaussée : monsieur, vous avez grillé le feu / non je suis passé à l’orange / c’est bien ce que nous disons : s’il vous plait 135 euros (classe 4), moins 4 points et tribunal pour suspension de permis.

 

Tout devient automatique et nous échappe : les radars de feux, la conduite, l’ouverture centralisée des portes (voir la pub Ford Fiesta « c’est toi qui a les clefs ? »), les prélèvements de divers fournisseurs qui provisionnent nos factures et les placent s’assurant ainsi une trésorerie sur notre cécité. Nous sommes envahis par ce que j’appelle La Torpeur. Nous ne sommes plus maîtres de nos vies. Pris en charge, conseillés, censurés, manipulés, réprimandés. Avec des comportements qui s’inversent : désormais celui qui arrive, a la priorité sur celui qui est déjà là. Les vélos circulent sur les trottoirs (alors qu’ils devraient être tenus en main), les entrées d’autoroutes sont considérées comme prioritaires et si vous ne laissez pas passer - tout simplement parce que l’on vous double -, vous vous faites klaxonner. Que dire dans les ronds-points de l’absence de clignotants de celui qui vire et bloque la file qui attend de connaître son cap ? Sans oublier ceux qui s’y stationnent pour téléphoner ou la police qui y fait ses contrôles ! Des droits mais plus de devoirs. Si le droit vient de l’extérieur, le devoir, lui, est enclenché par notre choix. J'ai noté que souvent le devoir personnel donnait un droit à autrui : comme par exemple laisser traverser un piéton.

 

Voilà pourquoi je crois à l’altérité, au pouvoir de dire non même par humeur passagère. Et du coup je crois au OUI. Je crois à la propriété privée car que partagerons-nous lorsque tout appartiendra à tout le monde ?

 

14 septembre 2012

Autonomie et mutualisation me semblent être des pistes porteuses. La centralisation des ressources génère trop de dépendances dont des coûts de transports. Demain, les voitures, les maisons fabriqueront leurs propres énergies. Peut-être même communiqueront-elles sur leurs besoins ? Non plus une organisation en rayon partant d’un centre omnipotent mais une organisation circulaire comme un périphérique, par village, quartier ou cellule familiale. On le prédisait.

 

Après en avoir fourni depuis plus d’un siècle, la nature a besoin en retour de l’énergie humaine. Le bénévolat est déjà une force installée : c’est incroyable tout ce qui peut être réalisé par passion. Il faut juste canaliser cette énergie. Cela revient à rééquilibrer nos vies : non plus consommer, avaler, dépendre, être assisté (je ne parle bien sûr pas des absolues nécessités) mais produire, donner, entreprendre, participer plus. Dans tout partage, je crois indispensable la notion de réciprocité. Celui qui donne son temps, son argent, ses idées, s’investit (sur un forum ou ailleurs), crée des emplois, devrait être chouchouté et non conspué.

 

La presse doit cesser d’utiliser le réel pour faire passer ses névroses : lorsqu’elle n’a aucun fait nouveau à exposer, elle fait parler le voisinage. Quant à ses caricatures ou ses amalgames… je ne vois pas le rapport entre un emprunt de raclettes par une salariée de l’entretien à l’usine PSA de Valenciennes, son licenciement contesté et la fermeture du site d’Aulnay.

 

Arrêter le production du Diesel ? Cette proposition risque de mécontenter en absence d’autres solutions économiques. Dans ces conditions, vendre 10.000 euros un Diesel 75x100 d’utilitaire Citroën, rouillé qui plus est, relève de la gageure. Ce n’est plus qu’une pièce de musée tout juste bonne pour la vitrine.

 

05 septembre 2012

Il est bien sûr intéressant de savoir que la direction à crémaillère sur Traction est apparue en mai 1936. Mais je n’en suis plus là. C’est une donnée. Ce qui m’intéresse depuis 2006, depuis le début en fait, ce sont les programmes qui gèrent les données, c’est-à-dire le niveau du dessus : savoir pourquoi Citroën a opté pour la direction à crémaillère. Voyez-vous la nuance ?

 

Je fais la différence entre ce que j’appelle l’érudition et la culture. Sans doute utilisais-je mal les mots. L’érudition ou bibliothèque remplie de tiroirs, c’est savoir que « Victor Hugo est né en 1802 et mort en 1885 ». La culture, c’est savoir que « Victor Hugo a été le chef de file du romantisme, un courant littéraire prônant l’importance des sentiments et des sensations sur les codes » (et peu m'importent les dates à condition qu’on sache qu’il s’agit de la fin du XIXème).

 

J’essaie d’aller au-delà des certitudes des données. L’un de mes programmes est le respect. Voilà pourquoi je suis capable d’apprécier des personnes qui ne pensent pas comme moi (données différentes) mais qui applique un programme similaire de respect. Comme un Philippe Tesson, je me demande toujours avec curiosité : pourquoi ne suis-je pas comme autrui et lui comme moi ?

