Le blog de Jérome COLLIGNON

Le blog de Jérome COLLIGNON

Le Pitroën : parlons de notre monde

« Pitre » (définition du Larousse) : personne farceuse ou qui plaisante, clown.

« Pitroën » : surnom donné par Louis Renault à André Citroën en privé, jaloux des événements médiatiques lancés par son concurrent (éclairages de la Tour Eiffel, Expéditions Citroën, caravanes publicitaires, etc.)

 

Dans cette rubrique vous trouverez diverses informations, réflexions... ou petites choses sur le monde Citroën, le plus récent en tête.

 

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Je viens de terminer cet ouvrage passionnant que je recommande.

 

Ecrit en 2000, il explique la lente mais inexorable descente de Citroën depuis le milieu des années 60. Malgré d'indéniables qualités de produit, une stratégie d'innovation ayant permis de se constituer une clientèle fidèle (15%) depuis l'époque d'André Citroën laquelle avait permis d'être en tête des parts de marché, les causes sont :

- l'absence de positionnement dans le milieu de gamme (entre 2CV-Dyane-Ami et DS) de 1960 à 1970

- des choix technologiques nécessitant une mise de fond importante

- le soutien de Renault par l'état contrairement à ce qu'écrit Pierre Bercot n'enlevant rien à Citroën

- la crise pétrolière de 1973

- à cause de cette crise, deux choix inadaptés qui plombent l'entreprise : la SM et le moteur rotatif

- le rachat par Peugeot en 1974 qui, plombé par ses rachats de Chrysler (Talbot) et Simca, étouffe peu à peu l'image de Citroën (on rafistole des Peugeot LN et Visa)

- dès 1982, la mise en commun progressive des moteurs (CX, R25, 604), des modèles (BX-405), la BX étant à la charnière (plateforme Peugeot mais profondément remaniée par Citroën)

- le choix d'un multi-positionnement sur tous les segments de marché des plateformes PSA (AX, BX, ZX avec fin de la CX puis Saxo, Xsara, Xantia, XM puis C1, C2, C3, C4, C5, C6 puis DS3, DS4, DS5) n'a pas permis de renouer avec les chiffres d'antan au contraire de Renault ou d'Audi.

- la banalisation progressive des modèles (effritement de l'image de technologie, disparition récente de l'hydraulique).

 

Les auteurs, prophétiques, prédisent même en fin d'ouvrage le retour de la DS.

 

L'on voit que la marque DS, marketing pur à destination du marché chinois n'apporte rien en termes de progrès. Les auteurs sont critiques sur la gestion de Citroën sous l'ère Calvet (classicisme, rejet de l'innovation, choix qui n'ont pas apporté de résultat significatif sur les ventes), ils reviennent sur le citroënisme et l'engouement toujours fort pour les modèles mythiques (hors segment voire multi segment) que constituent la 2CV, la Traction, la DS. A côté de sa moderne pas forcément une Citroën, le client continue de conserver une Citroën mythique dans son garage.

 

Les tableaux récapitulatifs des ventes, des parts de marché de 1919 à 1998 sont édifiants… PSA devrait en prendre de la graine.

 

PB100048red.jpg

 

Parfois des redites d'un chapitre à l'autre mais un découpage didactique du sujet. Excellent ouvrage à conserver dans sa bibliothèque pour comprendre l'histoire de la Marque.

10/11/17

 

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A écouter et redécouvrir Silvain Reiner nous parler d'un de ses ouvrages, lui qui en 1954, sortait une somptueuse biographie sur André Citroën, on comprend mieux ses choix stylistiques. L'homme cache avec pudeur sa bouche édentée. Vidéo tournée dans la magnifique Brasserie Georges de Lyon que j'ai reconnue pour y être fidèle à chaque passage (je vous recommande l'omelette norvégienne).

 

http://www.ina.fr/video/LXD09006054/sylvain-reiner-video.html

 

h-3000-reiner_sylvain_la-tragedie-dandre-citroen_1954_edition-originale_2_53559.jpg  PC312442red.jpg

19/10/2017

 

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Un site de miniatures fort connu nous demande de donner un coup de pouce à une heureuse initiative qui devrait paraitre, si elle rencontre l'engouement des passionnés, à partir de Rétromobile 2019. C'est sans engagement.

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur ce site et consultez le bandeau déroulant en bas sur la Rosalie 15 de Jean Daninos :

 

http://aventure-citroen-min.forumchti.com/

 

05/09/17

 

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La présence d'une Traction dans un film devenant plus rare, signalons celle qui apparait rapidement dans la scène du canyon du dernier Mad Max 4 Fury Road.

Mad max traction.jpg

12/06/15

 

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Le prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes 2015 a été attribué ce dimanche à l'acteur français Vincent Lindon interprète de "La Loi du marché" du français Stéphane Brizé.

 

Rappelons que Vincent est en droite ligne descendant de l'union entre Fernande Citroën, sœur d'André Citroën (avec Bernard, Hughes et Jeanne) et d'Alfred Lindon.

 

Félicitations !

24/05/2015

 

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Fabien Sabatès, dont le monde Citroën était quelque peu sans nouvelle, prépare (m'a t-on dit lors d'un salon) un ouvrage sur la Tour Eiffel et Citroën avec de nombreux inédits. Ci-dessous un avant-goût, rarissime tarif de 1930 des établissements Jacopozzi à l'origine des illuminations de la firme aux Chevrons de 1925 à 1936.

Jacopozzi red.jpg

09/11/2014

 

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En ce 31 mars 1889... je veux dire 2014 bien sûr, la Tour Eiffel fête ses 125 ans.

 

En 1925, lors de l'Exposition Universelle des Arts Décoratifs, dans la rubrique "Arts et illuminations de la Rue", elle est accaparée par une grande firme automobile qui, pour la première et dernière fois*, fait briller son nom en lettres de feu sur deux de ses faces, mariage qui durera jusqu'en 1936, date à laquelle d'autres illuminations les remplaceront pour l'exposition de 1937.

 

Pour l'occasion, je vous fais découvrir un cyanotype original datant de 1925 présentant une vue des quais de Seine parisiens, sans doute réalisé au petit matin.

TourEiffel1925ret.jpgBon anniversaire Tour Eiffel !

