Le blog de Jérome COLLIGNON

Le blog de Jérome COLLIGNON

Humeur de blogueur

13 juin 2019

Vient d'être votée en Assemblée la suppression des moteurs thermiques en 2040. Dans tout ce qui est décidé sur l'automobile actuellement, rien ne l'est au nom de la pollution ou de l'écologie. C'est un habillage médiatique. Pourquoi supprimer ce type de moteur au lieu de l'empêcher définitivement de polluer par des filtres plus puissants ? La motivation est bien industrielle et économique. On ne veut plus dépendre du pétrole arabe mais des batteries chinoises.

 

Le mode électrique est d'ailleurs une hérésie. Quid de la pollution lors de la fabrication des batteries (faites ailleurs donc l'Europe délocalise sa pollution), leur coût de remplacement au bout de 6 ans, leur recyclage ? Quid des réparations châssis sur de tels engins truffés d'énergie ? Il faut vider les potentiels avant de commencer à découper pour souder. Combien de centrales nucléaires va-t-il falloir pour alimenter tous ces véhicules, d'interventions pour entretenir un réseau de distribution sujet aux pannes ou aux dégradations ? Qui va payer chaque borne sur chaque place de parking, indispensable pour nourrir individuellement chaque véhicule pendant des heures ? Quid des assurances rapatriement lorsqu'à plat la voiture s'arrêtera en hiver au beau milieu de l'autoroute enneigée ? Les riches seuls auront-ils accès à l'automobile ?

 

Lors de "Journées électriques" (une mini-foire commerciale), j'échangeais avec le commercial de Mazda sur les modèles hybrides. Il m'annonçait fièrement une consommation mixte de 5.2l aux 100km soit pour moi un gain d'1.5 litre. Je calculais qu'au bout de 100.000 km j'avais économisé la mirifique somme de 2300€ sur une voiture valant plus de 28.000...

 

Pour la première fois de ma vie - dans ce domaine précis - j'ai l'impression de vivre dans une période de mensonge permanent : on nous vend un vent de pureté impossible à éventer…

 

Dans ce monde qui prône la communication, reviendra t-on un jour à la vérité ?

 

 

02 mars 2019

Intéressez-vous aux élections européennes du 26 mai prochain avant de râler sur votre prochain contrôle technique. Entre polluer et racheter une voiture, le choix se restreint. A revoir cette passionnante émission montrant que l'Europe (qui met des écologistes à la commission des transports, Michael Cramer (DE) puis Karima Delli (FR) bah là évidemment…) en validant l'objectif de -35% d'émissions polluantes est en train de refaçonner le paysage urbain. Des messies parcourent le monde pour vanter un avenir électrique et autonome bardé de caméras et d'ordinateurs reprochant à l'automobile pollution, embouteillage, accidents mortels.

 

Où l'on voit que les parisiens masochistes subissent le joug de Monsieur Christophe Najdovski qui répond à la question "qualité de vie" par air pur, vélo et silence mais oublie de répondre à : comment arriver vite à destination ? Résultat : des quais vides (on voit que la foule se réapproprie ces espaces !) et ailleurs des boulevards surencombrés et à bouts de nerfs que l'on a évité de nous montrer. Un dogme répond à une impression mais rarement au fond du problème. Bientôt un Paris piétonnier… ou une nouvelle équipe municipale.

 

Je relève : un jour les gens achèteront un produit et plus une marque.

 

Demain les constructeurs veulent devenir des compagnies de taxi-bus en vendant du temps de transport, tout comme le covoiturage. Le mot conduire appartient au passé, ainsi que celui de vitesse, responsabilité et préciosité de la vie (gérés par des algorithmes bridés sur fond d'écran de téléphone, les leds remplaçant le chrome). Je note l'opposition allemande entre deux modes : la sportive symbole de vitesse, le SUV regroupant intimité, pouvoir et isolement dans une carapace par rapport à l'extérieur ressenti comme hostile. Pas de juste milieu et la paranoïa qui accompagne la richesse. Toute cette histoire n'est qu'un déplacement de zone d'influence, un secteur prenant le pouvoir sur un autre. Il n'entre nulle notion d'humain, d'emplois, d'écologie là-dedans, juste une rationalisation. Qui s'élèvera pour réintroduire l'essentiel : la liberté ?