 

Alors je respecte tous les choix. Mais je n’ai pas choisi la Traction Avant pour briller à son volant, la modifier à mon goût ou exposer mon goût. J’ai choisi la Traction pour la faire découvrir au monde telle qu’elle est, avec ou sans défaut. Je n’ai nul besoin de la recréer, plutôt de la comprendre. Pourquoi changerais-je son identité ou son comportement ? Ce n'est pas en mettant des pièces de DS dans ma Traction que je vais me rapprocher des passionnés de DS. C’est par la confrontation de leur différence que naissent l’intérêt, la passion et la culture.

 

Voilà pourquoi même si ce n’est qu’une donnée, le diminutif de "Tracbar" blesse mes oreilles. Sa terminaison est sensée amoindrir ou vulgariser : comme « smicard, nibard, slibard ». Il y a là-dedans une distanciation, une rigolade un peu méprisante, en tout cas une absence de beauté. La Traction est populaire, certes. Pour moi nul besoin de programme de vulgarité pour la vulgariser...

 

28 août 2012

Hommage à internet :

On a oublié qu’une idée était plus forte qu’un mot, plus forte qu’une action, plus vivante qu’un nom.

 

Cette idée, c’est la liberté : liberté d’exister, liberté de parole, liberté de discernement. Internet est son instrument. Grâce à lui, qu’elle continue sans entrave et sans faux sage, à se propager sur la toile !

 

25 août 2012

Après l’éthylotest à la durée de vie limitée (il ne supporte pas les habitacles surchauffés), voici la mise en place de radars de tronçons, encore une belle ineptie qui me fait voir les prémisses de la voiture entièrement automatisée. Vous avez tous vécu ces violents coups de freins à la hauteur des radars fixes classiques et la soudaine fluidité retrouvée après leur franchissement. Souvent le ralentissement est excessif, atteignant 10 parfois 15km/h en deçà de la limite autorisée et provoquant un danger certain si l’on n’est pas attentif.

 

Avec le radar de tronçon, que va-t-il se passer ? Allons-nous voir une cohorte de véhicules se stationner en urgence pour laisser s’écouler le temps qui correspondrait à la vitesse moyenne autorisée ? Un vrai rallye de régularité comme le Monte Carlo !

 

Je note une fois de plus que les riches détenteurs de véhicules récents équipés de régulateur de vitesse seront privilégiés. Je règle à 89km/h et je roule sans soucis. Et tant pis pour celui qui doit garder un œil sur son compteur. C’est d’ailleurs vers cela que nous nous dirigeons : une conduite régulée par touchpad, une file de voitures à même distance roulant à la même allure comme les wagons d’un tramway avec interdiction de doubler. Ainsi il n’y aura plus de vies sacrifiées.

 

Il faudra encore régler d’autres problèmes de mortalité en France : les infections nosocomiales (4.200 décès par an), les suicides (11.000), la maladie d’Alzheimer en forte progression (17.000), le diabète (32.000), les maladies cardio-vasculaires (149.500) et le cancer (161.000). Entre 2000 et 2008, les accidents de transports ont baissé de 46%. Statistiques intéressantes. Quelle est en proportion la part d’investissement de l’Etat pour chacune de ces catégories ?

 

On finira bien par mourir un jour…

 

13 août 2012

Ouf, les JO sont terminés avec 11 d’or. Il y avait surexploitation des temps d’audience au détriment de la culture. Vous l’avez compris, je ne suis pas fan de la médiatisation du principe de compétition. Le dépassement de soi, oui. Gagner, être le meilleur, « performer », ne m’intéresse guère. Cela étant si la guerre des stades pouvait remplacer celle des rues, je préfèrerais. Par contre le rendement m’intéresse. Vous avez tous vu la publicité du sponsor EDF. Quelle énergie dépensée à Londres, sans compter les entraînements ! S’il était encore de ce monde, Gabriel Voisin nous aurait inventé des JO écolos avant l’heure où chaque athlète aurait fourni autant d’énergie qu’il en aurait dépensée : facile d’adapter des dynamos sur les cyclistes, les coureurs ou les rameurs, un peu plus difficile pour le lancer de javelot ou la natation… Il avait proposé le calcul suivant, curieux au demeurant : au rapport poids / puissance / personnes transportées, le rendement d’une bicyclette est bien meilleur que celui d’un autocar. Pour le vélo du tour de France : 6,8kg minimum par personne. En extrapolant, un autocar de 52 places devrait peser 354kg… au lieu de 14t. Il y a matière à progrès. Peut-être vaudrait-il mieux plus de pistes cyclables que de lignes de tramway ? God save petite Reine de la route ?

 

Angleterre toujours mais chevronnée : coach Rosalie, splendide berline 11A 1935, berline SM, beau roadster Traction de couleur crème, deux autochenilles originales, 6 voitures manquées.

Que du bonheur.