 

*illuminations rééditées en juillet 1989 avec show laser et défilé de Citroën anciennes. Je recherche d'ailleurs toutes informations sur ce centenaire, merci. 31/03/14

 

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On peut aimer ou être indifférent au vibrato lyrique de Julien Clerc. Ce n'est pas mon chanteur préféré. Mais il a laissé une trace indélébile dans notre petit monde : son fameux "J'aime j'aime j'aime" est resté célèbre pour avoir accompagné les premières publicités pour la BX 19 GT en 1984 et signé la transition avec le graphisme de Savignac vers des publicités plus humaines, certains non dénuées de charme ou plus sensationnelles. Qui ferait encore cela ?

 

Je savais que le thème de cette publicité était disponible sur le marché, occasion qui est plutôt rare et j'ai fini par acheter l'un des deux albums d'inédits de cet interprète qui la contient.

 

Le morceau n°22 écrit avec Jean-Loup Dabadie est intitulé : Bande originale pub Citroën (durée 0'45).

 

Pour la petite histoire, le chanteur était enrhumé le jour de l'enregistrement. Mais lorsque le studio est loué, il faut l'utiliser...

 

J'avoue l'écouter dans ma Citroën, après l'avoir beaucoup entendu à la radio ou à la télévision jusqu'à l'arrivée de la XM en 1989. C'est de plus un cadeau original à faire à un passionné, à condition de le trouver ! 22/02/14

JulienClerc.JPG

 

http://www.culturepub.fr/videos/citroen-bx-19-gt-julien-clerc

 

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http://www.artcurial.com/fr/asp/fullcatalogue.asp?salelot=2400+++++388+&refno=10461049 

 

A Rétromobile 2014, va être mis en vente par Artcurial, la société bien connue de ventes aux enchères, un roadster 7C 1936 de couleur bleu marine (lot 388). Estimation: 120.000 à 160.000€.

 

Point 1 :

Reprenons les caractéristiques qui nous sont présentées dans l’annonce sous l’angle du "plaisir" :

Montage de roues Pilote (alors qu’en 1936 sont montées les roues Stop), d’un circuit 12 volts, moteur 11D 1955 de 11CV, boîte 4 vitesses, allumage électronique, alternateur, ventilateur additionnel, tous éléments étrangers au millésime. Je cite « L'ensemble des modifications ont été effectuées dans le respect de la configuration d'origine de la voiture, et sont donc parfaitement réversibles. Ces modifications permettent d'améliorer notablement les performances d'origine (…). La voiture n'a parcouru que 3 000 km environ depuis sa restauration complète (dès 2008) ».

Il y a une évidente contradiction à déclarer qu’une optimisation est faite dans le respect de l’origine : ou la voiture est modernisée comme c’est le cas ou elle est restaurée comme à l’origine. Que n’écrit-on pas au nom du commerce…

L’acquéreur achètera donc une auto qui n'est plus conforme aux caractéristiques historiques et techniques d’une 7C 1936.

 

Point 2 :

Je note à titre anecdotique le peu de kilomètres effectués au volant de cette voiture modernisée pour rouler « loin et longtemps ».

L’acquéreur selon moi remboursera au vendeur le prix d'optimisations qui n'auront guère servi.

 

Point 3 :

Après contact avec la société Artcurial, ce véhicule modifié en puissance (11CV) et en rapports de boîte (4 au lieu de 3) n’est pas passé aux mines, donc non conforme à son PV des Mines : il est dépourvu de carte grise lui permettant de circuler sur les routes françaises..., à moins bien sûr de monter la mécanique de 7CV 1936 à boîte 3 vitesses fournie avec l’auto.

L’acquéreur achète donc un lot de pièces détachées qu’il lui faudra assembler pour obtenir une voiture en règle.

 

Que ce dernier point d’importance n’apparaisse pas dans l’annonce est plus que surprenant de la part d’Artcurial. S’il est évident que fixer un prix bas n’encourage pas la montée des enchères, la cote affichée ci-dessus, si elle est atteinte, me semble injustifiée. Pour information, un roadster 7S 1934 restauré conformément à son millésime s’est vendu 83.737 euros (vente 1545 lot n°25 en novembre 2008... chez Artcurial).

 

Nouvel argument commercial, celui de la "réversibilité" qui dédouane de tous les choix de restauration. Dans ce cas, optons pour l'humour :

Citreno.jpg

"Vend Citroën "Citreno" à traction avant 9CV avec barres de torsion. Elle a été un peu optimisée pour rouler confortable et loin mais l'ensemble des modifications ont été effectuées dans le respect de la configuration d'origine et sont donc parfaitement réversibles. Avec une disqueuse et un bon chalumeau, ça ne devrait pas poser de problème... Vendue 40.000 euros en raison de sa rareté. Si si. Et pas sérieux s'abstenir."

 

Bonnes enchères... 02/02/2014

 

additif du 22/02/14 : cette voiture n'a pas trouvé preneur. Il semble que nous n'ayons pas trop frustré le plaisir des collectionneurs puisque aucun ne succombât au charme de ce qu'il faut bien appeler un tuning.

 

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Un grand tractionniste me demande la référence du rouge des roues Pilote pour une auto de 1938-1939. Je lui réponds qu’hélas je ne dispose pas de référence ni d’époque ni moderne que je cherche depuis 1997. On lui propose le fameux rouge des tracteurs Mac Cormick. Malgré ses qualités indéniables de disponibilité, d’aspect et de pose, je trouve cette teinte plus rouge vif que la teinte d’époque et au final approximative. Ci-dessous je vous laisse juge avec deux photos empruntées sur Internet à des propriétaires généreux que je remercie pour ce prêt.

Rouge5.JPG  IMG_4187.jpg
A gauche le rouge Mac Cormick, à droite cache roue d'origine (photos : DR)

 

J’ai eu à étudier quelques teintes d’après-guerre pour une 15 et à les contretyper. Entre la teinte retenue, un RAL moderne et celle d’époque, sur une échelle virtuelle de 1 à 10 au soleil, j’ai évalué la différence de tonalité de moins de 0,1. J’ai tenu compte de l’usure de la pièce et de l’action des éléments extérieurs, lune, rouille, etc. Nous avons décrassé la teinte avec un polish qui a ravivé les pigments.