 

Emission Arte

 

 

24 décembre 2018

Depuis quelques années, sévit un courant sociétal qui, par excessif mal placé, n'accepte plus ni débat ni jugement : par exemple sur un choix, sur une catégorie, sur une réflexion. C'est ce qu'on appelle le politiquement correct. Stefan Zweig n'écrit-il pas "j'ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu'à les juger". Qui a connu les sketchs de Coluche ou de Thierry Le Luron, de l'impertinence d'un Desproges lesquels mitraillaient à tout-va et durement ? Autorisés parce qu'ils sont entrés dans l'histoire (l'ultime rempart), leur répudiation est prochaine, une partie emportant le tout. A la moindre escarmouche, les forums frileux s'autocensurent. Ne subsistent plus que des interventions convenues sensées ne blesser personne qui soit en capacité ou susceptibilité d'être blessée. C'est que le moindre avis un peu vif est commenté à l'infini et déclenche sur les réseaux sociaux "méprisés" une vague d'insultes haineuses… jusqu'à la décapitation. Mais de quel bois sont taillés les peuples ? Objectivement du point de vue sémantique, quelle différence entre "gaulois réfractaire " et "pauvre con" six ans plus tôt ! Le point culminant a été atteint avec Charlie où un dessin satirique fut puni de mort. Peur et colère règnent : peur de déplaire à l'un ou à l'autre, (peur d'être attaqué par un fournisseur de pièces Traction non conformes), colère contre un ennemi imaginaire, ce père qui a trahi, remplacé tous les 5 ans pour les mêmes motifs : absence ou tyrannie. Au moindre ton un peu haut, quelques-uns s'enflamment et tous se détournent, abandonnant leurs positions. Allons, messieurs, de la présence et de la mesure…

 

La liberté existe-t-elle sans jugement ? Le capitalisme qui divise pour mieux régner, prône cela. Dans quelques années, je vous prédis que le jugement sera préempté par des experts ou des algorithmes. Cela a déjà commencé avec des outils invasifs du type "Ok Google" qui vous dit où aller, quoi faire, qui prend gentiment le contrôle de vos agendas et de vos vies. Nous qui avons grandi sans, nous pouvons nous en passer. Mais demain l'enfant cajolé depuis sa naissance ? Aujourd'hui la fatigue, l'usure, la faiblesse et l'abandon, demain le désapprentissage de cerveaux inaptes au discernement, à la prise de hauteur. Après demain, des robots consommateurs vivront au milieu de robots consommés.

 

Plus que jamais et à contre-courant, j'ai envie de chercher plus loin, d'apprendre, d'affiner mon jugement, d'exprimer mon indépendance, mon parti-pris et de les confronter aux autres, d'être influencé (peut-être d'influencer sans le rechercher), de faire des erreurs de jugement ou au contraire d'éclairer un sujet. En un mot de développer un esprit critique. De faire marcher mon cerveau. Au fond, la critique ne touche que le choix instable incapable de rebondir qui pleurniche parce qu'il croit avoir fauté et été grondé. Ce monde serait-il devenu un jardin d'enfants ? Joyeux Noël à tous !

