Le blog de Jérome COLLIGNON

Le blog de Jérome COLLIGNON

Humeur de blogueur

31 mai 2017

A nouveau j'ai tenté de compléter la liste de comportements exaspérants au volant :

 

- L'incapacité à anticiper un obstacle. Tout le monde reste coincé derrière ce camion qui livre ou ce bus qui marque l'arrêt. Sans distance de sécurité pour déboiter. On attend quoi ? Nul ne le sait.

- L'incapacité à anticiper sa voie : on se met sur la voie de gauche pour tourner à droite (très logique…)

- La lenteur dans les manœuvres pour de nombreuses personnes non âgées : on met un temps fou à se garer ou à virer sans penser qu'on crée un bouchon : ils attendront, hein !

- En général l'adoption d'une lenteur générale : en ville, on roule à 30km/h au lieu de 50. On pense qu'on roule bien et en sécurité parce qu'on roule lentement. Or la circulation est d'abord affaire d'espace, pas de vitesse. Il faut adapter sa vitesse en fonction de l'espace (mais ce ne sera jamais le discours officiel en France).

- Le non-respect du feu orange (déjà rappelé dans cette rubrique) : on s'arrête à l'orange et non au rouge pour qu'au rouge le carrefour soit vide de voitures.

- La curiosité de la pie : dès qu'il y a un accident, une altercation, un képi bleu, c'est l'attroupement de voitures. Passez donc votre chemin !

- Dès qu'il y a la place pour deux voitures, on se faufile alors que le marquage n'indique pas deux voies côte à côte. Et mon rétro ?

- Quant aux motards, il faut qu'ils perdent définitivement ce droit que certains revendiquent (au nom de la liberté) de remonter les files.  

 

Je préconise d'instaurer une heure de conduite avec un moniteur obligatoire tous les 5 ans à prix réduit. Ce qui permettrait une conduite harmonieuse, coulée, dans le confort de tous et dans le respect des usagers les plus fragiles (piétons, cycles).

 

 

06 janvier 2017

Pour cette année 2016 passée, je citerais le nombre agaçant d'automobilistes qui, au mépris du Code de la Route, occupent la chaussée de façon égoïste. Soit :

 

Qu'ils roulent la nuit en feux antibrouillard éblouissants alors que le ciel est clair, sans pluie ni neige.

Qu'ils s'abstiennent d'actionner leurs clignotants dans les ronds-points obligeant autrui à dépendre de leurs trajectoires.

Qu'ils décident qu'ils sont prioritaires en empruntant une bretelle d'accès à une voie rapide, obligeant ceux qui s'y trouvent à se déporter (ou à se faire copieusement klaxonner...).

 

Je vais doter ma plage arrière de voiture d'un bandeau lumineux où défileront ces mots :

"veuillez repasser votre examen de permis de conduire".

 

Désormais les magasins d'ameublement, HIFI, électroménager adoptent tous la mode "musée IKEA" : vous êtes forcés de cheminer devant tous les rayons guidés par un fléchage sans retour s'achevant par les caisses (et celle sans achat est souvent mal indiquée). Déjà en 2001, la Turquie innovait sur ce point. Je me délecte alors de choisir les sens interdits et passerelles. Tout sera fait pour nous changer en enfants assistés.

 

Qu'adviendra t-il des maisons de retraite dans 50 ans ? Seront-elles équipées de wifi intégrée, de wii, de lecteurs blue ray, d'applications Pokémon, de console "PS20", de salle de projection 3D ? Vieillards mais connectés.

 

Je ne doute pas que 2017 nous révèlera d'autres trouvailles… Bonne année !

 

 

27 septembre 2016

Les urgences : elles symbolisent pour moi un monde clos étranger aux bruits de la rue, quelque peu étouffant d'une humanité feutrée. L'attente éduque sur la notion d'éternité. Au fond plus rien n'a d'importance que la chair meurtrie qui espère être réparée ou au mieux, être apaisée. Les minutes coulent comme le fluide rubis qui s'échappe obstinément. Plus l'on se vide, plus l'on s'enferme.

 

Pokemon Go, jeu pour trentenaires attardés surfant sur le thème de la chasse au trésor, annonce l'entrée de la virtualité vide de valeurs (sauf financière) dans le réel. Une poignée d'hommes font ainsi courir et enferment quelques millions d'autres. Œuvre musicale qui n'intéresse le producteur que si elle s'accompagne d'un million de "j'aime" sur les réseaux sociaux car la clientèle est déjà captive.