 

Donc tant que je n’aurais pas la confirmation « teinte contre teinte » du rouge Mac Cormick, je ne pourrai conseiller son emploi. En matière de restauration automobile, je pense :

-          qu’il faut faire le maximum pour respecter l’origine car sinon pourquoi entreprendre cette démarche (des roues bleues n’empêchent pas de rouler)

-          que cette démarche est évolutive : en cherchant plus précisément, on trouve des correspondances plus précises jusqu’à tomber sur l’exactitude incontestable… à condition d’en fournir la preuve.

-          qu’il existe une différence entre une auto restaurée à peu près et une auto restaurée parfaitement conforme et donc que cela justifie une différence de cote. Par contre le temps passé est le même.

 

D'autant qu'il existe plusieurs "rouge Mac Cormick" très similaires...

 

Autre exemple avec cette fois, preuve à l’appui.

Depuis les années 80, ENPI commercialisait le tissu à rayures pour Traction 1934 jusqu’au jour où je me suis aperçu qu’il ne correspondait pas aux productions Citroën. Pierre Nappez a alors apporté son savoir-faire en réalisant ce qui n’avait pas été fait au départ : démontage d’un échantillon d’époque, étude de la grosseur du fil, de sa couleur, sa torsion, sa résistance, de la trame et de la chaîne, etc.

 

A l’arrivée, nous avons obtenu un tissu conforme que tous les collectionneurs s’arrachent. Il ne s’agit pas de blâmer ENPI qui a proposé le premier tissu à ceux qui en avaient besoin mais juste de poser une question : pourquoi ne pas s’intéresser de près à cette problématique et pourquoi toujours se contenter de l’approximatif ?

 

Pour revenir à ce "rouge", un autre ami me dit : prenons ce rouge Mac Cormick car dès que toutes les voitures l'auront adopté, il n'y aura plus de problème pour personne. Ah, bah là, évidemment, lorsque toutes les Traction seront des répliques violettes... Je n'aime pas mettre la poussière sous le tapis ! 20/11/13 

 

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Le custom :

 

Toute œuvre d’art est salutaire, en ce sens qu’elle apporte la fraicheur de la nouveauté, l’évasion, l’envie de créer soi-même. Alors oui pour toujours déclarer positif l’esprit créateur.

 

Seulement il existe des règles. Adoptées par tous et protectrices. En matière automobile, il n’est pas possible de se déclarer constructeur d’engins sans passer par la case homologation des Mines (DRIRE) - qu’il faut obtenir -, qui est une reconnaissance du travail effectué et la permission d’utilisation sur routes ouvertes à tous. Sans cela, peut-être une assurance souscrite pour tôles froissées mais certainement pas une assurance valable pour vies brisées. Et quel intérêt de construire une automobile juste pour rouler sur circuit privé ?

 

Il ne s’agit pas ici de plaire ou de déplaire, c’est-à-dire de subjectif (en débattre relève de l’inconscience) mais bien de légalité objective. Se lancer dans une telle opération, la faire connaitre au public me semblent être une démarche fun, décalée et rock’n roll donc sympathique mais hélas égoïste, en tout cas ni citoyen responsable, ni respectueuse des autres au final. Vendre ou acheter ce type de véhicule sans carte grise conforme, c'est finalement échanger bien cher ce qui n'est au fond qu'une banque d'organes.

 

Quel dommage que le custom réponde toujours aux mêmes codes (sur-motorisation, mise en scène de la mécanique par chromage, carrosserie surbaissée, finitions flashy) traduisant transfert d’agressivité et désir de paraître.

 

Si un tel talent pouvait s’exprimer dans la restauration de véhicules anciens, fussent-ils des dream cars américains, j’applaudirais ! Là, nous sommes très très loin de Citroën. 11/08/13

 

http://www.traction-avant.com/forumsn/viewtopic.php?id=4686

 

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Le problème des refabrications.

 

Ce couvre culasse Record en aluminium, une adaptation d'époque refabriquée, provient de chez Néo-Rétro, achetée par un ami tractionniste. Très belle pièce, qui au premier coup d’œil vaut sa valeur tant du point de vue aspect que qualité du matériau. Seulement au montage, grosse galère : ladite pièce comporte des orifices qui ne tombent pas en face des goujons de culasse, ces derniers se trouvant plus éloignés d’un centimètre au total. Il a fallu agrandir les trous et leur donner une forme oblongue. Plus grave, la base du couvre culasse touche les écrous borgnes de culasse. Il a fallu raboter l’intérieur de la collerette d’appui. On se demande qui a bien pu concevoir cette pièce et qui a bien pu la fabriquer sans jamais l’essayer sur un bloc Traction ? En tout cas pas quelqu’un de très au fait de la mécanique ce qui est étonnant pour une société renommée comme Néo Rétro attachée à la qualité de ses fabrications. Notre tractionniste a rappelé Néo-Rétro. Il lui fut répondu qu’il avait acheté un prix et non de la qualité.

Notre tractionniste décide d’acheter chez Renel les gros écrous qui terminent la mise en valeur de son couvre-culasse. Bien entendu les deux fabricants ne se sont pas entendus pour que la pièce de l’un aille sur la pièce de l’autre : au 21ème siècle, ce serait trop d’intelligence en même temps. Ainsi va t-il falloir encore agrandir les trous du couvre culasse pour laisser la place aux écrous. Mais il y a pire : regardez la finition du chanfrein des écrous. Aucun n’est identique !

 

De façon générale chez les marchands, de nombreuses pièces sont fabriquées en dépit du bon sens : durites d’eau non armées, qui à la première chaleur se déforment, rétrécissent et empêchent l’eau de passer, manchons de chauffage trop courts ou mal coudés qui ne s’emboîtent pas, pots d’échappement qui nécessitent des retouches pour s’accorder à la tuyauterie, cylindres de roues dont les pistons ne sont pas aux cotes, faisceaux de radiateurs de 15/6 perpendiculaires sauf que (pas de chance) les radiateurs se montent inclinés, etc.

Manchon de chauffage, le nom est dessus (photo : jpf)

 

Je constate :

-          un manque flagrant d’intelligence dans les refabrications qui nécessitent de nombreuses retouches

-          un manque de test sur Traction, c’est-à-dire un manque d’intérêt pour le sujet et le client.

-          un manque de constance dans les refabrications. Tel lot impeccable baisse en qualité ou au contraire tel lot médiocre devient soudainement excellent lorsque le commanditaire s’aperçoit du danger pour son chiffre d’affaires au retour des pièces.