 

 

1er novembre 2018

Je viens de terminer le dernier ouvrage de Sarah Marquis "Déserts d'altitude" Ed. Michel Lafon. Bien sûr, belle femme, belle performance ces 7000km de marche pendant 8 mois dans la Cordillère des Andes. Que certains contestent la véracité de cette marche arguant qu'elle a parcouru une partie du trajet à vélo ou en 4x4, au fond cela concerne son honnêteté avec elle-même et ce qu'elle souhaite prétendre. Ce qui me gêne le plus, c'est (pas au Pérou mais lors d'une précédente aventure en Australie) qu'elle admire la nature, la décrit assez admirablement mais chasse pour se nourrir. En interview, elle déclare ne pas avoir conservé d'archives de ces moments, poursuivie par des associations de défense des animaux. Au Chili, elle s'est lavée dans des lacs volcaniques d'altitude, souillant la nature. Au Pérou, elle demande une autorisation spéciale pour emprunter un chemin alternatif vers le Machu Picchu car écrit-elle, il était hors de question qu'elle se mêle aux touristes sur le chemin habituel. Voilà le problème avec ces aventuriers : ils cherchent la terre inexplorée pour qu'elle ne le soit plus pour les autres. Qu'achetons-nous avec son livre ? La difficulté d'une femme à vivre en société, l'expression d'un orgueil, d'une certaine immaturité et sa recherche avec elle-même.

 

 

02 octobre 2018

Mondial de l'Automobile. Certes, notre "world has changed" : exit notre belle langue, désormais Citroën parle anglais, bientôt chinois sous-titré ? C'est Disneyland pour adultes avec ces couleurs candy. Citroën a mis dans ses voitures des sièges confortables, des lampes, des rangements, de la connexion wifi pour être comme à la maison. Rien de plus normal, la conduite, c'est fini. La vraie force vient de l'intérieur. Bientôt on roulera dans un home cinéma à la vitesse des piétons. Exit la technologie et la vitesse : trop coûteux, trop agressif. Exit la propriété privée, l'individualisme (pouah, c'est ringard) : on loue sa voiture à un bailleur. On suit la "inspired by you" (mais by qui ??) : déresponsabiliser en douceur et infantiliser. Au fond c'est la prolongation de la DS avec ses automatismes, ses sièges moelleux et son éclairage feutré mais sans la créative technologie… Allez la récré est finie. Vite un tour en Traction pour ne pas perdre pied avec la réalité : un volant et des sièges durs, une planche de bord spartiate en tôle peinte, un coffre que je peux refermer à la vitesse que je veux, aucune assistance pour vieux, ni connexion avec quiconque mais une ligne de connivence avec la nature. Rester l'artisan de mon intégration. Technologie d'époque, épreuve, danger, l'authenticité à l'état pur. Délicieusement effrayant.

 

https://www.youtube.com/watch?v=diSX_gOSkIo&fbclid=IwAR2WGalAKxr0jD04TdxkIJMam67RqQHSMFyslzWqpAyR61r-oVtNumixQxU

 

 

22 septembre 2018

De retour parmi la jungle des concessionnaires où il est prouvé que la France est nulle en matière de commerce. On dit "non" au client. On essaie de convaincre monsieur alors que c'est madame qui achète. On inverse les descriptions techniques des véhicules. On griffonne à la va-vite des plans de financement sur des cartes de visite. Chez Citroën occasion (qui pue la clope) : ah oui ma p'tite dame vaut mieux prendre la garantie 5 ans car le jour où il faut changer le bloc radio derrière le tableau de bord, c'est 800 euros et vous êtes content de n'avoir rien à payer. Beau discours qui donne confiance… Sans oublier des Audi à 35.000€ qui ont plus de 125.000km (réputée n°1 des marques à pannes, Renault étant n°2, Ford ne vend aucune occasion Renault à cause de cela et PSA n°3 et 4 du classement) et les Mini neuves à 31.000 euros du bout, cela fait cher au prix du métal pour ces cacahuètes sur roues dépourvues de la moindre technologie, en passant par les vendeurs qui vous tournent le dos si votre budget n'est pas de 25.000€ minimum et ceux dont le déjeuner à midi pile est prioritaire sur le client. Je passe sur le grand classique du prix attractif auquel il faut rajouter 3 ou 4000€ d'options indispensables. Qu'on ne vienne pas s'étonner…

 

 

08 janvier 2018

Que peut-on espérer pour 2018 ? Moins de mauvais choix, peut-être ?