 

07 août 2012 :

J'ai supprimé l'article "Qualitrac qualité des pièces Traction" sur ce blog. Personne ne m'y a forcé. En fait, les tractionnistes sont d'incorrigibles râleurs lors des salons - les pièces se montent mal, il faut les renvoyer, ça coûte cher, etc. - mais lorsqu'on demande des précisions techniques sur les malfaçons, même en garantissant l'anonymat, c'est la volée de moineaux ! Chacun se terre de peur des représailles : hein, si jamais on me reconnaissait !!

 

Le fait générateur ? La fermeture d'un forum 2CV suite à une plainte pour diffamation. Dès lors, la psychose enfla : sur les forums Citroën, personne n'osait plus citer le nom d'un professionnel de la pièce détachée, de peur de voir disparaitre sa précieuse tribune. On poussait le ridicule jusqu'à effleurer ou déformer un nom. Les modérateurs, mal informés, ne voulaient courir aucun risque. Il y a pourtant une grosse différence entre haranguer "ce vendeur est un voleur, haro sur son catalogue" et poster "j'ai acheté telle pièce à tel marchand, impossible à monter pour telles et telles raisons". Le premier message est litigieux, le second est permis et souhaitable. Mais voilà : irrationnel et fausse pudeur (et non les faits) mènent le monde. C'est d'ailleurs grâce à cela que les marchands d'optimisation font leur beurre. Considérant que la qualité règne, que le sujet n'intéresse personne (aucun mail reçu), je l'ai donc archivé, cela me fera de la place pour d'autres publications...

 

On trouvera bientôt tout sur internet. Tout le monde ayant accès aux informations, il y aura donc multiplication d'acheteurs et hausse prévisible des prix pour les pièces rares. Finalement tout sera sur internet mais personne ne possèdera plus rien. Le seul à posséder sera celui doté du portefeuille le plus garni, de l'ordinateur le plus puissant équipé du logiciel de recherche ultra-rapide pour être le premier. Mettra t-il gratuitement à la disposition de tous ce qui lui aura coûté une fortune ? L'avenir le dira...

 

27 juillet 2012 :

De la Franchouillerie… ce n’est pas moi qui en parle mais lui et ici :

http://www.traction-avant.com/forumsn/viewtopic.php?id=5977

 

Dommage parce que ce Hot Rod jaune citron me semblait une belle réalisation, certes iconoclaste. Dans les tous débuts de ma passion, il tient une place particulière. Il m’avait impressionné et encore aujourd’hui je serais ravi d’arriver à son volant prêté ou même possédé, dans une concentration. Je le préfère nettement au 4x4 Toyota Traction et à toutes les tractions hâtivement remises en route que j’ai croisées. J’ai toujours le n°5 du magazine Customania qu’adolescent, j’ai acheté fin juin 1984 et qui le décrivait.

 

 

Je ne serai pas à l’ICCCR en Angleterre. Après mes vacances au Mexique, mon budget n’est pas extensible et j’aurai repris mon travail. Avec 1629 véhicules enregistrés à quinze jours du début, nous sommes loin des 4000 à Clermont-Ferrand. Le mouvement s’essoufflerait-il ? Je manquerai une possible balade en Ecosse, pays que j’affectionne et qui aime la France révolutionnaire. Je ne connaitrai pas ce sentiment quelque peu orgueilleux du « j’y étais ». En contrepartie, j’échapperai aux prix subitement devenus déraisonnables (je n’ai jamais réalisé mes meilleurs achats lors d’un ICCCR), aux produits dérivés qui finissent couverts de poussières et dont on se demande quelle impulsion a commandé leur achat. Je ne paierai pas pour faire le spectacle. Je manquerai quelques amis que je reverrai plus tard (mon mail reste ouvert à ceux qui voudraient faire connaissance). Je ne perdrai pas en commission de change d'une économie qui se méfie de l'Euro. Je n’aurai pas la sensation déroutante de conduire à gauche. Je ne dévorerai pas le bacon au petit-déjeuner. Je ne photographierai pas les finitions luxueuses cuir et boiserie des Tractions british. Mais grâce à internet, avenir de la presse, j’aurai mon "stand" virtuel sur vos téléphones portables. Bonne route !

 

20 juin 2012 :

Nous sommes en 2012. Nous sommes considérés comme des êtres modernes, évolués. Regardez les quelques photos ci-dessous. Comment pouvons-nous vivre dans des villes aussi crasseuses ?

 

       

 

Décrétez qu’un endroit est public et jamais vous ne le verrez s’améliorer côté propreté. Chacun laissera sa trace, parfois à plaisir. Je n’oublie pas les détritus abandonnés sur les bords des routes (bouteilles, sacs, paquets de tabac, etc.) ou de la vitre qui s’abaisse pour laisser échapper un mégot même pas éteint. Il n’y a pas de quoi être fier de ces comportements, du laisser-aller, du manque de civisme. Pourquoi ? C’est inexplicable. Tribalisme, barbarie, déficit d’éducation, penchant naturel peut-être ? Décadence, certainement. Qu’entends-je : nous serions trop occupés par nos petites existences pour ne plus faire attention à nos lieux de vie ? Foutaises. De toute façon, nous allons bientôt vivre dans les détritus, manger des détritus (sans le savoir), respirer des détritus :