 

Le business s’arrêtera lorsque le client en aura assez de payer pour des réalisations approximatives dont certaines pouvant mettre sa mécanique en danger. 23/06/13

 

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Etrange réalisation carrée qui porte le même numéro qu’une Traction qui, elle, est plus conforme à la production de Javel.

 

Etrange platine led sans doute fort bien conçue mais tellement plus complexe qu’une ampoule navette qu’elle nécessite l’installation d’un filtre antiparasite non prévu au départ. Je ne suis pas certain que ce désagrément qui fait du client un metteur au point malgré lui soit gage d’un service après-vente de "qualité" comme il se dit dans une béatitude générale, mais bon… L’électronique embarquée et tentaculaire arrive dans les Tractions. Faut-il désormais ajouter un poste à souder dans le lot de bord ? Vu l'étanchéité des catadioptres, quid de la tenue à l'humidité des circuits imprimés (complexes soudés par un robot) dans les prochaines années ? Que faire lorsque cela ne marchera plus : jeter l’ancienne platine et commander une nouvelle ? Ca va revenir plus cher qu’une ampoule... Je ne vais pas accabler l’inventeur, jeune passionné sympathique. Je préfère pour ma part les solutions simples, économiques et éprouvées. Une navette, une languette de cuivre, on démonte, on gratte et ça repart.

 

On va s'indigner, je le sais :

« Vous êtes contre toutes les idées nouvelles ! ».

Je réponds : non, je suis contre les solutions qui modernisent une voiture ancienne. Sinon où est la passion pour les anciennes ?

« Vous êtes contre toutes les compétences ! ».

Non, je suis pour, trois fois pour, je les admire, en fait leur promotion lorsqu’elles servent notre passion pour le matériel ancien et qu'elles respectent son identité.

 

Les idées ne manquent pas pour remettre à niveau les Tractions, par exemple des sièges chauffants dont elle aurait bien besoin. Ah lala. 01/06/13

 

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L'ardu problème des cotes.

On me sollicite fréquemment pour évaluer le prix d’un objet ou d’une voiture. Je précise toujours d’emblée que je ne suis pas un expert agréé même s’il est vrai que je commence à bien connaître les voitures, leurs structures, le coût d’une restauration et les objets marquants de notre passion.

Si je donne un prix en tant qu’acheteur, il sera trop bas. Le vendeur et ses conseilleurs ne manqueront pas de mépriser ma soi-disant connaissance du marché en faisant valoir la leur et même en se réclamant de la notion "d’équité" * (que je remplacerais plutôt par celle de "rentabilité espérée").

Si je donne un prix en tant que vendeur, il sera trop haut. Je serai vilipendé pour mon apparent double langage * : me lamenter des prix qui flambent et participer à leur flambée.

 

Un prix dépend du positionnement : acheteur ou vendeur. Comme je l’ai déjà écrit, je ne réponds plus aux sollicitations de type : « combien vous m’en donnez ou faites-moi une offre ». Cette fausse question cache une confirmation de valeur fermement attendue. Pour faire sortir le loup du bois, je réponds selon mon humeur : 1 euro... ou 100.000 euros !

 

Lorsque certains prix forts me paraissent justifiés (cf. articles ci-dessous), c’est que je distingue la "valeur ajoutée" apportée à l’objet ou la voiture, par exemple une restauration conforme, un nettoyage soigné ou la préservation d’un état d’origine. Je tiens aussi compte de la double notion de temps-désir. Qui n’est pas prêt à mettre un peu plus que son budget pour ne pas voir s’échapper un objet rare attendu depuis 10 ans ? Cela m’est arrivé bien souvent en 30 ans de passion, heureusement sans erreur jusqu’ici... Encore faut-il être informé et attentif. Combien succombent aux faux produits vendus aux prix des vrais ?

 

Si en tant qu’acheteur je subis leurs dérapages fréquents, je ne serai jamais vendeur sur les sites d’enchères. Ils s’apparentent trop à une arène de gladiateurs. Aucun talent ne s’exprime dans ce type de commerce, pur capitalisme libéral qu’alimente la soif d’écraser son adversaire : sauf une dextérité du clavier et l’endurance du portefeuille.

  

* comme j’ai eu le cas dernièrement (par mail anonyme bien sûr). 10/04/13

 

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Journal Officiel du 05 novembre 1936 :

Dans tout projecteur de type A, B ou AB monté sur un véhicule mis en circulation sous récépissé de déclaration de mise en circulation postérieur au 1er avril 1937, il ne devra être fait emploi que de lampes rayonnant une lumière jaune et conformes à un type agréé. La présente disposition sera appliquée à tous les véhicules automobiles à partir du 1er janvier 1939. 25/03/13

 

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L’Histoire de la Traction est inséparable de la Seconde Guerre Mondiale.

Seulement… c’est toujours la grande période oubliée des ouvrages. Le dernier en date qui lui consacrait un maigre chapitre datait de 1975 ! Grâce à MM De Lamotte et Vauviller, "La Traction avant sous l’uniforme" paru chez Histoire et Collections rend un hommage passionné et fouillé à la vie de cette auto entre 1939 et 1945, voire même au-delà. J’y ai découvert des finitions et des accessoires inconnus qui vont, j’en suis certain, croître en intérêt sur Internet ou dans les bourses d’échange. L’armée, cet autre mode de fonctionnement parallèle au système avec ses codes et ses identifications spécifiques, est évoquée mais ce n’est pas un ouvrage sur la guerre, il s’agit d’une étude sur la Traction subissant la guerre. Les Usines ne sont pas oubliées, avec difficiles à trouver, photos, documents internes, nomenclature. Et que dire des clichés, souvent pris sur le vif, idéaux pour se faire une idée de l’état des voitures dans leur contexte ou lors de reconstitutions fidèles. Enfin de la matière ! Impossible de le survoler, chaque page contient sa pépite à savourer.