 

Moins d’infantilisme, la traçabilité des aliments mais pas celle des hommes, des robots qui les aident mais ne diminuent pas leurs postes de travail.

 

Un capitalisme qui ne joue pas sur la qualité ou le packaging : ajout d'eau, de sucre, d'exhausteurs, fausses promotions.

 

Moins de comportements orgueilleux. A cause de 15% d'entre eux, le déplacement de 85% de français va encore être ralenti. Demain 80km/h : bientôt nous roulerons à la vitesse des piétons. Il parait que cela sauve des vies. Mais c’est toujours le manque d’espace qui cause le choc.

 

Moins de véhicules électriques car ils sont aussi polluants qu’un diesel sauf que cela se voit moins : batteries et matériaux lourds ou rares à extraire du sol puis à recycler (une ineptie), usage à fond du nucléaire tant décrié.

 

Chez Citroën, le slogan "Créative Technologie" est devenu "Inspired by you". Un slogan qui n'est pas en langue française, qui colle aux modèles technologiquement fades, aux lignes rondes, rassurantes, conformistes : reflet de la clientèle ? Exit la ligne fusée, le confort souverain, les détails ergonomiques qui faisaient la différence et donnaient l'impression par ce choix d'être différent. La qualité n'est même plus au rendez-vous. Tout ce que Citroën a pu faire pour nous relève désormais du passé. Si rien ne change, ma prochaine voiture sera d'une autre marque.

 

En attendant continuons de nous passionner, de communiquer, de discerner et par-dessus tout de créer.

Bonne année 2018 !

 

 

31 mai 2017

A nouveau j'ai tenté de compléter la liste de comportements exaspérants au volant :

 

- L'incapacité à anticiper un obstacle. Tout le monde reste coincé derrière ce camion qui livre ou ce bus qui marque l'arrêt. Sans distance de sécurité pour déboiter. On attend quoi ? Nul ne le sait.

- L'incapacité à anticiper sa voie : on se met sur la voie de gauche pour tourner à droite (très logique…)

- La lenteur dans les manœuvres pour de nombreuses personnes non âgées : on met un temps fou à se garer ou à virer sans penser qu'on crée un bouchon : ils attendront, hein !

- En général l'adoption d'une lenteur générale : en ville, on roule à 30km/h au lieu de 50. On pense qu'on roule bien et en sécurité parce qu'on roule lentement. Or la circulation est d'abord affaire d'espace, pas de vitesse. Il faut adapter sa vitesse en fonction de l'espace (mais ce ne sera jamais le discours officiel en France).

- Le non-respect du feu orange (déjà rappelé dans cette rubrique) : on s'arrête à l'orange et non au rouge pour qu'au rouge le carrefour soit vide de voitures.

- La curiosité de la pie : dès qu'il y a un accident, une altercation, un képi bleu, c'est l'attroupement de voitures. Passez donc votre chemin !

- Dès qu'il y a la place pour deux voitures, on se faufile alors que le marquage n'indique pas deux voies côte à côte. Et mon rétro ?

- Quant aux motards, il faut qu'ils perdent définitivement ce droit que certains revendiquent (au nom de la liberté) de remonter les files.  

 

Je préconise d'instaurer une heure de conduite avec un moniteur obligatoire tous les 5 ans à prix réduit. Ce qui permettrait une conduite harmonieuse, coulée, dans le confort de tous et dans le respect des usagers les plus fragiles (piétons, cycles).

 

 

06 janvier 2017

Pour cette année 2016 passée, je citerais le nombre agaçant d'automobilistes qui, au mépris du Code de la Route, occupent la chaussée de façon égoïste. Soit :

 

Qu'ils roulent la nuit en feux antibrouillard éblouissants alors que le ciel est clair, sans pluie ni neige.

Qu'ils s'abstiennent d'actionner leurs clignotants dans les ronds-points obligeant autrui à dépendre de leurs trajectoires.