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/le-7e-continent-de-plastique-ces-tourbillons-de-dechets-dans-les-oceans_1696072_3244.html

 

J’en conviens, il y a plus grave (surtout lorsque deux vies ôtées ont la valeur d’un sac à main). La propreté, ce serait pourtant un bon début, ce devrait être le socle de l’Homme Moderne. Cette réalité m'oblige à réfléchir à l’écologie : ce n'est plus un concept farfelu. Je crois qu'on peut adapter nos passions. En ce qui me concerne, trop petite fourmi dans cette fourmilière pour un combat qui nécessiterait plus d’une vie (je ne peux être seul à nettoyer tandis que 200.000 salissent), j’ai décidé de ne pas aggraver, de fuir ce type de laideur et de me mettre au service de la beauté. Ce blog en est une composante. Mais la beauté ne va pas sans le Savoir. Et pour rester dans le thème, celui qui sait est à même de distinguer une Traction bien restaurée d’une autre seulement restaurée pour rouler. Sa valeur sera supérieure pour celui qui sait ou veut apprendre. Comme notre modernité actuelle (nouveaux médias) s’appuie sur l’extension du Savoir, on peut supposer que les valeurs de beauté et de rareté vont progresser. Reste le travail pour y arriver, plus difficile à activer et à valoriser. Travail et motivation sont des pistes d’avenir.

 

02 juin 2012 :

C'est la période barbecue : en grande surface, un sac de charbon de bois offert pour un acheté. Ah, si j’avais un gazogène, j’en aurais fait un stock ! Toujours cette emphase qui couvre les radios de ridicule et tente de nous maintenir artificiellement sous une dépendance affective : une simple remarque d’auditeur est aussitôt qualifiée de « colère » par le journaliste. Qu’est-ce que ce sera lorsqu’on aura une vraie colère ! On nous fait patienter 20 minutes (dont 10 de pub) sur un fait divers de conduite à 240km/h avec une « surprise étonnante » pour les gendarmes. Passionnante surprise en effet : il s’agissait juste d’un conducteur de 15 ans. Après les élections, la télévision ne nous passe que des témoignages de succès et d’optimisme. Miraculeusement la crise a disparu. Le prix de l’essence a baissé. Les beaux jours sont revenus… alors roulons !

 

20 mai 2012 :

Quelques notes en vrac après mon aller et retour de 1800km par les nationales vers l’Ardèche.

 

Le centre de la France m’a paru pauvre et délaissé. En contrepartie, j’ai découvert quelques vestiges. A Saint-Pourçain (Allier), on a beaucoup débattu de la qualité du vin mais personne n’a évoqué le beau petit garage Citroën de style années 20 abandonné en plein centre-ville. Encore du patrimoine à sauver. Le voir dans la rubrique Javel 1918-2018.

 

Citroën et le Double Chevron qui précède la DS5 sur les Champs-Elysées : toujours là malgré les intempéries...

 

Je reviens sur Internet et là toutes ces miniatures à vendre issues des fabrications Atlas, Altaya et autres Hachette forment une véritable pollution visuelle. Il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser. Allez, valeur : un euro pièce.

 

D’après ce que je lis sur les forums, la carte grise de collection, différente des CG normales, suscite toujours la peur puérile de fichage et de taxation spécifique. Dans un accès schizophrénique, le français rêve d’être unique, de se démarquer au volant d’une voiture ancienne mais craint les signes extérieurs de richesse qui pourraient attirer le fisc. D’abord que l’on se rassure, le fisc se moque bien des anciennes. Par contre il s’interrogera si vous déclarez un revenu minimum et que votre nom figure sur quatre cartes grises. Ensuite ce fichage tant décrié est pourtant utile à la FFVE pour recenser ses affiliés et s’appuyer sur cette force pour contrecarrer les lois européennes plus écologiques que patrimoniales. Peut-être faudrait-il se souvenir que la CG de collection est une exception française. La rejeter sans discernement et de façon irrationnelle, c’est faire reculer notre cause. Ajoutons que le fichier des cartes grises donne lieu depuis l’après-guerre par l’Association Auxiliaire de l’Automobile (privée et dépendante des constructeurs) et depuis 2011 par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (publique celle-là) à une commercialisation de nos données personnelles. Ce débat est l’arbre qui cache la forêt : chaque ticket de caisse, promotion Leclerc ou Carrefour, carte accréditive, souscription d’abonnement ou quelconque achat sur internet vous fichent mieux qu’une police d’état et là personne ne proteste. Le principe de redevance TV devrait vous faire bondir : c’est à ma connaissance le seul cas où il faut justifier devant l’Etat de la non-détention de quelque chose ! Alors quelqu’un peut-il rassurer les enfants ? Il n’y a pas de croquemitaine caché dans l’armoire...