 

Rouler dans une Traction de 1940, 1941, 1942 ou 1945, quel témoignage, quelle résistance au temps et aux destructions. Alors lorsqu’un ouvrage, inédit à 100%, sort sur le sujet, il ne faut pas le manquer. Sans lui, la connaissance de la Traction était incomplète. Avec lui, j’ai enfin complété ma collection : voilà pourquoi je vous le conseille. 18/02/13

 

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Je reçois des mails fort sympathiques de collectionneurs de toute l'Europe que je remercie pour leur visite sur ce blog et leur participation. Le dernier en date, de M. Peiffer luxembourgeois, me présente sa 7C de fin 1935 avec une bizarrerie artisanale que je vous livre. Avec cet accessoire placé à cet endroit, Citroën n'aurait pas vendu beaucoup de Traction Avant !

 

 

Au début j'ai cru à une barre de remorquage fixée bien mal d'ailleurs puisque de façon dissymétrique et sur le bout des ailes : au risque de tout arracher à la première tension. Mais il se pourrait bien qu'il s'agisse d'une barre permettant la fixation d'un phare central d'où la rouille au milieu à l'endroit du serrage. Je remercie mon ami Bertrand pour cet apport indéniable à l'histoire de la Traction (ci-dessous) ! 27/01/13 

 

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En ce 21 décembre 2012, veille de fêtes, voici une idée originale de cadeau :

 

Les Jardins D’Ulysse commercialisent une Tour Eiffel de 39cm de haut en fil soudé assez bien réalisée pour qu’il soit possible de reproduire la publicité Citroën de 1925 (en échappant au montage fastidieux d’une maquette). Je me suis procuré le numéro 84 de Citropolis qui traite du sujet dont j’ai photocopié la page 31 à bonne taille. Cela donne :

 

Ayant fait vite, je ne doute pas que votre créativité passionnée améliore l’idée en reconstituant la décoration entière en support translucide de couleur, éclairé par une ampoule intérieure ou quelques leds judicieusement disposées. Voici en cette date anniversaire, un bel hommage au génie publicitaire de notre Constructeur qui décorera agréablement étagère ou table basse du salon.

  

http://www.jardindulysse.com/tour-eiffel.html

 

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Vous souhaitez vendre ou acheter votre voiture ? Je vous donne si besoin quelques conseils en passant.

 

Actes de vente et d’achat sont des actes de confiance.

 

Si vous êtes vendeur : nettoyez votre voiture à fond. Même si la mécanique laisse à désirer, une belle auto avec chromes rutilants, glaces transparentes et sellerie qui sent le frais aura toujours plus de valeur qu’une auto poussiéreuse. Elle rassurera. Un chrome piqué se récupère à la paille de fer. Sur une peinture propre, l’acheteur se dit qu’il sera bon pour quelques retouches mineures alors que sur une peinture sale, les boursouflures de rouille augmenteront l’état délabré de la carrosserie. Un intérieur imbibé de poils de chien ou de terre ne donnera pas une image d’entretien soigné. Par extension, l’acheteur va se demander ce qu’il en est du reste et avoir une impression globale négative. Soigner son auto ce jour-là, c’est marginaliser ses petits défauts : c’est soigner son acheteur.

 

Une vente est réussie lorsque l’acheteur a vu les défauts mais les a minimisés en cédant à son coup de coeur. C’est à lui de faire cette démarche intellectuelle, surtout pas au vendeur. Voilà pourquoi je recommande aux vendeurs de mettre tous les atouts de leur côté. Si elle est réelle, soyez convaincus de la qualité de votre produit. Sinon n’en diminuez pas les défauts. Parfois bien vendre, c’est faire de l’anti-vente - paradoxalement en ces temps de crise – et un vendeur qui est certain de sa voiture n’a rien à craindre d’autre… que son impatience. Selon moi, l'acheteur qui n'a pas les moyens de la qualité n'est pas le bon acheteur, car je n'ai jamais vu de qualité bradée (par exemple une Traction 6 cylindres ou une SM neuves pour 10.000 euros) ou alors c'est que le vendeur ne connait pas la valeur de son bien. Trop cher, la négociation va commencer. Pas assez cher, il peut y avoir un vendeur déçu s'il prend connaissance a posteriori des prix habituellement pratiqués. Je crois que l'abondance d'informations permet aujourd'hui de se faire une idée assez précise des cotes.

 

Si vous êtes acheteur, demandez que la voiture soit froide à votre arrivée et essayez-la. J’ai essayé une SM dont l’annonce stipulait « voiture en bon état » qui paraissait belle d’aspect quoiqu'en état d'origine. Très bon démarrage à froid comme à chaud mais sur route les sphères à l’avant étaient dures, le volant revenait mal en position centrale, les phares ne tournaient plus en virage et à l’arrivée, l’hydraulique fuyait derrière la roue avant gauche. Tout se tenait. J’ai anticipé des travaux immédiats qui grèveraient mon budget et amoindriraient mon plaisir et j’ai décliné. Ne pas se précipiter, bien examiner l’auto et tout essayer, même le lave-glace : il n’y a rien de plus désagréable que de devoir démonter une pompe au fin fond du compartiment moteur… à moins d’aimer "mécaniquer" pendant des semaines avant de profiter de la route (ce qui n’est hélas plus mon cas). Mais si on sait faire, on peut vite évaluer les travaux.

 

Ne jamais laisser s’emballer son cœur, ainsi on évite bien des folies. Quel intérêt de laisser rouiller de l’argent dépensé trop vite dans une arrière-cour, faute de motivation ou de temps pour attaquer la restauration ? Une auto ancienne est faite pour rouler maintenant et découvrir d'autres horizons, pas pour rouler "plus tard" en 2020 ou 2025, lorsqu’il n’y aura plus que de l’électricité à mettre dedans ou que les pièces seront devenues introuvables et hors de prix. Ne croyez-vous pas ? 15/12/12

 