 

Il faudrait relire "L'homme Révolté" d'Albert Camus, ouvrage de 1951 qui répond aux questions d'aujourd'hui. La révolte dès 1789 était anti-Dieu, anti-royauté, anti-Maître. L'on pouvait tuer pour échapper à un joug, dépasser par le sacrifice de sa vie un statut d'esclave dans l'espoir d'un mieux pour les générations à venir. Le nihilisme actuel a pris d'autres formes : l'on tue en hiérarchisant la valeur de la vie, croyant "plein" contre mécréant "vide". J'ai trouvé dans ce livre un exposé clair et de nombreuses références vers d'autres savoirs.

 

 

14 avril 2016 :

Pour me rendre aux urnes dans ma ville, je traverse un quartier dit défavorisé. Les immeubles sont quelque peu décrépis, on bricole des véhicules à bout de souffle sur les parkings. J’avise alors que les pelouses de ces immeubles sont jonchées de détritus, d’emballages alimentaires, de papier aluminium froissé, etc. Les poubelles débordent d’objets cassés que les éboueurs ne prennent pas et que tout citoyen doit emmener à la déchetterie. Je pense alors : ce quartier est pauvre ET sale, pourquoi ? Je sais évidemment que pauvreté ne rime pas avec saleté et détérioration : la littérature ne manque pas d’exemples de héros pauvres mais soucieux de la propreté de leur logis, de leurs effets ou de leur environnement. Je ne crois pas pour ma part que la pauvreté soit une fatalité mais un état provisoire qui demande un effort plus intense et les exemples ne manquent pas de personnes ayant finalement réussi à s’en sortir. Le quartier d’à-côté est composé de maisons proprettes, de jardinets bien entretenus, les ordures sont ramassées et on ne trouve aucun tag. Alors que conclure ?

 

Malheureusement ce discours ne sera plus audible dans cette société de dramaturges et il sera même perçu comme scandaleux. Car voici ce qu’on pense en 2016 : « ils sont pauvres, c’est une indignité, vous ne voudriez tout de même pas qu’ils soient propres en plus ? ». Ainsi va la France. Ce sont les mentalités qu’il faudrait changer. Je rêve de monter une association de citoyens responsables et engagés qui nettoieraient les détritus, les tags, les mégots, traqueraient les vieux autocollants de propagande jaunis par le soleil que personne n’enlève jamais, gratteraient les façades, videraient la nature des canettes et bouteilles. Mais qui cela intéresse t-il ? Nous préférons payer des impôts.

 

Notre pays n’est pas un dépotoir. Si nous mettions un peu d’énergie pour le rendre plus beau, nous aurions meilleur moral. Nous passerions de spectateurs à acteurs.

 

 

05 janvier 2016

J'ai évité de commenter les actes de barbarie du 13 novembre. Non pas que l'envie m'en ait manqué. Des chants, une Marseillaise frémissante partout dans le monde comme meilleure ambassadrice de notre petit mais inspirant pays aux valeurs universelles, des poings levés "aux armes citoyens", des caricatures, des Unes de journaux, des messages de soutien, des larmes déchirantes, des minutes de silence, des cérémonies. C'est bien mais ce n'est sans doute pas terminé. L'humeur du moment fut comment dire… pas étonné ?

 

Je ne parlerai pas de gabegie, ni de cet orgueil qui guide le monde : l'orgueil commercial de l'industriel qui profite de l'apathie de l'Etat, de l'intérêt électoral d'un élu ou de la naïveté d'un consommateur, pour refourguer une marchandise faillible car rarement testée, et qui se félicite pour ses bons résultats. De l'autre, l'élu auquel on fournit un projet ficelé, un texte de loi qu'il applique sans s'assurer de son efficacité ou de son suivi.

 

Je ne parlerai pas de toutes ces personnes qui posent des questions ou s'étonnent, reçoivent des réponses ou des éclaircissements et qui, dans un sentiment d'infériorité mal placé, dénoncent une intolérance ou une arrogance. Si le monde ne pense pas comme soi, il faudra s'y faire. De ces sujets fâcheux, je ne parlerai pas en ce début d'année.

 

J'ai envie de parler de la route : celle qui m'attend, seul ou accompagné. L'impatience de la reprendre comme on étreint une personne aimée. Celle qui guérit, lave la tête. Celle que l'on revoit ou celle que l'on découvre. Je suis passé par là, il y a 15 ans. Tiens, je ne connaissais pas cette ruelle, ce musée, ce château, ce petit pont, ce paysage pittoresque. Te souviens-tu ? Voilà qui ferait une photo magnifique. Regarde cette ancienne publicité murale peinte. Arrêtons-nous pour pique-niquer. Ca a beaucoup changé par ici. Et là, pas du tout…

 

Je vous souhaite bonne route pour 2016.