 

05 mai 2012 :

La 2CV de M. Brioult (célèbre dans notre petit monde pour la rédaction de deux tomes sur le bureau d’études Citroën en 1987), la dernière produite en France, a été volée et retrouvée brûlée, apprend-on sur les forums. Cet événement a semble t-il accéléré la fin de ce grand journaliste. Comme je le disais (et l’ai maintes fois constaté) sous son masque revendicateur de justice sociale, de liberté, ce pays en réalité crève d’envie et de jalousie et c’est assez préoccupant. Ce sentiment exacerbé se double d’une colère qui peut aller jusqu’à "l’autodestruction". Comment dire au pays que nous ne sommes pas tous égaux, que certains triment pendant que d’autres se reposent, ou épargnent pendant que d’autres dépensent ? Quel fléau que ce sentiment d’infériorité infondé ! Je ne crois pas au partage de l’argent mais je crois à celui des valeurs morales (aide, savoir…), du bénévolat et du temps.

 

La cohésion d’un rallye de Traction composé d’une file de voitures ne se fait qu’à une seule condition : que le conducteur qui est devant ralentisse lorsqu’il ne voit plus celui qui est derrière. Avec cette méthode, je n’ai perdu aucune voiture sur la route, même lorsque nous étions 80 en convoi. Si nous protégions autrui plus que nous-mêmes, nous serions protégés et il n’y aurait pas toutes ces luttes fratricides et ces actes désolants.

 

29 avril 2012 :

C’est la crise. Résultat : demain, nous aurons le devoir d’être pauvres. Sur une radio nationale, ils offrent des pleins d’essence, c’est dire ! Enfin je vois que les restaurants ne désemplissent pas et que les réservations aux sports d’hiver n’ont pas accusé de baisse significative. Allez, préparons les vacances. Je viens d’aller visiter le site www.traction.fr, notamment le périple en Argentine via un voyagiste. De très beaux paysages et de belles photos, de beaux barbecues dans la nature et des baroudeurs barbus mais où est la culture argentine ? Je vois que les chemins empruntés ne sont pas adaptés aux Tractions : pistes caillouteuses, boue, plages. Plusieurs voitures embourbées et quel taux de casse : plusieurs crevaisons dont un pneu troué (usé à la corde), voiture échouée roue pendante, soucis mécaniques (moteur et boîte), aile arrachée (phare ôté), réservoir arraché, rafistolages d’étanchéité au scotch, pot d’échappement changé, tube obligé de passer le long de la caisse, batterie changée, sans oublier les mesures de protection des voitures. Je ne sais pas si on peut appeler cela des vacances. C’est plutôt une sorte de rallye-raid qui privilégie les kilomètres avec des Tractions transformées en 4X4 tous terrains. Je comprends mieux la fierté de photographier sa Traction maculée de boue. Disons que l’Argentine m’intéresserait mais pas qu’en mode souffrance. Enfin… avant la fin du monde fin 2012 (je plaisante), je vais réaliser un vieux rêve. Sans Traction mais pas sans passion. Peut-être ensuite rachèterais-je une Traction ? Conduire une de 1942 ou de 1945 toute d’origine non repeinte… voilà que cela me reprend au moment même où un ami m’envoie cette vidéo qui montre la fabrication d’un pétrole vert. Les Tractions sont sauvées !

 

http://www.bioenergie-promotion.fr/10428/bfs-convertit-le-co2-industriel-en-petrole-avec-des-microalgues

 

14 avril 2012 :

Bien sûr que les fuel cat, fuel star (anti-redéposition !), les Eclator et autres Multic (allumage électronique) sont de la poudre de perlimpinpin. Tout comme les autres dispositifs de type embrayage à diaphragme ou circuit 12V. Ils ne servent en définitive qu’à pallier une restauration ou un entretien approximatifs, à générer un business de « remise à niveau » des voitures anciennes (je n’y vois nul autre intérêt que l’argent) ou au mieux à traiter l’angoisse du tractionniste de tomber en panne… à cause de l’entretien approximatif. Si les Tractions avaient eu besoin de ces dispositifs, croyez-vous que Citroën première firme automobile avec son bureau d’études qui n’était pas aussi soumis au commerce, ne les aurait pas adoptés ? Ces moteurs sont conçus robustes, simples, avalant n’importe quel mélange, jusqu’à 30% d’alcool. C’est rendre hommage à la mécanique que de les maintenir dans un bon état de fonctionnement.

 

Autre sujet : méfiez-vous vraiment des poids lourds sur la route. L’actualité récente a montré leur danger. Rappelez-vous qu’à rapport poids-puissance équivalent, les freins d’un poids lourd sont très surdimensionnés. Sur autoroute, inutile de surgir à 130km/h derrière un camion qui double un autre camion : ils plafonnent à 90km/h. Combien n'y pensent pas ! Dès que je pressens une telle manœuvre, je freine par réflexe conditionné.