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Toujours à propos de choix : jeune passionné, j’ai parfois collecté des futilités sur ma marque préférée (porte-clefs par exemple). J’ai rapidement compris que je ne pouvais pas tout avoir. J’ai réorienté ma passion vers les belles pièces. Pour certains objets, je me suis félicité de ma clairvoyance. Aujourd’hui, je vois passer de nombreuses refabrications de cartes postales, de pin’s, de plaque émaillée, d’accessoires automobiles, et même de notices d’entretien, la plupart sans autorisation du Constructeur mais parfois avec (cas de sociétés commerciales) dont certaines entretiennent une confusion avec les objets d’époque : porte-clef « prototype 1934 » qui date en fait des années 80. Chacun fait comme il veut. Pour ma part, je ne cède plus à ce genre de commerce. Pour moi, la beauté ne peut aller sans l’authenticité. Comme pour les réparations mécaniques, la médiocrité finit toujours par coûter plus cher que la qualité. Même si je n'en fais pas collection, je préfère attendre de tomber sur une pièce d’époque, par exemple une belle plaque émaillée qui a vécu, plutôt que de me jeter sur la première reproduction venue. Certes le prix de l’origine est souvent inaccessible. J’économise et je patiente. S’il m’arrive de revendre, je n’ai rien perdu de mon investissement. L’expertise fait la différence entre l’obsolescence d’un bel objet et l’usure d’un objet récent : l’authentique se répare ou se restaure, la refabrication qui a vieilli… est bonne pour la poubelle. Viendra un jour où plus aucune pièce ancienne ne sera découverte. Granges, greniers, garages seront vidés de leurs vieilleries. Le marché deviendra, comme en art, un marché de spécialistes qui s’échangeront les belles pièces à prix d’or sans communication au grand public. Ca a déjà commencé avec les cabriolets. 09/12/12

Quelques futilités...

 

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En matière de communication, vous connaissez les différents filtres entre ce qu’on croit émettre, ce qu’on dit effectivement, ce qui est entendu et ce qui est interprété. Commenter un post paru sur un forum qui reprend une conversation téléphonique n’est donc pas la plus fidèle des démarches. Pour autant, je reformule puis commente celle passée entre ce passionné et ce professionnel reconnu du monde Traction. Il est entendu : que nous ne parlons pas ici de qualité de pièce mais de difficulté à la monter en raison de sa non-conformité à l’origine, exemple élargi pour toutes pièces et tous fournisseurs. Ceci permettra nous l’espérons quelques remises en cause salutaires de la profession.

 

Curieux discours de ce professionnel qui déclare vendre ses fabrications aussi à d’autres revendeurs, mais lui les vend à prix moindre ce qui le place en meilleure position (c’est là son argument commercial) et qui invite le passionné à relativiser lorsqu’il achète une pièce détachée in-montable puisque selon lui, elles le sont toutes chez les autres (c’est là son argument technico-historique).

 

Ce type d’argument ne va pas selon moi dans le sens des tractionnistes. Pourquoi ?

 

1)      Vendre moins cher un élément qui nécessite une retouche parce qu’il ne se monte tout simplement pas, c’est vendre un prix réel « à retardement ». S’il fait restaurer, le passionné va devoir débourser une somme inutile en retouches (et courriers) qu’il ne connait pas encore et qui va s’ajouter au prix de vente pour former un coût final. Pourquoi ne pas vendre des pièces déjà conformes mais un peu plus chères, c’est-à-dire proposer un prix réel ?

 

2)      C’est croire qu’en matière de restauration de Traction, le passionné cherche toujours la pièce la moins chère. De notre côté, nous pensons que l’époque des bidouillages bon marché (années 70) où l’on ne disposait que d’un stock épars de pièces DS est révolue. Le profil du passionné a changé. Il souhaite désormais le meilleur pour sa voiture et sa passion, c'est-à-dire des pièces conformes à l’origine qui se montent sans difficulté.

 

3)      C’est croire que toutes les refabrications ne respectent pas les cotes d’origine. Hélas, certains fournisseurs ont opté pour la qualité totale : excellence et parfait respect de l’origine. Ceci favorise tout simplement la confiance et la fidélité. Et vous connaissez l’âme humaine prompte à généraliser : une pièce discutable car non conforme peut porter ombrage au reste du catalogue.

 

Comme nous la supposons fidèle à la réalité, il y a donc dans cette conversation téléphonique matière à déception. Il ne faut pas seulement rembourser l’acheteur qui ira se fournir ailleurs (vision à court terme), il faut lui fournir LA pièce parfaite estampillée ORIGINE (vision à long terme). Nous avons besoin des professionnels cités dans ce post, souvent anciens et grands fournisseurs de pièces de Traction. Nous les retrouvons lors de chaque salon pour une meilleure proximité avec leur clientèle et leur catalogue est souvent vaste. Nous ne demandons plus seulement un prix ou une qualité d’acier. Nous avons besoin d’une conformité de pièces millésime par millésime qui permette un montage immédiat sans susciter retouches et frustrations = un achat réussi.

 

Un marchand doit s’adapter aux désirs de sa clientèle. Nul doute que nous serons entendus. Sinon hélas la loi de la concurrence s’appliquera : l'un prospèrera tandis que l'autre périclitera. 20/11/12

 

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Un professionnel est là pour développer son chiffre d’affaires et pourquoi pas embaucher donc ses produits et sa notoriété sont précieux.

 

Voici donc un roadster très honnêtement présenté comme étant une réplique sur base de berline, restauré dit l’annonce « avec beaucoup de soin et de précision pour coller le plus possible à l’origine ». Alors pour vous plaire, restauré par quelqu’un qui a manifestement beaucoup compulsé les ouvrages et qui le déclare datant de 1937, il comporte un tube d’échappement passant dans le jambonneau (montage d’avant mai 1936), des phares à glaces plates (montés avant l’été 1935), un régulateur sur le tablier (d’après-guerre), une suspension Grégoire des années 50 et bien sûr le package habituel : 12 volts, ventilateur additionnel, ligne d’échappement inox pour un bruit le plus mélodieux, montages bien connus en 1937. Cette auto est proposée à 78800 euros.

 

Je dois vivre sur une autre planète assurément. Devant cette annonce, je pose une seule question : quel est désormais le prix d’un roadster authentique de 1937 ? 90.000 voire 100.000 euros ? En tout cas, ils viennent de connaître une hausse brutale de leur cote. 14/11/12  

 

En ce moment un très beau roadster 15/6 Bonhoure est à vendre, estimé 40-60.000 euros (avec sa carte grise conforme car passée aux Mines). Donc pour le roadster ci-dessus : 30-35000 euros, ça ira ? Au pire, revoir la notion "d'origine" avec le vendeur.

 

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1949 : en pleine étude de la DS et de la partie esthétique de son soubassement, Pierre Boulanger demande à Flaminio Bertoni d’étudier une face avant spéciale pour la Traction, notamment un ensemble aile - calandre qui masquerait toute la partie mécanique, un peu trop visible à son goût.