 

 

05 septembre 2015

Je l'avoue, je suis réfractaire aux nouvelles technologies. Elles sont autant de fils à la patte. Qu'ai-je à faire d'un téléphone multifonctions ? J'ai choisi mon téléphone en fonction de sa taille, de son poids et de son prix (28 euros). Je me félicite tous les jours de ne pas avoir une mini-télé de plusieurs centaines d'euros prête à quitter ma poche à la moindre occasion. Mon téléphone est le plus souvent éteint. Qui disait que silence et espace seront les luxes de demain ? Cela ne me dérange pas de tourner une clé dans une serrure. Même avec une télécommande, je vérifie le verrouillage des portières.

 

Si je m'accorde le régulateur de vitesse sur autoroute, idéal pour des économies, une bonne moyenne et échapper aux radars, je rejette toutes les assistances qui, à une réflexion, substituent un programme, notamment le GPS. Les cartes Michelin sont précises. Les dix minutes dépensées pour chercher ma route valent bien celles perdues par les indications erronées de ce système. Je reconnais l'utilité du couinement qui m'annonce que ma ceinture n'est pas bouclée.

 

Je n'achèterai donc pas la montre qui compte mes pas, mes pulsations cardiaques, me géo-localise ou règle mes achats. Mon agenda est dans ma mémoire. Et surtout après avoir perdu deux fois des données restées coincées dans des répertoires vérolés (clé USB ou disque externe), je crois encore au support papier.

 

 

12 juin 2015

Je ne veux pas exprimer de rejet brusque. Mais il faut bien avouer, à la vue de toutes ces émissions politiques ou de talk-show, que sont mises en scène, livrées au pays entier, les turpitudes d'un microcosme parisien. Politiques, journalistes, vedettes se connaissent par relations de parenté, d'amitiés, de sexe, de services rendus privés ou professionnels bien au-delà des apparences et clivages. Au fond nous sommes les spectateurs contraints de leurs histoires, règlements de compte, rabibochages, collaborations et schizophrénies (pour les engagés politiques) érigés en exemples de vies bien éloignés de nos préoccupations quotidiennes.

 

Je plaide pour moins d'affect et plus de réflexion.

 

Lorsque votre navigateur internet vous dit : "nous sécurisons encore plus votre profil", traduisez par "nous allons nous assurer que nous sommes les seuls à récupérer un maximum de vos données personnelles et à vous envoyer un maximum de publicités".

 

Les réseaux sociaux sont envahis de témoignages ou histoires scénarisés, parfois sortis de leur contexte, destinés à prendre en otage nos émotions. L'indignation ou la colère revendicatrice sont-elles les seules sources d'énergie ? Le monde ne peut pas sans cesse s'adapter à nous. C'est à nous de nous adapter à lui. Lorsque nous ne pourrons plus le faire, l'intelligence artificielle aura pris le pas sur toutes nos actions. Elle nous laissera juste un écran tactile, un index pour appuyer dessus et une gamme de sentiments stéréotypés pour nous connecter à la communauté, acheter ou réagir… c'est-à-dire la nouvelle définition de l'existence moderne.

 

 

30 mai 2015

Articles de MSN : des articles truffés de fautes d'orthographes, incomplets, non terminés. Véritablement, la honte du journalisme…

 

Les détecteurs de fumée qui ressemblent à des diffuseurs de produit wc : il va falloir changer la pile tous les ans (la marque au lapin doit se féliciter de ce juteux marché). Que penseront les voisins lorsqu'il couinera pour rien ? Monde sécuritaire. Sommes-nous encore des hommes ?

 

Désert d’Egypte :

1999. Vous croyez que vous allez vous sentir seul ? C’est le contraire qui arrive. L’immensité vous aspire, vous dilue, vous êtes sable au milieu du sable. Plus de pensée autre que celle d’avancer. Les montagnes reculent au fur et à mesure que vous tentez de les approcher. Quelques mouches pour vous tenir compagnie. Milieu tranquille qui vous couvre d’une poussière croquante où un verre de thé vert qui vous désaltère et un simple morceau de bois qui chauffe votre repas et votre corps sont plus précieux que l’or.