 

En 2004, pour faire demi-tour, un camion a brusquement coupé la double voie sur laquelle nous le doublions à 100km/h. C'est comme si un mur s'était dressé sur la route. Devant moi la voiture percutée par la cabine a fait un tonneau. Celle derrière moi s’est encastrée sous son pare-choc. Je n’ai dû ma survie qu’à un réflexe foudroyant d’accompagnement de la manœuvre sur son flanc. Hier encore un camion déboitant devant mon capot a failli me serrer contre la glissière de sécurité : mauvaise appréciation du routier et décision dangereuse. Alors s’il vous plait, ayez le réflexe : poids lourd = danger.

Et bonne route.

 

07 avril 2012 :

 

Dans l’est de la France, c’est un lapin* qui amène les œufs de Pâques et non une cloche.

 

Amusant, en ce moment, on peut entendre une publicité financée par le ministère de l’Agriculture : "mangez du lapin, c’est rien que du plaisir". Bin oui les gars, comme manger de la viande ou des légumes ! C'est la pub la plus nulle de 2012. On nous prend vraiment pour des lapins de 6 semaines…

 

Je sais d’où viennent les bénéfices de Total : de tous ceux qui critiquent un des fleurons de l’industrie française pour sa légèreté écologique et qui continuent à faire leur plein dans les stations-service les plus chères de France, appâtés par les points et autres cadeaux absolument inutiles. Dans ma ville, deux stations auparavant très compétitives viennent d’être rachetées par Total. Si je veux de l’essence pas chère (aussi efficace pour nos moteurs modernes), je dois rouler plus loin. "Vous ne viendrez plus chez nous, par hasard", qu’ils disent. S'ils en mettent partout, c'est certain ! A quand le monopole ? Heureusement le hasard faisant bien les choses, il n’y aucune chance pour que j’y vienne. Désolé, messieurs, si je vous pose… un lapin.

Bonnes Pâques à tous !

 

*lièvre

 

12 mars 2012

 

J‘ai été parfois moqué sur les forums à cause de mon souci de préservation de l’état d’origine des véhicules. Si je suis aussi "conservateur", c’est que je ne vois pas comment on peut se dire passionné de voitures anciennes et faire passer l’usage avant le caractère d’ancienneté du véhicule. J’ai toujours envie de demander : si l’ancienneté de la pièce n’est pas prioritaire pour vous, pourquoi ne roulez-vous pas dans une voiture actuelle ? Pourquoi celle-ci et pas une autre plus fiable ou plus facile à entretenir ? Pour moi, la passion se définit d’abord comme un intérêt porté à la chose, c’est-à-dire mon choix pour cette chose, et non pour ce que je vais en faire. D’ailleurs, ce choix me définit... La définition de « passionné de Traction Avant » n’est-elle pas de demander autre chose à sa voiture que de « savoir rouler » ? Pour moi, l’ancienneté va avec le patrimonial, car c’est bien sa définition d’objet dont on a décidé la conservation à divers titres au lieu de le jeter. Il y a d’ailleurs un côté sacré à cela : c’est précieux, on n’y touche pas, on ne veut pas le recréer, on considère que cela fait partie de la mémoire commune à protéger pour pouvoir y revenir. Protection : voilà un beau mot. Je suis assez progressiste mais je ne vois pas comment on peut l’être avec un patrimoine qui est l’anti-progrès ou l’anti-création par excellence. Et pour finir je dirais que le patrimonial va avec la connaissance. Celui qui ne connait pas sa Traction peut remplacer la dynamo par un alternateur ou un circuit 6 par un 12V parce qu’on le lui a conseillé, perdant ainsi le témoignage du vécu. Tout le sel de cette passion est de nous obliger à mieux connaître la voiture (pour finalement mieux se connaître ?), pas de consommer de la fiabilité. Pour moi, moderniser une ancienne est vraiment un non-sens. C’est une frime que de se prétendre amoureux d’un certain art de vivre au volant d’un carrosse dont au fond on rêve qu’il soit aussi performant que la dernière Mégane. C’est aussi une facilité. Comparer une pièce de 1939 à une pièce de 2009 et déclarer que « ça marche mieux en 2009 », c’est le degré zéro de la passion ! Sans d’ailleurs réussir à prouver que la pièce de 1939 sera moins efficace que celle de 2009, les conditions de circulation s’étant largement améliorées. A ce propos, arrêtons de pleurer sur la multiplication des ronds-points. On a oublié que les routes anciennes étaient pavées, bombées, glissantes et mal éclairées.

 

Donc je suis d’accord pour de la création, du revival mais pas avec du patrimoine. Ou alors soyons réellement modernes, recyclons l’acier de ces vieilles ferrailles dépassées et réinventons l’automobile de demain.

 

06 mars 2012

Le combat rail-route qui faisait rage dans l'entre deux guerres* vient de s’achever par la victoire de la route.

Après les grèves, les retards ou les évolutions d’horaires qui bouleversent les correspondances (j’ai connu des 1 heure d’attente entre deux trains), on l’a vu hier le train n’est décidément pas fiable. Panne, fumée, le train s’arrête en rase campagne. Pas de message d’alerte, communications inexistantes, les équipes techniques discutent de ce qu’il faut faire en prenant le temps nécessaire (principe de précaution), il faut rapatrier des équipes de garde, difficile de quitter les voies car tout est grillagé, le train se refroidit, le piège s’est refermé, 11h pour faire Amsterdam-Paris… on dort dans les wagons.