Qu'ils décident qu'ils sont prioritaires en empruntant une bretelle d'accès à une voie rapide, obligeant ceux qui s'y trouvent à se déporter (ou à se faire copieusement klaxonner...).

 

Je vais doter ma plage arrière de voiture d'un bandeau lumineux où défileront ces mots :

"veuillez repasser votre examen de permis de conduire".

 

Désormais les magasins d'ameublement, HIFI, électroménager adoptent tous la mode "musée IKEA" : vous êtes forcés de cheminer devant tous les rayons guidés par un fléchage sans retour s'achevant par les caisses (et celle sans achat est souvent mal indiquée). Déjà en 2001, la Turquie innovait sur ce point. Je me délecte alors de choisir les sens interdits et passerelles. Tout sera fait pour nous changer en enfants assistés.

 

Qu'adviendra t-il des maisons de retraite dans 50 ans ? Seront-elles équipées de wifi intégrée, de wii, de lecteurs blue ray, d'applications Pokémon, de console "PS20", de salle de projection 3D ? Vieillards mais connectés.

 

Je ne doute pas que 2017 nous révèlera d'autres trouvailles… Bonne année !

 

 

27 septembre 2016

Les urgences : elles symbolisent pour moi un monde clos étranger aux bruits de la rue, quelque peu étouffant d'une humanité feutrée. L'attente éduque sur la notion d'éternité. Au fond plus rien n'a d'importance que la chair meurtrie qui espère être réparée ou au mieux, être apaisée. Les minutes coulent comme le fluide rubis qui s'échappe obstinément. Plus l'on se vide, plus l'on s'enferme.

 

Pokemon Go, jeu pour trentenaires attardés surfant sur le thème de la chasse au trésor, annonce l'entrée de la virtualité vide de valeurs (sauf financière) dans le réel. Une poignée d'hommes font ainsi courir et enferment quelques millions d'autres. Œuvre musicale qui n'intéresse le producteur que si elle s'accompagne d'un million de "j'aime" sur les réseaux sociaux car la clientèle est déjà captive.

 

Il faudrait relire "L'homme Révolté" d'Albert Camus, ouvrage de 1951 qui répond aux questions d'aujourd'hui. La révolte dès 1789 était anti-Dieu, anti-royauté, anti-Maître. L'on pouvait tuer pour échapper à un joug, dépasser par le sacrifice de sa vie un statut d'esclave dans l'espoir d'un mieux pour les générations à venir. Le nihilisme actuel a pris d'autres formes : l'on tue en hiérarchisant la valeur de la vie, croyant "plein" contre mécréant "vide". J'ai trouvé dans ce livre un exposé clair et de nombreuses références vers d'autres savoirs.

 

 

14 avril 2016 :

Pour me rendre aux urnes dans ma ville, je traverse un quartier dit défavorisé. Les immeubles sont quelque peu décrépis, on bricole des véhicules à bout de souffle sur les parkings. J’avise alors que les pelouses de ces immeubles sont jonchées de détritus, d’emballages alimentaires, de papier aluminium froissé, etc. Les poubelles débordent d’objets cassés que les éboueurs ne prennent pas et que tout citoyen doit emmener à la déchetterie. Je pense alors : ce quartier est pauvre ET sale, pourquoi ? Je sais évidemment que pauvreté ne rime pas avec saleté et détérioration : la littérature ne manque pas d’exemples de héros pauvres mais soucieux de la propreté de leur logis, de leurs effets ou de leur environnement. Je ne crois pas pour ma part que la pauvreté soit une fatalité mais un état provisoire qui demande un effort plus intense et les exemples ne manquent pas de personnes ayant finalement réussi à s’en sortir. Le quartier d’à-côté est composé de maisons proprettes, de jardinets bien entretenus, les ordures sont ramassées et on ne trouve aucun tag. Alors que conclure ?