 

Bertoni s’exécute sur une 11B en faisant se rejoindre ailes et calandre, en rétrécissant cette dernière (limité par l'orifice de manivelle) et en créant une sorte de jupe enveloppante. La fixation des phares s’en trouve modifiée.

 

Vous trouverez ci-dessous la photo de cette voiture que son fil Leonardo m’a aimablement envoyée il y a quelques années et que je remercie.

 

Immatriculé 178 N 75, Flaminio emmènera ce prototype pour un voyage en Italie avec son épouse. D’autres vues existent en présence de Mme Bertoni, également une vue arrière avec plaque F. La voiture est dotée d’un cache roue spécial incorporant un enjoliveur comme ceux montés sur les jantes. 26/10/12

 

Notez les gros enjoliveurs chromés sans doute empruntés à la 15/6. Qu’est-elle devenue ?

 

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J’encourage tous les tractionnistes novices ou aguerris à lire ce post jusqu’au bout, instructif à plusieurs titres. L’internaute « cmt » détaille le démontage d’un moteur réparé par un soi-disant mécanicien « spécialiste en ancienne » :

 

http://www.traction-avant.com/forumsn/viewtopic.php?id=8122&p=1

 

- Il révèle ce qu’il ne faut pas faire en mécanique : réemploi de pièces usagées, négligence, méconnaissance (boulon et rondelles), mépris du client

- Il montre que l’achat d’une voiture ancienne ne se limite pas au coup de foudre, à la beauté de la peinture ou aux accrocs de la sellerie mais qu’il faut poser les bonnes questions et si possible obtenir un dossier de restauration sous peine de voir la facture s’alourdir considérablement si l’on ne sait pas faire soi-même.

- Il encourage chaque propriétaire à monter ce genre de dossier parallèlement à une restauration en profondeur. Ainsi l’intérieur sera aussi visible que l’extérieur. Combattant mon propre perfectionnisme, je me pose souvent : quelle est la vraie différence entre médiocrité et qualité ? Ces photos nettes répondent à ma question et hélas me renforce dans mes convictions.

- Il prouve que les amateurs d’anciennes ne font ni confiance à des autos qui pourtant ont vécu le pire, ni au premier bureau d’études, celui de Citroën. L’ajout d’huile à l’essence « pour graisser le haut moteur » est inutile et néfaste : il conduit à l’encrassement du bloc d’où une perte de puissance... Par contre l’emploi d’une bonne huile s’impose.  

 

Mais il s’agit déjà de la seconde étape : la recherche de qualité. A ce niveau en effet, tous les choix sont possibles dont celui de l’optimisation. Voilà pourquoi je place en première étape, la recherche de l’authenticité, c’est-à-dire le choix ou la réparation de pièces si et seulement si elles sont conformes au millésime de la voiture. D’un amateur, ces deux démarches réunies peuvent faire un redoutable praticien, meilleur qu’un professionnel, qui pourrait se voir confier d’autres moteurs et rétribuer correctement pour cela. Au vu de ce témoignage, comme à quelques autres (cf. cet autre blog), je lui aurai confié mon moteur les yeux fermés. 14/10/12

 

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J’ai comme tout collectionneur débutant acheté des miniatures. Et puis j’ai rapidement pris conscience du caractère quelque peu obsessionnel à vouloir détenir toutes les variantes d’une même série. Que retire t-on d’une telle démarche ? A aligner côte à côte une bleue, une rouge et une verte d’une même voiture, qu’apprend-on sur la marque ? Quel intérêt de dépenser tant d’argent qui finit couvert de poussière dans une vitrine ? Je le disais, on trouve tellement de ces miniatures sur Internet qu’elles sont devenues invendables. L’investissement est à fonds perdus. Je plains les passionnés qui se sont laissé séduire par un abonnement aux blisters hebdomadaires. Je vois souvent des collections complètes revendues au quart du prix. Je comprends mieux par contre les collections dites "raisonnées" centrées sur les belles pièces : jouets Citroën, miniatures en série limitée Devos ou coffrets. Leur époque s’éloignant, les cotes vont flamber. J’ai failli commencer une collection au 1/43ème de mon musée idéal puis j’ai renoncé. Mieux valait acheter une paire d’ailes ou de phares en double pour ma voiture, ça m’était plus utile et je ne perdais pas. Comme les voitures sont en train de progresser au niveau conformité de restauration mais que le désir de personnaliser reste irrépressible, j’anticipe aussi une montée des cotes des accessoires d’époque : équipements Tonneline, Quillery, porte-bagages, etc. 06/10/12

   

Pas très belles faces avant mais pour dénicher les mêmes... bonne chance ! Au fait, sauriez vous les reconnaître ?

 

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Certaines autos sont étonnantes par leurs détails ou leur conception. Ainsi me suis-je amusé à créer un buzz sur un forum à propos d’une familiale à tableau de bord à cadran rond central, une bizarrerie intéressante. J’ai supposé qu’il s’agissait d’une rare familiale Licorne WLS20/24 sur base de monocoque 6 glaces Citroën. Ces voitures étant à propulsion arrière nécessite bien évidemment un tunnel de transmission, invisible dans l’auto qui nous a été présentée. Ce n'est donc pas cela. On me pardonnera ce petit buzz, ce fut le seul, destiné à animer un forum apathique : je n’abuserai pas du procédé. La voiture ci-dessous mériterait un buzz identique :

Un torpédo sportif bien curieux comportant le logo Citroën au sommet de sa calandre

 

A la vue de cette photo, j’ai immédiatement pensé à la Claveau 5CV d’octobre 1930 d’Emile Claveau, à traction avant, moteur 2 cylindres en ligne deux temps et freins hydrauliques dont ne subsiste à ma connaissance aucun exemplaire. L’allure générale, les phares encastrés, la forme de la calandre, étaient vraiment similaires. Mais certains arrondis de caisse et quelques détails contredisent cette hypothèse.

La Claveau 5CV de 1930 (version tôlée)

 

Alors qu’est-ce donc que cette Citroën ? Son propriétaire la décrit comme un tank de course,  une voiturette artisanale à propulsion datant de 1927 résultante d’une collaboration entre Citroën et Voisin (?). Si vous passez par la collection de Bertrand de Passemar au Château de Sanxet à Pomport (24), n’hésitez pas à photographier ce véhicule qui mériterait d’être vu dans nos rassemblements de type ICCCR ! 05/09/12

 

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On me redemande parfois – même si je pense que c’est bien connu désormais – si telle ou telle commande au tableau de bord est d’origine et notamment la tirette de starter.