 

Un malaise, une rame de RER s’arrête, des voyageurs bloqués s’impatientent et s’enfuient dans les tunnels, on coupe l’électricité, cela bloque d’autres rames, la désorganisation s’étend.

 

Entre ma ville et la capitale : 150km. L’aller et retour en train (ligne directe) : 64 euros pour 2x45 minutes et si vous prenez le train (ex) Corail, c’est 52 euros pour 2x1H50 de trajet.  

J’ai fait mon calcul avec ma voiture pour 1H30 d’autoroute aller et 2H00 retour par la nationale, péages et essence compris : 42 euros. Et 30 euros si je ne prends pas l'autoroute...

 

Un dernier détail tout bête : quand vous descendez du train, vous vous retrouvez à pied.

 

Personne ne s’étonnera que je préfère ma voiture. Le rail est vaincu !

 

*période qui me passionne.

 

3 mars 2012

Il y a beaucoup de paroles ou d’actes que j’ai, je l’avoue, un peu de mal à comprendre :

-        La mère de famille qui traverse, landau en avant, en pleine circulation.

-        La famille d’un disparu qui réclame un procès pour "faire son deuil" (comme si la justice guérissait de tout)

-        L’annonce comme quoi on va taxer les plus riches : cela va t-il donner du travail aux plus pauvres ? Il y a manifestement un gros problème de jalousie et d’envie dans ce pays. Il ne s’agit pas de justice sociale : la justice sociale c’est demander pour soi. Il s’agit de récriminations envers une catégorie de la population gagnant un revenu supposé indûment attribué. Indûment ? Par qui ? En quoi cela me regarde t-il ? Suis-je au conseil d’administration ? Est-ce que je perds un centime au moment où l’on donne un million à un grand patron ? Ma réponse est non. C’est à moi de me faire remarquer par la qualité de mon travail. Je n’ai pas envie de me définir "pauvre" par rapport à un "riche". Et puis je n’oublie pas que le "riche" consomme plus que moi et qui sait, peut-être un jour m’embauchera t-il ? Toujours ces pleurnicheries (pourquoi moi ?) ou ces crises revanchardes (pourquoi pas moi ?) indignes d’un pays moderne comme la France...

-        Le principe d’état providence : on ouvre le bec et ça tombe tout cuit ! Licenciements, crues soudaines, incendies de forêts : c'est la faute à l'état-mère qui n'a pas su nous dorlotter, nous border comme des enfants. Quand donc grandirons-nous ?

-        Le désespoir des salariés qui se plaignent d’être licenciés après 40 ans de boutique. Je comprends leur souffrance mais je constate un gros décalage entre leur façon de penser et la réalité du monde économique. Toujours cette distorsion entre le ressenti et le fait. Faut-il rappeler que le monde change ? Je ne sais pas de quoi sera fait demain et même si je souhaite la pérennité, elle n’est pas du tout acquise.

 

Tous ces archaïsmes me rendent quelque peu mélancolique. Allons nous promener.

 

26 février 2012

Je suis partagé.

Partagé entre l’habitude de retrouver prochainement les acteurs du monde de la voiture ancienne et une envie de changement. Je sais que dans ce monde qui ne souffre pas la nuance, dire cela c’est déjà s’éloigner. Mais la réalité c’est que je suis vraiment partagé. Je me suis fait plaisir au volant de ma Traction pendant dix ans de 1996 à 2006. Je n’en rachèterai pas d’autre. Au prix où sont l’essence, les assurances, les pièces détachées, ce serait un luxe déraisonnable. Comme tous les luxes, ces véhicules coûteront de plus en plus cher. Où trouver les fournitures carbonées pour les faire fonctionner ? Les pipes d’échappement, les culasses en fonte : en Chine, en Inde, en Europe de l’Est ? Il y a déjà dans une certaine mesure, polémique sur la qualité des chemises-pistons fabriquées avec de l’acier à ferrer les ânes. Les passionnés s’organisent et recréent un réseau social sur les forums, où l’on s’échange les bons tuyaux, les trucs mécaniques. Je m’aperçois que les véhicules présentés en grande pompe par leur propriétaires fiers de leur acquisition finissent par tomber en panne, « ratatouillent », roulent avec des bielles coulées. Désormais pour moi, trop d’effort et trop de dépenses pour un plaisir limité. Je préfère le volant de ma C3 moderne qui glisse en silence comme le vent. Economique, fiable, confortable, bien conçue. Citroën m’a envoyé un courrier pour me demander de la ramener en concession. Il y a risque de calage, me dit-on, il faut modifier les réglages de l’allumage. Je ne sais même pas si je vais m’y rendre. J’ai bien compris que cette auto chargeait mal. La clim plus un CD de musique plus les phares la nuit et la batterie n’en peut plus. Moyennant une gestion électrique rigoureuse, ma C3 ne m’a jamais lâché. Elle a dû caler à froid deux ou trois fois depuis son acquisition. Alors j’irai au salon de Reims en C3 mais mon passage sur les stands sera rapide. Comme c’est curieux, j’ai soif de nouveauté et d’intelligence…