 

Malheureusement ce discours ne sera plus audible dans cette société de dramaturges et il sera même perçu comme scandaleux. Car voici ce qu’on pense en 2016 : « ils sont pauvres, c’est une indignité, vous ne voudriez tout de même pas qu’ils soient propres en plus ? ». Ainsi va la France. Ce sont les mentalités qu’il faudrait changer. Je rêve de monter une association de citoyens responsables et engagés qui nettoieraient les détritus, les tags, les mégots, traqueraient les vieux autocollants de propagande jaunis par le soleil que personne n’enlève jamais, gratteraient les façades, videraient la nature des canettes et bouteilles. Mais qui cela intéresse t-il ? Nous préférons payer des impôts.

 

Notre pays n’est pas un dépotoir. Si nous mettions un peu d’énergie pour le rendre plus beau, nous aurions meilleur moral. Nous passerions de spectateurs à acteurs.

 

 

05 janvier 2016

J'ai évité de commenter les actes de barbarie du 13 novembre. Non pas que l'envie m'en ait manqué. Des chants, une Marseillaise frémissante partout dans le monde comme meilleure ambassadrice de notre petit mais inspirant pays aux valeurs universelles, des poings levés "aux armes citoyens", des caricatures, des Unes de journaux, des messages de soutien, des larmes déchirantes, des minutes de silence, des cérémonies. C'est bien mais ce n'est sans doute pas terminé. L'humeur du moment fut comment dire… pas étonné ?

 

Je ne parlerai pas de gabegie, ni de cet orgueil qui guide le monde : l'orgueil commercial de l'industriel qui profite de l'apathie de l'Etat, de l'intérêt électoral d'un élu ou de la naïveté d'un consommateur, pour refourguer une marchandise faillible car rarement testée, et qui se félicite pour ses bons résultats. De l'autre, l'élu auquel on fournit un projet ficelé, un texte de loi qu'il applique sans s'assurer de son efficacité ou de son suivi.

 

Je ne parlerai pas de toutes ces personnes qui posent des questions ou s'étonnent, reçoivent des réponses ou des éclaircissements et qui, dans un sentiment d'infériorité mal placé, dénoncent une intolérance ou une arrogance. Si le monde ne pense pas comme soi, il faudra s'y faire. De ces sujets fâcheux, je ne parlerai pas en ce début d'année.

 

J'ai envie de parler de la route : celle qui m'attend, seul ou accompagné. L'impatience de la reprendre comme on étreint une personne aimée. Celle qui guérit, lave la tête. Celle que l'on revoit ou celle que l'on découvre. Je suis passé par là, il y a 15 ans. Tiens, je ne connaissais pas cette ruelle, ce musée, ce château, ce petit pont, ce paysage pittoresque. Te souviens-tu ? Voilà qui ferait une photo magnifique. Regarde cette ancienne publicité murale peinte. Arrêtons-nous pour pique-niquer. Ca a beaucoup changé par ici. Et là, pas du tout…

 

Je vous souhaite bonne route pour 2016.

 

 

05 septembre 2015

Je l'avoue, je suis réfractaire aux nouvelles technologies. Elles sont autant de fils à la patte. Qu'ai-je à faire d'un téléphone multifonctions ? J'ai choisi mon téléphone en fonction de sa taille, de son poids et de son prix (28 euros). Je me félicite tous les jours de ne pas avoir une mini-télé de plusieurs centaines d'euros prête à quitter ma poche à la moindre occasion. Mon téléphone est le plus souvent éteint. Qui disait que silence et espace seront les luxes de demain ? Cela ne me dérange pas de tourner une clé dans une serrure. Même avec une télécommande, je vérifie le verrouillage des portières.

 

Si je m'accorde le régulateur de vitesse sur autoroute, idéal pour des économies, une bonne moyenne et échapper aux radars, je rejette toutes les assistances qui, à une réflexion, substituent un programme, notamment le GPS. Les cartes Michelin sont précises. Les dix minutes dépensées pour chercher ma route valent bien celles perdues par les indications erronées de ce système. Je reconnais l'utilité du couinement qui m'annonce que ma ceinture n'est pas bouclée.