 

Pour rappel, à partir du thermo-starter monté en série dès le salon d’octobre 1934, il n’y a plus de starter manuel dans les Tractions produites avant la guerre (sauf 15/6) donc plus de tirette au tableau. Si vous trouvez une tirette de starter, c’est probablement que votre carburateur a été changé ou pour un plus récent (d’après-guerre) ou par le montage n°101 de chez Solex : avec le carburateur 30 AHD. Dans le cas d'une restauration, on peut conseiller d’escamoter cette commande sous le tableau de bord. 28/08/12

Solex30AHDred.jpg
 

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Rendez-vous sur ce forum (qui risque de devenir payant) à l'adresse :

http://www.traction-avant.com/forumsn/viewtopic.php?id=8796&p=14

 

Vous y découvrirez l'une des toutes premières commerciales 11C de début 1938 dont le numéro de série est 290.022. La série commençant à 290.000, il s'agit de la 22ème commerciale produite (pour simplifier), une voiture très intéressante puisque sortie d'usine en même temps que les premières 15/6. Nous la daterions de février-mars 1938. Bravo à ce passionné pour son achat... il nous aura fait quelque peu languir. En attendant bien sûr la belle restauration qui s'impose pour lui redonner son cachet originel ! 20/08/12

 

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Un tractionniste m’interpelle en m’indiquant que, selon les "avis très éclairés" qu’il a recueilli, les montres Traction 1934-1935 pour cadran central n’ont jamais comporté de mention et me renvoie à mon ouvrage page 39 et 40. Je veux bien reconnaître mon erreur à la condition qu’on m’en apporte la preuve. Afin de dissiper tout doute, je rappelle que :

 

Les 7 à partir du début jusqu’à mai 1936 et les 11AL dès le 15 avril 1935 jusqu’à mai 1936 comportent des montres Jaeger à fond crème à remontoir avec mention « Huit Jours ». Les 11AL avant le 15 avril 35 et les 11A comportent des montres Jaeger électriques… donc sans mention.

 

Ci-dessous deux photos à ajouter : la première, celle de la planche de bord d’une des dernières 7B (ou premières 7C) de septembre 1934 à cadran crème, la seconde, celle de la planche de bord d’une 11AL de début 1936 encore à boitier.

 

Même floues et lointaines, les mentions Huit Jours sont visibles (cliquer pour agrandir). 15/08/12

   

Sous les aiguilles des horloges, la mention Huit Jours (en tout petit !). A droite l'horloge.

 

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En ce moment est à vendre un cabriolet 7 de 1934 de couleur vert métal et avec "sellerie pyjama de bagnard" comme l'a commenté si justement un internaute. On me sollicite pour authentifier cette voiture. Cela sera difficile sans un examen de visu des structures internes. Je dirais que la restauration approximative me fait penser aux années 80, les pires. Je m'explique. Dans les années 60, un peu d'huile et d'essence et la Traction au bas de la cote Argus redémarrait pour un service parfois pénible, comme bête de somme. Dans les années 70, on commençait à collectionner et s'organiser pour faire rouler, les pièces détachées de remplacement de type DS étaient les plus connues. Les années 80 marquent les débuts d'un intérêt accru pour ces voitures avec notamment les répliques de roadsters, des restaurations qui se veulent comme à l'origine (avec une connaissance partielle qui a conduit à certains désastres de disqueuses ou d'anachronismes de pièces) ou des restaurations selon des "goûts" très personnels. Les années 90 puis 2000 inaugurent avec la montée des cotes et de la demande, une reprise plus minutieuse des restaurations. Aujourd'hui on trouve des voitures dans un état de plus en plus enthousiasmant (il faut dire que la période 1934-1957 s'éloigne inexorablement) avec un désir de connaissance qui fait plaisir. En contrepartie, les optimisations de type embrayage à diaphragme ou boîte 4 se sont développés (tant qu'il y a un marché basé sur le bouche-à-oreille et des crédules) et comme je l'avais anticipé, les cotes flambent. Pour revenir à notre sujet, je dirais que ce roadster 7 vendu à 67.000 euros laisse peu de marge pour une restauraton qui risque d'apporter quelques mauvaises surprises. Il y a deux - trois ans, un rare roadster 7S refait à neuf en carrosserie s'est péniblement vendu 75000 euros. Hé oui, la Traction n'est plus populaire, c'est désormais un patrimoine ancien réservé à quelques privilégiés qui peuvent débourser pour leur plaisir... le prix d'un appartement. Chacun fait comme il l'entend. Pour ma part je trouve ce type d'engouement et d'investissement quelque peu dérisoire. 12/08/12 

 

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Vous avez peut-être suivi cela : il y a eu à vendre sur ebay un tableau présenté comme étant un portrait d'André Citroën en tant que franc maçon. Sur la toile, le visage était bien différent du visage rond et avenant du Patron et la main gauche si je me souviens bien portait une chevalière maçonnique. Je ne sais pas qui a acheté cela (250 euros ?) mais je crois que c'est une mauvaise affaire. Pour réussir leur vente, certains n'hésitent pas à inventer n'importe quelle pièce rare. Celle-ci était si éloignée de la réalité que pour rien au monde je n'aurais voulu accrocher une horreur pareille chez moi. Chacun fait selon son coeur mais parfois il faut un ami qui souffle un peu de raison. De même un buste est régulièrement mis en vente sur un site connu. Cette copie a t-elle reçu l'autorisation du fondeur et du sculpteur (au vendeur d'en faire la preuve) ? Quel serait la validité d'un tel achat ? 06/12

 

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Posséder cette montre datant de 1988 était un rêve d'adolescent. C'est toujours la seule à arborer la forme d'une calandre de Traction. Il m'a fallu attendre 20 ans pour la trouver. Mais je ne peux pas tout garder. Elle fait aujourd'hui partie d'une collection privée. 05/12.

 

 

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Cette video mérite de figurer sur mon site ! C'est une merveille chinoise. 17/01/12

http://www.youtube.com/watch?v=4UbIU-mCVCw

 



24/02/2012
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