 

22 février 2012, premier message de ce blog

 

Bonjour,

Suite à la vente de ma Traction et au développement de mon site Traction lancé en 2003

"www.tractionavant1934.com", j’ai compris l’importance d’Internet dans les échanges entre passionnés. Je m’étais donc inscrit sur plusieurs forums dès 2005, menant en parallèle une petite étude sociologique. Voici mes conclusions 6 ans après :

 

Dans les messages postés, j’ai d’abord constaté une faiblesse dans l’argumentation, celle-ci étant souvent due à la méconnaissance du sujet (et/ou un désintérêt relatif) remplacée par l’expression d’un ego ou d’un sentiment d’infériorité. Le débat s’alourdit et piétine, enrobé d’un manichéisme (bons contre méchants) qui exclut les nuances ou prive de liberté de ton. Le fait devient un ressenti et le ressenti devient une vérité.  

 

L’esprit de meute est plus fort que l’esprit critique. Il est plus facile et tentant de se grouper pour lyncher une personne dont le propos n’est pas apprécié dans son fond ou dans sa forme que d’essayer de la comprendre. Il est curieux de constater l’impact qu’ont certains mots ou tournures de phrase sur l’intellect humain (le mot « Loi » par exemple déchaîne la fureur). Internet entretient la projection de soi sur l’écran et celui-ci peut susciter une dépendance.

 

Certains forums échappent aux règles de base comme la modération, le respect des sources, de la confidentialité, l'absence de transparence.

 

Modération : certains propos à la limite de l’insulte ne sont pas effacés. Prenons un exemple personnel, j’ai été qualifié de « révisionniste » parce que je réfutais la croyance selon laquelle une Traction des années 30 ou 50 est incapable de rouler sans modification. Sait-on ce qu’est le révisionnisme ? J’ai bien sûr laissé l’indignité à celui qui l’a proférée. Je n’ai pu que déplorer l’absence d’autocensure adulte et responsable.

 

Respect des sources : on publie sans autorisation des photos empruntées à des sites, des ouvrages, des archives et ces publications ne sont pas supprimées. En quelle langue faut-il rappeler que parce qu’un document est sur Internet, il n’appartient pas à tous ? Acheter un livre n’autorise nullement à en diffuser son contenu, même gratuitement. Lisons, archivons à titre privé ce qui nous est accessible mais diffusons à titre public seulement ce qui nous appartient.

 

Recul de la confidentialité : beaucoup d’internautes oublient qu’ils sont dans un espace public ouvert au monde, se croient entre eux, recréent des rites, s’arrogent le droit d’admettre ou d’exclure. Celui qui cherche une information perd un temps précieux dans la lecture d’informations personnelles, de photos de famille, de rubriques humour (qui malgré ma bonne humeur me font rarement rire). Quelle quantité de frustrations exprimées grâce à Internet !

 

Transparence absente : quelques forums appartiennent en réalité à des sociétés commerciales qui sous couvert de façade associative et bon enfant, profitent de l'occasion pour valoriser leur fichier client par mail listing. Mais ceci n’est révélé nulle part…

 

Quelques posts sont intéressants dans leurs témoignages de restauration de véhicules anciens. Certains internautes déploient un talent admirable pour redonner vie à leur voiture dans un état proche du neuf et savent communiquer leur enthousiasme par des tutoriels précis et pédagogiques qui font aimer l'art de la mécanique.

 

Beaucoup affirment des contre-vérités historiques ou techniques.

 

Parce que je me suis fixé les règles de base suivantes :

Prendre le droit de contester un acte, un parti-pris, une opinion mais ne jamais dénigrer un internaute ou son véhicule ancien. J’apprécie l’excentricité à condition qu’elle ait un style et il y aurait beaucoup à dire sur le goût de chacun. Si je me suis permis de dire qu’une boîte 4 était illégale sans un nouveau passage aux Mines, jamais je n’ai affirmé la laideur d’une peinture bariolée.

 

Parce que j’ai souhaité ne pas publier à l’aveuglette, en relisant bien mes posts mais en m’autorisant à l’erreur, parce que je défends la Propriété intellectuelle et la loi Hadopi sans lesquelles la création s’éteindrait,

 

Parce que je n’ai pas trouvé chez mes contemporains ces mêmes valeurs qui me semblent être la base d’un humanisme dégagé de la barbarie ambiante, j’ai décidé d’interrompre définitivement l'expérience des forums.

 

Il faut avouer que j’ai une plus haute opinion de l’être humain.

 

J’ai d’autres supports d’écriture et divertissements aussi passionnants et désormais... ce blog.

 

Cordialement



12/01/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 330 autres membres