 

Je n'achèterai donc pas la montre qui compte mes pas, mes pulsations cardiaques, me géo-localise ou règle mes achats. Mon agenda est dans ma mémoire. Et surtout après avoir perdu deux fois des données restées coincées dans des répertoires vérolés (clé USB ou disque externe), je crois encore au support papier.

 

 

12 juin 2015

Je ne veux pas exprimer de rejet brusque. Mais il faut bien avouer, à la vue de toutes ces émissions politiques ou de talk-show, que sont mises en scène, livrées au pays entier, les turpitudes d'un microcosme parisien. Politiques, journalistes, vedettes se connaissent par relations de parenté, d'amitiés, de sexe, de services rendus privés ou professionnels bien au-delà des apparences et clivages. Au fond nous sommes les spectateurs contraints de leurs histoires, règlements de compte, rabibochages, collaborations et schizophrénies (pour les engagés politiques) érigés en exemples de vies bien éloignés de nos préoccupations quotidiennes.

 

Je plaide pour moins d'affect et plus de réflexion.

 

Lorsque votre navigateur internet vous dit : "nous sécurisons encore plus votre profil", traduisez par "nous allons nous assurer que nous sommes les seuls à récupérer un maximum de vos données personnelles et à vous envoyer un maximum de publicités".

 

Les réseaux sociaux sont envahis de témoignages ou histoires scénarisés, parfois sortis de leur contexte, destinés à prendre en otage nos émotions. L'indignation ou la colère revendicatrice sont-elles les seules sources d'énergie ? Le monde ne peut pas sans cesse s'adapter à nous. C'est à nous de nous adapter à lui. Lorsque nous ne pourrons plus le faire, l'intelligence artificielle aura pris le pas sur toutes nos actions. Elle nous laissera juste un écran tactile, un index pour appuyer dessus et une gamme de sentiments stéréotypés pour nous connecter à la communauté, acheter ou réagir… c'est-à-dire la nouvelle définition de l'existence moderne.

 

 

30 mai 2015

Articles de MSN : des articles truffés de fautes d'orthographes, incomplets, non terminés. Véritablement, la honte du journalisme…

 

Les détecteurs de fumée qui ressemblent à des diffuseurs de produit wc : il va falloir changer la pile tous les ans (la marque au lapin doit se féliciter de ce juteux marché). Que penseront les voisins lorsqu'il couinera pour rien ? Monde sécuritaire. Sommes-nous encore des hommes ?

 

Désert d’Egypte :

1999. Vous croyez que vous allez vous sentir seul ? C’est le contraire qui arrive. L’immensité vous aspire, vous dilue, vous êtes sable au milieu du sable. Plus de pensée autre que celle d’avancer. Les montagnes reculent au fur et à mesure que vous tentez de les approcher. Quelques mouches pour vous tenir compagnie. Milieu tranquille qui vous couvre d’une poussière croquante où un verre de thé vert qui vous désaltère et un simple morceau de bois qui chauffe votre repas et votre corps sont plus précieux que l’or.

 

Ville de Turquie :

2001. Quelles sont ces clameurs à 5h30 du matin ? Un incendie, un voisin fâché, un accident de voiture ? Mais non… ô occidental ! C’est le muezzin qui entame sa mélopée aux quatre coins de son minaret. Je me rendors bercé par cette clameur mélodieuse et exotique, admiratif pour ce peuple de lève-tôt. Plus tard une lune ronde éclaire la plage d’Antalya. Deux hommes s’approchent et me lancent un "Salam Aleykoum". Que me veulent-ils ? Embêter un inconnu ? Je bredouille un « bonsoir » puis m’apercevant de son inutilité, je fais un effort et me rappelle que je dois inverser ma réponse : "Aleykoum Salam !". Un sourire éclaire leurs visages et ils continuent leur promenade. J’ai réussi mon examen de passage.

 

"La plupart des gens ne veulent pas vraiment connaitre la vérité. Ils veulent juste être rassurés que ce en quoi ils croient, est la Vérité".