 

Ville de Turquie :

2001. Quelles sont ces clameurs à 5h30 du matin ? Un incendie, un voisin fâché, un accident de voiture ? Mais non… ô occidental ! C’est le muezzin qui entame sa mélopée aux quatre coins de son minaret. Je me rendors bercé par cette clameur mélodieuse et exotique, admiratif pour ce peuple de lève-tôt. Plus tard une lune ronde éclaire la plage d’Antalya. Deux hommes s’approchent et me lancent un "Salam Aleykoum". Que me veulent-ils ? Embêter un inconnu ? Je bredouille un « bonsoir » puis m’apercevant de son inutilité, je fais un effort et me rappelle que je dois inverser ma réponse : "Aleykoum Salam !". Un sourire éclaire leurs visages et ils continuent leur promenade. J’ai réussi mon examen de passage.

 

"La plupart des gens ne veulent pas vraiment connaitre la vérité. Ils veulent juste être rassurés que ce en quoi ils croient, est la Vérité".

 

 

28 avril 2015

Nous déléguons de plus en plus nos capacités et décisions à des automates électriques.

 

10 à 20% des conducteurs allument leurs antibrouillards la nuit ce qui est éblouissant, dangereux et passible d'une amende. Les voitures actuelles voient leurs feux antibrouillard latéraux s'allumer dans les virages… en hommage à la DS et ses phares directionnels ingénieux ? Demain nous aurons un clignotant automatique : plus besoin de conduire. En effet, "le chauffeur est, de loin, la partie la plus dangereuse de l'automobile " (Léo Campion). Citroën tente de se copier mais la DS5 est bien loin de la DS21 Pallas à laquelle on l'apparente. Marketing, toujours. La marque chinoise DS est d'un classicisme navrant qui n'apporte que sa robe "technologique".

 

Un ami me disait que Peugeot a délibérément opté pour le médiocre. Plus besoin de hausser le niveau à chaque nouveau véhicule, de craindre de ne pas être au top ou d'être trop en avance. Le turn-over des achats est amélioré car un client qui se lasse rachète plus vite.

 

Overdose de conflits politico-religieux.

Détachement (à défaut de colère) pour les destructeurs de patrimoine.

Admiration pour une médecine chinoise millénaire qui, avec deux aiguilles, vous fait cracher vos entrailles et rétablit vos équilibres.

 

 

11 janvier 2015

Comme observateur lucide de ce monde, je ne suis pas Charlie. Non par manque de compassion ou affiliation à tel ou tel. Toute mort brutale est condamnable. Je refuse la barbarie et je suis pour la liberté de parole. Mais parce que la liberté n’est possible qu’encadrée. La France vient de s'apercevoir qu’elle a changé. D’anciens sketchs sur la sexualité, le handicap ou les races étaient devenus inaudibles. Restaient la politique ou la religion : ce dernier thème vient de subir une attaque. Pour moi, une caricature réductrice entretient le fossé et ne fait rire que celui qui a le recul nécessaire pour la comprendre ou celui qui n’est pas visé. La méthode est donc mauvaise, sujette à l’escalade et je ne m’y engouffre pas. Je préfère la pédagogie d’un texte argumenté. On peut rire de tout mais pas avec tout le monde, disait Desproges. L’intelligence commande de s’arrêter aux limites de la bêtise. Je ne battrai pas le pavé. Ceux qui iront, le feront d’ailleurs contre les valeurs d'un journal qui « conchiait » tous les symboles. Je ne peux m’associer à cette marche qui prend une tournure politique accueillant des dirigeants qui, dans leur pays, musèlent la presse. D'autres morts auraient mérité une marche.

 

L’être humain - manichéen - n’aime pas la dissidence à la douleur et à l’émotion et accuse volontiers de perversité toute tentative de réflexion au-delà des faits. Il défile pour exorciser sa peur, renouer du lien social distendu, se pardonner son inaction et se donner bonne conscience, comme un réveil brutal après un long sommeil confortable. C’est pour moi le constat d’un échec. Alors : ne rien faire ? Non.

 

A chacun de faire son travail. Aux politiques d’abandonner le politiquement correct. A la presse de ressortir 1905 et de débattre point par point et sans complaisance avec les idéologues. Aux musulmans de faire le ménage chez eux, de marteler qu’une vie humaine est plus importante que Dieu et la barbarie, d’excommunier les fanatiques et de se caricaturer. A la police de démanteler les réseaux dangereux et de fournitures d’armes importées des pays de l’Est. A nous tous d’éviter de nous séparer entre les « pour Charlie » et ces « cons d’anti-manif » car ces formules sont tout aussi réductrices qu’un dessin et cachent bien des amalgames et des incohérences. A nous d’éviter les sentiments belliqueux, de nous respecter, de rester mesurés et surtout vigilants.

 

Telle sera ma modeste participation.

Recevez mes voeux pour une année meilleure !



26/09/2014
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