 

 

28 avril 2015

Nous déléguons de plus en plus nos capacités et décisions à des automates électriques.

 

10 à 20% des conducteurs allument leurs antibrouillards la nuit ce qui est éblouissant, dangereux et passible d'une amende. Les voitures actuelles voient leurs feux antibrouillard latéraux s'allumer dans les virages… en hommage à la DS et ses phares directionnels ingénieux ? Demain nous aurons un clignotant automatique : plus besoin de conduire. En effet, "le chauffeur est, de loin, la partie la plus dangereuse de l'automobile " (Léo Campion). Citroën tente de se copier mais la DS5 est bien loin de la DS21 Pallas à laquelle on l'apparente. Marketing, toujours. La marque chinoise DS est d'un classicisme navrant qui n'apporte que sa robe "technologique".

 

Un ami me disait que Peugeot a délibérément opté pour le médiocre. Plus besoin de hausser le niveau à chaque nouveau véhicule, de craindre de ne pas être au top ou d'être trop en avance. Le turn-over des achats est amélioré car un client qui se lasse rachète plus vite.

 

Overdose de conflits politico-religieux.

Détachement (à défaut de colère) pour les destructeurs de patrimoine.

Admiration pour une médecine chinoise millénaire qui, avec deux aiguilles, vous fait cracher vos entrailles et rétablit vos équilibres.

 

 

11 janvier 2015

Comme observateur lucide de ce monde, je ne suis pas Charlie. Non par manque de compassion ou affiliation à tel ou tel. Toute mort brutale est condamnable. Je refuse la barbarie et je suis pour la liberté de parole. Mais parce que la liberté n’est possible qu’encadrée. La France vient de s'apercevoir qu’elle a changé. D’anciens sketchs sur la sexualité, le handicap ou les races étaient devenus inaudibles. Restaient la politique ou la religion : ce dernier thème vient de subir une attaque. Pour moi, une caricature réductrice entretient le fossé et ne fait rire que celui qui a le recul nécessaire pour la comprendre ou celui qui n’est pas visé. La méthode est donc mauvaise, sujette à l’escalade et je ne m’y engouffre pas. Je préfère la pédagogie d’un texte argumenté. On peut rire de tout mais pas avec tout le monde, disait Desproges. L’intelligence commande de s’arrêter aux limites de la bêtise. Je ne battrai pas le pavé. Ceux qui iront, le feront d’ailleurs contre les valeurs d'un journal qui « conchiait » tous les symboles. Je ne peux m’associer à cette marche qui prend une tournure politique accueillant des dirigeants qui, dans leur pays, musèlent la presse. D'autres morts auraient mérité une marche.

 

L’être humain - manichéen - n’aime pas la dissidence à la douleur et à l’émotion et accuse volontiers de perversité toute tentative de réflexion au-delà des faits. Il défile pour exorciser sa peur, renouer du lien social distendu, se pardonner son inaction et se donner bonne conscience, comme un réveil brutal après un long sommeil confortable. C’est pour moi le constat d’un échec. Alors : ne rien faire ? Non.

 

A chacun de faire son travail. Aux politiques d’abandonner le politiquement correct. A la presse de ressortir 1905 et de débattre point par point et sans complaisance avec les idéologues. Aux musulmans de faire le ménage chez eux, de marteler qu’une vie humaine est plus importante que Dieu et la barbarie, d’excommunier les fanatiques et de se caricaturer. A la police de démanteler les réseaux dangereux et de fournitures d’armes importées des pays de l’Est. A nous tous d’éviter de nous séparer entre les « pour Charlie » et ces « cons d’anti-manif » car ces formules sont tout aussi réductrices qu’un dessin et cachent bien des amalgames et des incohérences. A nous d’éviter les sentiments belliqueux, de nous respecter, de rester mesurés et surtout vigilants.

 

Telle sera ma modeste participation.

Recevez mes voeux pour une année meilleure !



26/09/2014
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